Obtention d'hydrogène à partir d'éthanol et de lumière

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Des chercheurs de l'Université Polytechnique de Catalogne (UPC) ont réussi à produire de l'hydrogène à partir d'éthanol et de lumière solaire. Les résultats de l'étude qui a été menée conjointement avec les universités d'Aberdeen, Auckland et Edimbourg, ont été publiés dans la revue Nature Chemistry au mois de mai.

De l'énergie renouvelable pour produire de l'hydrogène

L'hydrogène (utilisé sous forme de dihydrogène H2) permet de générer de l'électricité via une pile à combustible. Mais le dihydrogène n'existe pas en l'état dans la nature et il est nécessaire de le produire, ce qui suppose un coût énergétique. L'obtention de ce gaz à partir d'énergies renouvelables est donc une piste prometteuse pour améliorer la compétitivité de l'électricité produite par pile à combustible et également pallier au problème du stockage de l'énergie. Une des voies envisagées est l'utilisation de l'énergie solaire : il faut alors mettre en oeuvre un photocatalyseur, constitué d'un semi-conducteur et d'une couche de métal noble sous forme de nanoparticules. Actuellement, un des semi-conducteurs les plus utilisés est le dioxyde de titane.

De l'éthanol à la place de l'eau

Jusqu'ici, la synthèse de dihydrogène à partir de l'énergie solaire se basait sur l'utilisation d'eau comme matière première. Cependant, les rendements obtenus sont très bas et les matériaux utilisés pour le photocatalyseur sont très coûteux. Un des intérêts de l'étude qui a été menée réside dans le fait d'utiliser un photocatalyseur qui fonctionne non pas avec de l'eau mais de l'éthanol, une ressource renouvelable que l'on peut obtenir à partir de résidus forestiers et agricoles : 100 grammes de cellulose permettent d'obtenir 50 grammes d'éthanol.

Un photocatalyseur bon marché

Le nouveau photocatalyseur adapté à l'éthanol utilise un semi-conducteur de dioxyde de titane, sous sa forme minérale anatase qui présente un taux de conversion deux fois supérieur à la forme minérale rutile. Ce substrat est ensuite recouvert de nanoparticules d'or, bien meilleur marché que les métaux nobles utilisé pour l'eau (platine, ruthénium, rhodium). Les scientifiques sont également arrivés à la conclusion que la taille des particules d'or (comprise entre deux et 12 nanomètres), n'influait pas sur la production d'hydrogène, ce qui permet donc une réduction des coûts.

Le dernier avantage de cette poudre catalytique concerne ses conditions d'utilisation : contrairement aux autres procédés généralement mis en oeuvre et pour lesquels il faut chauffer le catalyseur (parfois jusqu'à 500°C), on opère ici à température et pression ambiantes, ce qui réduit le coût énergétique du procédé.

Procédé et rendement

Le photocatalyseur solide sous forme de poudre est plongé dans un bain d'éthanol sur lequel on applique de la lumière solaire. Sous l'effet de ce rayonnement le semi-conducteur en dioxyde de titane produit des électrons qui sont captés par les nanoparticules d'or. La réaction postérieure de ces particules avec l'alcool produit alors du dihydrogène. Comme le signale M. Llorca "la structure du semi-conducteur et le contact avec les nanoparticules sont primordiaux dans la conception du photocatalyseur".

La quantité d'hydrogène produite dépend de la quantité de photocatalyseur utilisée et de la surface exposée à la lumière. En conditions de laboratoire les chercheurs ont obtenu jusqu'à cinq litres de dihydrogène par kilogramme de catalyseur et par minute. A titre d'exemple, avec neuf kilogrammes de catalyseur il serait possible de générer environ trois kilowatts d'électricité en utilisant le dihydrogène ainsi produit via une pile à combustible, ce qui représente environ la puissance nécessaire pour alimenter un foyer. C'est d'ailleurs le prochain objectif des auteurs de l'étude : concevoir des réacteurs optimisés pour un usage domestique et à plus grande échelle, afin de promouvoir l'hydrogène en tant qu'alternative aux combustibles fossiles et surtout comme vecteur d'énergie stockable.

JA
Jayxee

J'ai peu être loupé qq chose mais un truc m'intrigue : quel est le gain par rapport au fait d'utiliser directement l'éthanol, parce que bon, l'éthanol dans les PAC pour produire de l'électricité on sait faire, et bruler l'éthanol pour faire tourner un moteur aussi... alors quel est l’intérêt à passer par l'hydrogène qui pose plus de problème de stockage et de transport : le procédé permet il un gain significatif d'énergie au niveau de l'hydrogène produit ?

XA
XavierT

Jayxee
J'ai peu être loupé qq chose mais un truc m'intrigue : quel est le gain par rapport au fait d'utiliser directement l'éthanol, parce que bon, l'éthanol dans les PAC pour produire de l'électricité on sait faire, et bruler l'éthanol pour faire tourner un moteur aussi... alors quel est l’intérêt à passer par l'hydrogène qui pose plus de problème de stockage et de transport : le procédé permet il un gain significatif d'énergie au niveau de l'hydrogène produit ?

Alors en ce qui concerne l'utilisation directe de l'éthanol dans la PAC, je ne saurais répondre (je n'étais même pas au courant...).
Par contre, en ce qui concerne l'utilisation de l'éthanol comme combustible, une partie de la réponse concernera les émanation gazeuses : brûler de l'éthanol émet du CO2...

D'ailleurs, c'est aussi une question que je me posais : quels sont les produits de ce mode d'obtention d'H2 ? A priori le catalyseur est inaltéré, sinon il ne serait pas appelé comme ça.
Deux molécules d'éthanol abandonnent chacune un H, et deviennent quoi ? Mes restes de chimie orga sont très très loins...

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Buen

H2O il me semble...

JA
Jayxee

Dans leur procédé de transformation de l'éthanol en hydrogène, il est fort probable que le Carbone de l'éthanol finisse en CO2... après, comme il y a aucune info précise sur la réaction qu'ils réalisent, difficile de savoir s'ils émettent sensiblement moins de CO2 qu'en l'utilisant directement. :jap:

MM
mmottet

Il n'y a pas de production de CO2. L'alcool est oxidé et se retrouve sous forme d'acétaldéhyde.

JA
Jayxee

En gros on se retrouve avec un sous produit encore plus merdique que le CO2... super :grat2: