Un virus capable de s’intégrer aux chromosomes et de se transmettre à la descendance

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Dans un article du mois de mars 2010 de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, une équipe de l’Université de Floride du Sud rapporte pour la première fois le passage et l’intégration stable d’un virus, le virus de l’herpès humain de type 6 (Human herpesvirus 6 ou HHV-6) dans la lignée germinale des individus infectés. Ainsi, certains bébés (environ 1% des américains) naissent avec le matériel génétique de ce virus dans chaque cellule de leur organisme.

Le virus de l’herpès humain de type 6 - HHV-6
Illustration: Bernard Kramarsky - visualsonline.cancer.gov

HHV-6 est un virus qu’on retrouve chez plus de 85% des individus dès leur enfance et qui persiste de manière latente (avec des réactivations périodiques) dans l’organisme tout au long de la vie et qui n’est jamais totalement éliminé par le système immunitaire. Ce virus est principalement responsable de la roséole infantile bénigne chez les enfants mais peut aussi participer au syndrome de fatigue chronique, de certaines maladies auto-immunes ou cancers et peut jouer un rôle dans les pneumopathies chez les patients immunodéprimés ou encore dans les hépatites aigües. Les scientifiques ont montré que HHV-6 avait la capacité d’intégrer son ADN dans les chromosomes des individus infectés et plus particulièrement dans la partie terminale appelée télomères. C’est la principale caractéristique de HHV-6, le différenciant des autres virus de la famille herpès qui persiste de manière latente dans les cellules mais sous une forme circulaire sans jamais s’intégrer aux chromosomes. Enfin les auteurs de l’étude ont montré que ce virus intégré pouvait être réactivé pour former à nouveau des particules infectieuses.

Bien que HHV-6 soit unique parmi les autres virus de la famille herpès dans sa manière de persister dans les cellules, un autre virus herpès, le virus de la maladie de Marek chez le poulet, est capable d’utiliser la même stratégie. Bien que ces deux virus soient très éloignés génétiquement l’un de l’autre, la séquence d’ADN indispensable à l’intégration du virus de la maladie de Marek dans les chromosomes du poulet est remarquablement similaire à celle responsable de l’intégration du HHV-6 chez l’homme.

RE
Reumain.

Ce n'est pas vraiment une surprise. Selon un article précédent sur Techno-Science, la partie qu'occupent les virus dans notre génome n'est pas négligeable. Sauf peut-être qu'ici, ça concerne un virus bien plus connu.

P.
p.rubbo

Et si justement c'est une surprise!
En fait dans l'article que vous citez, il s'agit de la découverte d'un génome de virus non rétroviral intégré à l'ADN humain. Seuls certains virus (les rétrovirus donc) ont une étape d'intégration à l'ADN de la cellule qu'ils infectent indispensable pour leur réplication. La grande majorité des virus n'ont donc pas besoin de (et ne peuvent pas!) s'intégrer à l'ADN pour se répliquer dans les cellules infectées. L'article dont vous parlez met en évidence la présence de génome d'un virus à ARN dans l'ADN humain qui a pu s'intégrer et a pu évoluer de manière concomitante avec son hôte infecté. Ceci est surprenant car ces virus n'apportent pas avec eux (contrairement aux rétrovirus comme le VIH) l'enzyme appelée la reverse transcriptase capable de transformer l'ARN du virus en ADN capable alors de s'intégrer dans les chromosomes de la cellule. De plus, ce virus à ARN n'est pas capable de se réactiver à partir de son matériel génétique intégré aux cellules humaines, c'est à dire qu'il n'est pas capable de produire de nouvelles particules infectieuses.
Ici le virus HHV-6 est un virus à ADN (et pas un rétrovirus!) et c'est sans doute pour cela qu'il arrive à s'intégrer quand même aux cellules et à se réactiver facilement pour former de nouveaux virus infectieux (au contraire des virus à ARN). Ce virus est unique dans sa manière de s'intégrer aux chromosomes et de se transmettre de génération en génération car ce virus n'est pas un rétrovirus et en plus il agit différemment des autres virus de la famille herpès...! et c'est cette singularité qui est intéressante ici.

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keyplus

le croisement d'adn entre espèces est tout à fait possible alors
ca va etre certainement un grand axe de recherche en génétique dans les années a venir