Mieux comprendre la supraconductivité à « haute température »

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Transporter de l'énergie sans aucune perte, voyager dans des trains à lévitation magnétique, faire de l'imagerie médicale (IRM) avec de tout petits appareils : des rêves qui se concrétiseront lorsque l'on disposera de matériaux supraconducteurs (1) à température ambiante. Des chercheurs du CNRS ont fait un pas en avant sur la route qui mène à cet objectif ultime.

Ils ont mis en évidence la nature métallique d'une classe de matériaux supraconducteurs dits à haute température critique. Ce résultat, publié dans la revue Nature du 31 mai 2007, était attendu depuis 20 ans. Il ouvre la voie à la compréhension du phénomène et permet d'envisager sa description théorique globale.

Expérience de lévitation magnétique
Voir légende détaillée en fin d’article

La supraconductivité est un état de la matière caractérisé par une résistance électrique nulle et une imperméabilité au champ magnétique. Déjà utilisée dans l'imagerie médicale par exemple (appareils d'IRM), elle pourrait avoir des applications spectaculaires dans l'acheminement et le stockage d'énergie électrique sans perte, le développement de moyens de transports basés sur la lévitation magnétique, les communications sans fils ou encore l'ordinateur quantique. Mais pour l'instant, ces applications sont limitées par le fait que la supraconductivité ne se manifeste qu'à très basse température. Il a d'ailleurs fallu attendre la mise au point de la liquéfaction de l'hélium liquide (4,2 Kelvin, soit -269 °C) pour que la supraconductivité soit découverte en 1911 (découverte récompensée par le prix Nobel deux ans plus tard).

Depuis la fin des années 1980 (prix Nobel en 1987), les chercheurs ont réussi a obtenir des matériaux supraconducteurs à « haute température » : l'azote liquide (77 K, soit -196 °C) suffit à rendre certains de ces composés (à base d'oxyde de cuivre) supraconducteurs. Le record de température critique (la température de transition de phase au-dessous de laquelle la supraconductivité se manifeste) est aujourd'hui de 138 K (soit – 135 °C). Cette nouvelle classe de supraconducteurs, plus faciles et mois coûteux à utiliser, a relancé la course aux températures critiques, dont le but ultime est l'obtention de matériaux supraconducteurs à température ambiante. Mais les chercheurs ont jusqu'ici été limités par des questions fondamentales : quelle est l'origine de cette supraconductivité à l'échelle microscopique ? Comment les électrons se comportent-ils dans ces matériaux ?

Des chercheurs du Laboratoire national des champs magnétiques pulsés, en collaboration avec les chercheurs de Sherbrooke, ont observé des « oscillations quantiques », grâce à leur expertise dans les champs magnétiques intenses. Ils ont soumis leurs échantillons à un champ magnétique allant jusqu'à 62 Teslas (un million de fois le champ magnétique terrestre), à très basse température (entre 1,5 K et 4,2 K). Le champ magnétique détruit l'état supraconducteur. L'échantillon, alors dans l'état normal, présente une oscillation de la résistance électrique en fonction du champ magnétique. Cette oscillation est caractéristique des métaux : cela signifie que, dans les échantillons étudiés, les électrons ont le même comportement que dans les métaux usuels.

Les chercheurs vont s'appuyer sur ce résultat, attendu depuis 20 ans, pour comprendre la supraconductivité à haute température critique, qui résistait jusqu'ici à la modélisation. Cette découverte fait le ménage dans la foison de théories qui avaient vu le jour pour expliquer le phénomène et apporte une base concrète pour établir une nouvelle théorie. Elle permettra de concevoir des matériaux plus performants, dont la température critique se rapproche de la température ambiante.

Note : (1) matériaux qui n'offrent aucune résistance au courant électrique.

Légende de l’illustration :
Expérience de lévitation magnétique. La voiture contient deux disques de YBa2Cu3O7 un matériau supraconducteur à haute température critique refroidi à l'azote liquide. La route constituée d'aimants crée un champ magnétique qui ne peut pas pénétrer la voiture. Tout se passe comme si le champ magnétique était un très fort courant d'air qui soulèverait la voiture. En l'absence de frottement, il suffit alors de donner une impulsion de départ à la voiture pour qu'elle avance (indéfiniment) sur la route.

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bwergl

au niveau energetique ca me semble assez fabuleux...
on dirait que c'est un systeme un peu en vase clos...

si on voulait extraire de l'energie de ce mouvement, on ne pourrait pas il me semble, ou alors la voiture s'arreterait?

de la meme maniere, si on donne une forte impulsion de depart il faudrait recycler toute l'energie recuperée pour reproduire une impulsion et relancer le mouvement suivant apres l'arret du vehicule. et pourtant ce mouvement peut etre quasi eternel ce qui signifie qu'il ya quand meme une energie fantastique sous jacente malgré tout...

peut etre qu'un jour on saura extraire des energies de ces mouvements?

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Stardust

wwwwhouaouuuu ! super génial ! :D

VI
Victor

On a aussi beaucoup parlé des moteur linaires magnétiques dans le passé mais il yavait des problèmes de calculs des champs d'inductions qui devaient se faire selon des cycles... Est-ce que ça peut changer les données, ces supra conducteurs "chauds"

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sonic

amie stardust, je suis mort de rire...
si tu permets, je t'emprunte cette image
:lol: :lol:

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Maulus

sonic
amie stardust, je suis mort de rire...
si tu permets, je t'emprunte cette image
:lol: :lol:

tu connaissait pas la stop-motion ? c'est courant sur les vblog maintenant :)

sinon rapport à la photo de la tuture, y doit faire froid dedans :D
je savais pas que la supraconductivité n'était pas encore expliquée quantiquement.

