Première mesure de la conductance d’un nanofil long

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Pour la première fois, des chercheurs du CNRS, de l'Université Libre de Berlin (1) et de l'Université Humboldt (Berlin) ont mesuré la capacité d'un seul et très long fil moléculaire à transporter du courant électrique. Jusqu'à présent, seules existaient des mesures statistiques sur un ensemble de fils de quelques nanomètres de long. Aujourd'hui, grâce à une expérience astucieuse sous un microscope à effet tunnel, les chercheurs ont caractérisé une à une des chaînes de polymère de longueur connue, allant jusqu'à 20 nanomètres. Ils confirment ce que prévoit la théorie : la capacité à conduire le courant électrique décroît de façon exponentielle avec la longueur du fil. Ces résultats sont publiés dans la revue Science du 27 février 2009.

L'expérience de mesure de la conductance se déroule sous un microscope à effet tunnel.
Une extrémité du fil moléculaire (en rouge) est chimiquement liée à la pointe du microscope
(en bleu ciel) tandis que son autre extrémité reste posée sur la surface (en bleu foncé)
En rétractant progressivement la pointe, la partie du fil restée sur la surface glisse
sur cette dernière en se détachant progressivement monomère par monomère.

Demain, les circuits électroniques seront faits de molécules individuelles, connectées entre elles par des « fils électriques moléculaires » (eux-mêmes faits d'une seule longue molécule). Mais d'abord, les chercheurs doivent comprendre comment le courant électrique circule à travers ce type de fil. A l'échelle macroscopique, la capacité à transporter le courant électrique, appelée la conductance, varie linéairement en fonction de la longueur et de la section du fil. A l'échelle d'une molécule, cette règle n'est plus valable. Dès lors, il fallait mesurer le courant électrique qui passe à travers un seul fil moléculaire connecté à deux électrodes et déterminer comment il varie en fonction de la longueur du fil. Jusqu'à présent, toutes les études expérimentales portaient sur des fils très courts (de quelques nanomètres) ou étaient basées uniquement sur des mesures statistiques (2).

A l'Université libre de Berlin, en collaboration avec le Centre d'élaboration de matériaux et d'études structurales (CEMES) du CNRS à Toulouse et l'Université de Humboldt (Berlin), les chercheurs ont mis au point une expérience astucieuse qui permet de mesurer la conductance d'une seule molécule de longueur parfaitement définie. Pour cela, ils ont déposé de petites molécules sur une surface d'or, qu'ils ont lié chimiquement entre elles par une réaction de polymérisation de surface (3), entraînant ainsi la formation de longues chaînes moléculaires. Ensuite, ils ont choisi une de ces chaines en réalisant des images de la surface avec un microscope à effet tunnel (4) puis lié chimiquement une extrémité de cette chaîne à la pointe métallique du microscope, formant ainsi l'une des deux électrodes, tandis que l'autre extrémité du polymère restait posée sur la surface d'or, formant la deuxième électrode. En éloignant la pointe de la surface, les chercheurs ont décollé progressivement la chaîne, formant ainsi un fil électrique moléculaire d'autant plus long que la pointe s'éloigne de la surface. Le microscope à effet tunnel permet à la fois de mesurer la longueur du fil électrique moléculaire choisi (offrant une résolution à l'échelle atomique, l'image permet par exemple d'y compter le nombre de monomères2) et de mesurer le courant qui le traverse. Pour la première fois, le transfert de charge à travers une seule et même chaîne de polymère a été mesuré pour différentes longueurs entre les 2 contacts électriques (jusqu'à 20 nanomètre).

Les résultats sont conformes aux prévisions théoriques : le courant décroît de façon exponentielle avec la longueur du fil électrique moléculaire. Au-delà du succès de cette expérience novatrice, la balle est désormais dans le camp des chimistes, pour imaginer des molécules plus conductrices afin de mettre au point des fils moléculaires qui pourraient transporter du courant sur des longueurs plus grandes encore.

Un grand nombres de fils moléculaires observés sur la surface d'or après l'étape de chauffage
(image en microscopie à effet tunnel).

Un seul de ses fils moléculaires bien séparé des autres
(image en microscopie à effet tunnel).

Notes :

(1) Freie Universität Berlin (FU)

(2) Dans la technique dite des jonctions cassées, on place une goutte de solution contenant des molécules sur un fil métallique coupé en son milieu. On attend ensuite que les molécules se positionnent sous l'effet de l'agitation thermique ou d'un champ électrique, pour former la jonction. On ne sait donc pas exactement combien de molécules se trouvent dans la jonction.

(3) Un polymère est une longue chaîne moléculaire formée de la répétition d'un même motif, le monomère. Ici, la polymérisation est déclenchée par un simple chauffage de la surface de l'échantillon.

(4) Un microscope à effet tunnel permet d'obtenir une résolution à l'échelle atomique d'une surface. Entre la pointe métallique du microscope et l'échantillon (qui doit être lui aussi conducteur), circule un courant appelé courant tunnel et dont l'intensité décroît de façon exponentielle avec la distance qui sépare les deux électrodes. Les variations de l'intensité du courant permettent de reconstituer une image de la surface de l'échantillon.

