Un télescope naturel révèle un tout petit berceau d'étoiles dans l'Univers primitif

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Une équipe d'astronomes dirigée par Jean-Paul Kneib [1] et Kirsten Kraiberg Knudsen [2], a identifié une galaxie poussiéreuse, véritable nurserie d'étoiles alors que l'Univers avait seulement 1,5 milliards d'années. Parmi les galaxies primordiales produisant massivement de nouvelles étoiles c'est la galaxie la plus lointaine et la plus petite connue à ce jour.

Cette galaxie a été découverte grâce au phénomène de lentille gravitationnelle, aussi appelé télescope cosmique. D'après la théorie de la relativité générale, un amas de galaxies, du fait de sa forte masse, déforme l'Espace-Temps. Ainsi, la lumière d'une galaxie lointaine, alignée avec cet amas de galaxies, est amplifiée comme si on la regardait à travers un télescope. Avec l'aide de ce télescope cosmique, les astronomes ont pu mettre en évidence, pour la première fois, l'existence d'une petite galaxie primordiale très poussiéreuse, alors que l'Univers n'avait que 1,5 milliards d'années, se situant derrière l'amas de galaxies Abell 2218.

Cette image prise avec le télescope spatial Hubble montre l'amas de galaxies Abell 2218 qui agit comme une loupe
sur les galaxies lointaines comme le révèle la présence d’arcs gravitationnels sur cette image.
L'image encadrée en haut à gauche est un zoom sur la galaxie SMMJ163556+661300. Elle a été découverte en observant
la lumière de sa poussière à une longueur d'onde de 0,8 mm en utilisant le télescope James Clerk Maxwell (JCMT)
et l'interféromètre submillimétrique (SMA) situés tous les deux à Hawaii.
Malgré la lumière brillante de cette galaxie dans les longueurs d’onde submillimétriques,
elle est très peu lumineuse dans le domaine visible et sa distance et sa forme ont été mesurées
avec les grands télescopes Keck et Subaru ainsi que le télescope spatial Hubble.

«Nous en savons très peu sur ce type de galaxies, surtout lorsque l'on remonte aussi loin dans l'âge de l'Univers», explique Kirsten Knudsen. «Il est donc très intéressant de découvrir l'existence de ces petites galaxies poussiéreuses à ces époques primordiales. »

La quête de ce type de galaxies est semblable à une expédition archéologique où les astronomes remontent le temps. Depuis le sol, du fait de sa distance et de son importante quantité de poussière, cette galaxie n'est visible que dans les longueurs d'ondes submillimétriques [3]. C'est avec le télescope James Clerk Maxwell et le Submillimeter Array, tous deux situés au sommet du Mauna Kea à Hawaii, qu'a été détectée cette galaxie Bien que d'autres galaxies submillimétriques aient été trouvées dans l'univers primordial, c'est la plus petite du genre à cette époque. Elle est environ 10 fois plus petite que notre propre Voie lactée, et malgré cette petite taille, elle forme cent fois plus d'étoiles que notre Galaxie.

« Cette découverte est assez exceptionnelle et nous avons été vraiment surpris » explique Jean-Paul Kneib. « En effet, l'identification de cette galaxie risque fort de remettre en question les conclusions issues des précédentes observations qui suggèrent que la grande majorité des étoiles naissent au sein des galaxies les plus massives. »

Un grand nombre de galaxies semblables ne pourra probablement être trouvé et étudié en détail qu'avec le télescope ALMA (Atacama Large Millimeter Array) [4] lorsqu'il sera pleinement en activité. Ces futures observations nous diront s'il s'agit d'une catégorie de galaxies rares ou non.

Notes:

[1] Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (INSU-CNRS / Université de Provence, Observatoire Astronomique Marseille Provence)

[2] institut d'Astronomie de Bonn

[3] Les jeunes étoiles massives présentes en grande quantité dans ces galaxies primordiales chauffent leur poussière interstellaire qui rayonne à leur tour dans l'infrarouge. Du fait de la grande distance, et donc de l'effet doppler, le rayonnement qui nous parvient se situe dans le domaine des longueurs d'onde radio submillimétrique.