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sonic

Maulus


sonic
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si tu permets, je t'emprunte cette image
:lol: :lol:


tu connaissait pas la stop-motion ? c'est courant sur les vblog maintenant :)

je connais toujours pas la stop-motion, ni les vblog...c'est du chinois (ou de l'anglais) pour moi...

j'ai quand même une question : malgré le non-contact entre la voiture et le sol, il y a quand même la résistance de l'air non ? et le champ magnétique n'est pas aussi source de freinage ?

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Ze Venerable

Yu!

oui Sonic (c'est phoenix n'est-ce pas ?) reste les frottements de l'air. Le champ magnétique ne freinera pas la voiture à condition de faire en sorte que celui-ci ne pousse que verticalement et pas du tout horizontalement (dans ce cas sans impulsions extérieures la voiture reste immobile).

moi aussi j'ai des questions. La supraconductivité c'est vraiment considéré comme un état de la matière? A la transition il y a bien un "saut" de la résistance? Et je comprend pas cette phrase dans la légende :

un champ magnétique qui ne peut pas pénétrer la voiture

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Obiwan

Ben moi c'est bien simple je ne comprends rien. Ce n'est pas possible d'expliquer les informations de façon "sensorielle" et simple... ? A force de manier des concepts et des termes complexes comme énergie ou résistence nulle, ça ne devient plus compréhensible que par quelques matheux ou théoriciens avec une culture bien particulière...

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Maulus

sonic


Maulus


sonic
amie stardust, je suis mort de rire...
si tu permets, je t'emprunte cette image
:lol: :lol:


tu connaissait pas la stop-motion ? c'est courant sur les vblog maintenant :)


je connais toujours pas la stop-motion, ni les vblog...c'est du chinois (ou de l'anglais) pour moi...


j'ai quand même une question : malgré le non-contact entre la voiture et le sol, il y a quand même la résistance de l'air non ? et le champ magnétique n'est pas aussi source de freinage ?

./HS/.
tiens regarde sonic, c'est exellent :D
http://video.google.fr/videoplay?docid= ... top+motion

sinon vblog, c'est video blog, les site de video genre google video, youtube, dailymotion etc...
./HS÷

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sonic

oki, je connais le stop motion :lol:
je savais pas que ça s'appelait comme ça, merci

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fffred

Ze Venerable
moi aussi j'ai des questions. La supraconductivité c'est vraiment considéré comme un état de la matière?

Si tu veux parler des états gazeux/liquide/solide, alors non. En effet ces trois états ne sont pas du tout généraux. C'est ce que l'on apprend au lycée pour rester simple, mais en réalité, c'est beaucoup plus complexe. On ne peut définir un état de la matière lorsqu'il existe un "domaine de variation des paramètres" limité. Par exemple, lorsque la pression et la température varient, mais restent à l'intérieur du domaine "solide", on dit que le matériau est dans l'état solide (cf. ce diagramme ). La question pour le liquide et le gazeux est plus difficile car le domaine gazeux et liquide est unique, on parle de "fluide". Cela montre bien que la distinction habituelle gaz/liquide/solide est ambiguë. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'en franchissant certaines limites aux frontières, ou dans les domaines, il peut y avoir changement d'état. Et c'est de la que vient la confusion : changement d'état n'est pas réservé à gaz/liquide/solide, il en existe beaucoup d'autres, dans des domaines complètement différents.
Pour les supraconducteurs c'est analogue : il y a une température (appelée "critique") qui délimite deux états de certains matériaux. En dessous ils sont "supraconducteurs", au dessus ils sont "normaux". Cette température critique dépend du matériau.

Ze Venerable
A la transition il y a bien un "saut" de la résistance?

Non quoiqu'elle chute brutalement, mais si tu traces la courbe de la résistance en fonction de la température, tu remarques que cette courbe est "cassée" (c'est-à-dire pas lisse) au niveau de la température critique : voir cette courbe.

Ze Venerable
Et je comprend pas cette phrase dans la légende :


un champ magnétique qui ne peut pas pénétrer la voiture

Un supraconducteur a forcément un champ magnétique nul à l'intérieur. Donc les lignes de champ magnétique sortant de l'aimant qui les crée doivent être "repoussées" lorsqu'un supraconducteur s'approche, afin que le champ reste nul à l'intérieur. Repousser les lignes de champ nécessiste de l'énergie, et c'est pour cela que la voiture ne s'appuie pas sur les aimants : il faudrait fournir beaucoup d'énergie (d'avantage que ne le fait la gravité).

Jusqu'ici, cela paraît exactement la même chose que si l'on mettait deux aimants avec les mêmes pôles face à face afin qu'ils se repoussent mutuellement. Mais le problème avec des aimants est que cette configuration ne peut pas être stable, alors que c'est le cas avec des supraconduteurs.

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bongo1981

Pour l'explication de la supraconductivité, il existe bien une théorie quantique : théorie BCS, où les électrons s'appraient en paires de Cooper. Du coup cette paire se comporte comme un boson superfluide.

Par contre cette théorie n'explique pas la supraconductivité à haute température, elle n'est donc pas complète.