Simulation d'un réseau de 16 millions de neurones par IBM

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Des chercheurs d'IBM ont rendu publics deux rapports portant sur des simulations à grande échelle de réseaux de neurones. L'objectif était de reproduire un système proche du cerveau d'une souris, tant par la taille que par le nombre de connexions et leur activité.

Vue du BlueGene dans sa version définitive: le BlueGene/L System

Le nombre estimé de neurones pour les deux hémisphères du cortex du rongeur est de 16 millions (100 milliards pour un cerveau humain), avec 8.000 synapses par neurone. Les délais des influx nerveux ont été fixés entre 1ms et 20 ms. Une telle modélisation impose des contraintes énormes en matière de puissance de calcul et de mémoire. Les équipes des laboratoires IBM Almaden Research Lab et de l'University du Nevada ont utilisé un supercalculateur BlueGene/L pour mener à bien la simulation. Il s'agit d'une machine à 4.096 processeurs avec 1 To de mémoire centrale capable d'atteindre 9,4 TFLOPS qui occupait le 64e rang au classement mondial avec cette configuration fin 2006.

Dans un premier temps, un modèle simplifié a été testé : 8 millions de neurones avec 6.300 synapses par cellule. La simulation a été calculée pour 10 secondes, à une vitesse dix fois inférieure au temps réel d'activation des neurones. Ainsi, avec une résolution de 1ms et une fréquence de 1Hz, l'expérience a permis de simuler 1 seconde de fonctionnement de la moitié du cerveau d'une souris. Une deuxième expérience a été menée ensuite, en simulant le fonctionnement de 16 millions de neurones avec 8.000 synapses par neurones. Les chercheurs ont mis en oeuvre une configuration à 8.192 processeurs de leur BlueGene/L avec 4To de mémoire vive. La simulation de 5 s de fonctionnement a été effectuée en 168 s en temps réel. Un dernier test de montée en charge a permis de réaliser la même expérience avec 16.000 synapses par neurone pour un temps d'exécution restant dans le même ordre de grandeur.

Ces travaux ne tendent pas pour le moment à reproduire le fonctionnement d'un cerveau, mais plutôt à mettre en évidence la faisabilité de simuler un nombre important de connexions et d'étudier l'échange d'informations à si grande échelle. Les chercheurs ont en particulier pu affiner leur modèle pour éviter les phénomènes d'atténuation ou d'avalanche dans le déclenchement des influx nerveux. Les recherches en intelligence artificielle pourraient bientôt tirer profit de cette prouesse technologique.

MI
miroir

Bonjour. C'est une belle performance, mais qui néglige le fait que le cerveau est aussi une usine chimique très compliquée. Il sécrète plusieurs centaines de neuromédiateurs qui controlent l'activité des neurones eux-même et les métabolismes périphériques...
On ne peut pas réduire l'activité cérébrale à la transmission d'influx nerveux. Même le cerveau d'une souris est inimitable! Bonjour à tous.

avatar
buck

Salut
Comme dans toute chose fabriquee, ici la simulation, il faut bien demarrer par quelque chose.
Ici ils utilisent le facteur influent numero un qui est le reseau. Deja en informatique les retombees de ca peuvent etre assez consequentes avec la mise au point de systemes expert plus surs..
Il est signale que leur but n'est pas de reproduire un cerveau de souris, mais de simuler un reseau de la taille de celui d'une souris.

Dans les etapes suivantes, ils apporteront certainement des facteurs influents, pour peut etre se rapprocher du modele reel
++

MI
miroir

Bonjour. Un réseau, oui, mais il est bien précisé un réseau de "neurones". Je veux juste souligner que chaque neurone est une usine chimique et sensible aux signaux biochimiques de son environnement. A+

avatar
StarDreamer

Je pense que si on peut simuler le potentiel d'un influx nerveux sur 16 millions de neurones avec chacun plus de 10000 synapses, ajouter les échanges de neuromédiateurs ne devrait pas poser de difficultés particulières.

Ensuite, comme tout modèle, la difficulté sera surtout de fixer les paramètres (seuil d'activation neuronal, ratio de neuromédiateurs/vs activation, ...) et là c'est une autre paire de manche !

En tout cas, c'est un merveilleux outil de simulation/recherche de modèle neuronal complexe. Là, il y a pas mal de boulot et de trucs à trouver.

avatar
buck

Mirroir: totu a fait d'accord avec toi sur le plan biologique.
Au niveau du reseau de neurone (informatique) les synapses et tous les echanges biologiques qui influent sur le comportement du neurones sont inclus dans la fonction de transfert du neurone info. Cette fonction de transfert, plus elle sera complexifiee et prendra en charges des elements de similitude avec le reel, meilleures elles seront.

Il sera bon de continuer a fusionner les talents des biologistes et des informatition pour avoir une amelioration du tout. Pour l'instant c'est un premiere brique, mais en posant d'autres ils en feront un mur, ou une boite craniene ;-)