[4] ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) est un équipement international pour l'astronomie. Il est le fruit d'un partenariat entre l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie de l'Est en coopération avec la République du Chili. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA avec une très forte implication de l'Institut de Radioastronomie Millimétrique (IRAM : INSU-CNRS, MPG, IGN). ALMA est un télescope révolutionnaire composé d'un réseau de 66 antennes géantes de 12 mètres et de 7 mètres de diamètre observant dans les longueurs d'onde millimétriques et submillimétriques. Les observations avec ALMA débuteront en 2011 avec les premières antennes en service.

VI
Victor

Est ce que le présent est bien utilisable ? Vous parlez de galaxies fossiles... Et vous en parler comme un objet présent... en disant qu'elle donne des myriades d'étoiles... En étant 20 fois plus petite que notre galaxie... D'après la théorie du Big-Bang j'avais appris à ne pas comparer les distances de l'univers jeune avec les nôtres contemporaines parce que ce n'est pas le même monde

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Aldebaran

Oui effectivement, cette galaxie n'existe peut-être plus aujourd'hui, ou alors elle pourrait-être bien plus grosse (après avoir fusionnée avec une autre par exemple).

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buck

Aldebaran
Oui effectivement, cette galaxie n'existe peut-être plus aujourd'hui, ou alors elle pourrait-être bien plus grosse (après avoir fusionnée avec une autre par exemple).

Oui mais elle est telle que nous la voyons nous en 2010 ;)

LO
Loindici

Il me semble que c'est une convention utilisée depuis longtemps par les astronomes (de parler de présent quand un objet astronomique se trouve très loin). Ça, c'est leur sauce entre eux mais c'est facilement compréhensible. Pourquoi se tuer à rappeler sans cesse que ce qu'on voit est ce qui a été il y a plusieurs centaines de milliers d'années, sachant d'une part qu'ils le rappellent le plus souvent une fois en début d'article (et que ce serait lourd de le rappeler à chaque fois, voire d'utiliser un autre temps qui pourrait faire passer le temps de l'article pour un temps de récit narratif à la "il était une fois"), d'autre part parce qu'une conception d'un temps unique, terrestre n'a pas le même sens qu'un temps astronomique : Einstein nous a appris que le temps était relatif dans l'univers, ce serait donc vain de vouloir se représenter un objet cosmique lointain tel qu'il pourrait exister à un temps présent, parce qu'il ne pourrait y avoir de base commune temporelle entre des espaces aussi éloignés. Il n'y a pas de présent universelle, il n'y a qu'un présent (ou un passé) à un lieu précis (dès lors qu'on voyage on transforme le temps si j'ai tout compris...). Vouloir être dans le vrai en parlant au passé serait donc déjà une erreur, parce qu'on ne parlerait pas du même passé. Après, ils pourraient suggérer de temps en temps justement que comparer temporellement deux espaces aussi éloignés n'a aucun sens. Ce qui est sûr, c'est que d'employer le présent parait moins trompeur que parler au passé (on prétendrait reconstruire une réalité temporelle qu'il est juste impossible de se représenter). Parler au présent, c'est juste décrire ce qui se passe sous les yeux des astronomes tels qu'ils les reçoivent, à l'instant où ils les reçoivent. A la limite, s'il y a un travail d'archéologue à faire, ce serait aux astrophysiciens de le faire. Savoir à quel moment précis se passent tel ou tel évènement lointain pour un astronome, reste une question sans intérêt : ce qui leur importe, c'est ce qu'il voit et ce qu'ils en apprennent. Que ça se passe hier, aujourd'hui ou demain, à la limite ça leur regarde pas, ce qui importe c'est le sujet d'observation.

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cisou9

:_salut: Je pense que lorsque l'on a l'ouverture d'esprit enfant adulte ou sénior on le comprend très bien. :bieres:

AD
adagio

moi je pense que ca ne sert a rien de parler au present d'un post qui viens du passé

je dec..ne :)