RO
robyy

Formidable, ils ont réussi à reproduir une invention française vielle de 8 ans
effectuée par le chercheur Hubert CHARLES.
(voir sous “insulconducteur” dans google)

RO
robyy

Non c'est "insulconductor"

BA
Bap2703

C'est pas du tout la même échelle, et du coup tout simplement pas la même chose.

RO
robyy

Pour l'insulcondoctor, ils parlent de mésoscopique et nanoscopique ok, mais pas du procédé effectivement.
Par contre je vois également, qu'il est question de "molécule" , donc peut-être la même échelle ?
A+

avatar
buck

Robyy hormis le site insulconductor.com (mis en ligne ce week end ...) tu as d'autres sources ?
Parce que j'ai qq doutes la...

Sinon ca n'a pas grand chose a voir, le carbone n'etant pas a la base conducteur, c'est juste la structure qui permet de liberer des electrons libre et qui permet la conduction electrique. Les liaisons chimiques permettent de faire tenir le nano fil, pas de liaison de type electrostatique entre grain d'aluminium

Ensuite cote longueur qq µm c'est facilement utilisable pas qq nm

Cote article: interressant ca, enfin plutot genant pour les futurs circuits, car si la resistance croit exponentiellemnt avec la distance on risque d'avoir pas mal de soucis.
Actuellement la longueur totale d'interconexions ie de fils sur une puce c'est 2-3km, oui km ... avec pour longueur max d'un brin qui est de l'ordre de grandeur du millimetre...
Avec ca on bloque le passage de courant par endroit ...

J'aimerais bien voir des entrelacements de fils afin de voir a partir de quand on passe d'un regime expo a un regime lineaire

NE
nekonoir

Est ce que kk1 peut me donner son avis sur cette question que je me pose :

Comme le courant tunnel entre la pointe d'un STM et la surface décroit exponentiellement avec la distance, et étant donné qu'ils ont fait leur expérience en décollant au fur et à mesure le nanotube de la surface, est ce que ce n'est pas le principe même du STM qu'ils ont mesurés et que le nanotube n'a rien à voir là dedans (ou alors une petite influence mais pas celle qu'ils ont affirmés) ??

Merci de me donner votre avis...

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buck

Bonne question,
A priori je pense qu'il ont soustrait la mesure a vide de l'AFM de la mesure finale
tout du moins c'est comme ca que je procederais

RO
robyy

Dans les deux cas, on rend conducteurs des isolants à la température ambiante, toutefois, les caractéristiques des isolants en question sont fondamentalement différentes.

Je ne sais pas comment il faut considérer l’aspect moléculaire d’une certaine variété d’Insulconductors, il faut espérer que le site nous en apprendra daventage dans le futur.

Concernant les mesures AFM du CNRS de BERLIN, je partage tout à fait vos avis, il faudra évidemment déduire la mesure à vide de la mesure finale en tenant compte de toutes les influences extérieures qui peuvent intervenir à de telles échelles.

En ce qui concerne l’Insulconductor, ils présentent d’autres caractéristiques sur le site, mais à part cette énorme conduction aux joints de grains, lesdits autres caractéristiques me laissent perplexe.
Quelqu’un a-t-il des explications à ce sujet ou peut-il en dire plus ?
Si tout cela est vrais, je vois de multiples applicatons pour les insulconductors, sans pour auant devoir aller dans des miniaturisations extrêmes.

Cordialement.
Robyy

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buck

J'ai un peu de mal avec l'affirmation : des grains de metaux sont isolants...
Je suis assez sceptique la dessus.

Quels sont les caracteristiques qui te chagrinent ? (je n'ai pas tout lu)

PS pour la moderation: on laisse cette discussion ici ou on splitte?

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Maulus

dommage qu'ils aient rien trouvé de nouveau...
on aurait pu espérer des propriétés nouvelles pour ces "molécule-fils" :D

RO
robyy

Je pensais trouver des spécialistes dans ce groupe !
Que pense le modérateur ?

Robyy

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Khainyan

c'quoi la question?

IS
Isabelle

@robyy pour l'instant nous continuons sur ce fil

Comme Buck je souhaiterais que l'on cite d'autres sources

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buck

robyy tu peux poser tes questions pas de soucis, j'essaierais d'y repondre (si d'autres veulent aussi j'y vois pas d'inconvenients )

RO
robyy

Bonjour,

En fait, je pensais simplement à une discussion sur les nouveaux effets annoncés pour l’insulconductor.
Il est vrai que cela concerne les spécialistes de la pysique fondamentale.
La plupart de ces effets me paraissent à priori contradictoires avec la pysique quantique ...
Cordialement,
Robyy

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buck

quels effets ?
pour la physique fondamentale je ne suis pas tres sur.

PS isabelle: wait and see

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buck

Tu participe a ce fil la: http://groups.google.com/group/fr.sci.p ... ae9f?pli=1

Eux sont parti sur la voie supra, mais bon les interrogations sont les memes que les miennes ici