Mutations: quand les bénéfices plafonnent

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Les mutations bénéfiques au sein d'une population bactérienne s'accumulent au cours de l'évolution mais sa performance tend vers un plateau. Les modèles théoriques de l'évolution doivent donc prendre en compte un « frein » dans le bénéfice attendu sur la survie et la reproduction des organismes : ce phénomène (appelé épistasie négative) vient, pour la première fois, d'être démontré expérimentalement. Fruit d'une collaboration franco-américaine, incluant une équipe du laboratoire adaptation et pathogénie des micro-organismes (CNRS / Université Joseph Fourier), ces résultats sont publiés dans Science le 3 juin 2011.

Bactérie Escherichia coli (E. coli)
Photo by Eric Erbe, digital colorization by Christopher Pooley, both of USDA, ARS, EMU

Cette étude a été rendue possible grâce à une expérience unique au monde, conduite depuis plus de vingt ans dans un laboratoire de l'Université d'État du Michigan. Des bactéries Escherichia coli y sont cultivées nuit et jour, 365 jours par an, et les chercheurs effectuent des prélèvements à intervalles réguliers dans les populations, afin d'analyser leur évolution. Au cours de cette longue expérience, il a été démontré que certaines bactéries – les mieux adaptées à l'environnement – prenaient le dessus sur le reste de la population au fil des générations. En d'autres termes, la sélection naturelle est à l'œuvre. La conservation des souches bactériennes par congélation permet aux chercheurs de garder la mémoire de cette évolution. Mieux, ils peuvent « revivifier » à volonté la souche ancestrale et toutes les souches isolées au cours de l'évolution, pour la comparer aux bactéries présentes au bout, par exemple, de 50 000 générations (ce qui, à l'échelle humaine, correspond à près de deux millions d'années). Ils peuvent ainsi quantifier l'adaptation des bactéries à leur environnement au cours du temps, en évaluant le taux de reproduction (ou « fitness ») des souches récentes par rapport à celle des souches plus anciennes.

Le responsable de cette étude, Richard Lenski, a initié des collaborations avec plusieurs laboratoires internationaux, parmi lesquels l'équipe de Dominique Schneider du laboratoire adaptation et pathogénie des micro-organismes (CNRS / Université Joseph Fourier). L'utilisation des techniques modernes de génomique – l'analyse des génomes entiers et non plus de quelques gènes – permet de caractériser de manière exhaustive les mutations survenues au cours de l'évolution des bactéries, et en particulier celles qui ont un effet bénéfique, responsables de l'augmentation de la valeur sélective de la population. Ici, les chercheurs se sont intéressés aux interactions entre plusieurs de ces mutations. Après avoir identifié les cinq premières mutations bénéfiques combinées successivement et spontanément dans la population bactérienne, les scientifiques ont généré, à partir de la souche ancestrale de bactéries, 32 souches mutantes présentant toutes les combinaisons possibles de chacune de ces cinq mutations. Ils ont alors constaté que le bénéfice lié à la présence simultanée des cinq mutations était inférieur à la somme des bénéfices individuels conférés par chacune d'entre-elles. L'épistasie tend ainsi à réduire le bénéfice conféré par de nouvelles mutations bénéfiques, à mesure qu'elles apparaissent chez des individus de plus en plus adaptés. Un phénomène qui explique le ralentissement du taux d'adaptation, constaté au fur et à mesure que les organismes vivants continuent à s'adapter.

Ainsi, les mutations bénéfiques s'accumulent au cours de l'évolution, mais la performance de la population bactérienne, elle, tend vers un plateau. Les modèles théoriques d'évolution, dont l'objectif est d'en prévoir les résultats, doivent donc inclure un « frein », lié à ce phénomène d'épistasie négative, dans le bénéfice attendu sur la survie et la capacité de reproduction des organismes. Ces travaux démontrent en outre l'existence de réseaux de gènes connectés entre eux, et laissent entrevoir la possibilité de les cartographier, pour mieux comprendre et anticiper leurs interactions.

VI
Victor

Y-a-t-il une pure coïncidence entre le choix de cette bactérie là en particulier et l'épidémie actuelle en Allemagne ?

AD
Adrien

Aucun lien: il s'agit d'une bactérie très commune, que l'on peut donc retrouver fréquemment dans des études scientifiques tout comme dans l'environnement humain. Le souci avec ce qui se passe en Allemagne, c'est que la bactérie semble être plus virulente, et que la contamination est systématique.

En (très) gros c'est comme si on comparait l'épidémie de la grippe A avec une étude sur le virus de la grippe, sans rapport l'un avec l'autre si ce n'est qu'à la base, c'est le même type de virus.

TO
toM974

Bonjour
En regardant complétement par hasard un documentaire don le titre es :
Quel avenir pour notre assiette ?
http://www.notre-ecole.net/quel-avenir- ... -assiette/
à la 26 éme minutes du reportage j’ai était complètement interloqué de constater une concordance avec l’actualité.
Peut être que cela n’a rien à voir mai je me pose la question ??
J’ai était surpris de voir que la société Mosanto après 12 ans de recherche à trouver une bactérie du sol qui est naturellement immunisé contre sont désherbant Roundup.
Pour cela les ingénieurs on introduit dans divers plantes par génie génétique l’ADN de cette bactérie.
ils ont donc découpé une séquence d’ADN résistante au roundup qu’il on introduis dans divers végétaux.
Pour que la résistance soit possible ils on eus besoin de la bactérie Escherichia coli dans lequel sont fait des trous de son ADN .
Le mélange des végétaux de l’ADN résistant avec l’Escherichia coli modifié permet de recombiner l’ADN des plantes devenant donc résistant au Roundup.
Bien que je n’ai pas de connaissance dans ce domaine tout cela es surprenant .
n’ya t’il pas une cause à effet entre les travaux réalisé sur ces bactéries et les conséquences mortel de cette bactérie ?
es ce le fruit du hasard ?
N’assistons pas à une résistance ou une mutation ou autre chose de l’ Escherichia coli ?
Quoi qu'il en soit le reportage est sidérant concernant la possession et la main mise du vivant de mosento.

L’activité agro alimentaire concerne le monde entier En brevetant le vivant, Les plus gros monopoles planétaires jamais connu sont entrain de ce créé sous nos yeux protégé par des lois juridique international.