Une exoplanète observée dans sa course autour de son étoile

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Pour la première fois, des astronomes ont été capables de suivre directement une exoplanète alors qu’elle se déplaçait d’un côté à l’autre de son étoile. Cette planète a de loin l’orbite la plus petite de toutes les exoplanètes observées de manière directe, se trouvant aussi proche de son étoile que Saturne l’est du Soleil. Les scientifiques pensent qu’elle pourrait s’être formée de la même manière que les planètes géantes du système solaire. Etant donné que l’étoile est très jeune, cette découverte prouve que les planètes géantes gazeuses peuvent se former dans des disques en seulement quelques millions d’années, une période relativement courte à l’échelle du temps cosmique.

L’exoplanète Bêta Pictoris b

Seulement âgée de 12 millions d'années environ, soit moins de 3% de l'âge du Soleil, Bêta Pictoris est 1,75 fois plus massive que notre étoile. Située à près de 60 années-lumière dans la constellation du Peintre, elle est l'un des exemples les plus connus d'étoile entourée d’un disque de débris de poussière. De précédentes observations ont montré un gauchissement du disque, un disque secondaire incliné et des comètes tombant sur l'étoile. « Ces informations étaient indirectes, mais constituaient des signes très révélateurs, suggérant la très probable présence d’une planète massive et nos nouvelles observations le prouvent maintenant de manière définitive », indique la responsable de l’équipe, Anne-Marie Lagrange, directrice de recherche au CNRS et membre du Laboratoire d’Astrophysique de Grenoble (LAOG : CNRS, Université Joseph Fourier, OSUG-INSU). « Puisque l'étoile est très jeune, nos résultats montrent que les planètes géantes gazeuses peuvent se former dans les disques en seulement quelques millions d'années. »

De récentes observations ont indiqué que les disques autour de jeunes étoiles se dispersent en quelques millions d'années et que la formation de planètes géantes doit se produire plus rapidement que ce que l’on pensait. Bêta Pictoris est maintenant la preuve très claire que c’est effectivement possible.

L'équipe a utilisé l'instrument NAOS-CONICA (ou NACO), installé sur l’un des télescopes de 8,2 mètres du Very Large Telescope (VLT) de l’ESO, pour étudier l’environnement proche de Bêta Pictoris en 2003, 2008 et 2009. En 2003, une source faible a été détectée à l’intérieur du disque (eso0842), mais il n’était pas possible d’exclure de façon définitive la possibilité que cette source soit une étoile d’arrière-plan. Sur de nouvelles images obtenues en 2008 et au printemps 2009, la source avait disparu ! Les observations les plus récentes, prises à l’automne 2009, révèlent que l’objet se situe de l’autre côté du disque après une période de disparition derrière ou devant l’étoile (dans ce dernier cas, elle est invisible du fait de la lumière éblouissante de l’étoile). Ceci a permis de confirmer que la source était bien une exoplanète se déplaçant autour de son étoile, donnant ainsi des éléments pour déterminer la taille de son orbite.

Des images ont pu être prises pour une dizaine d’exoplanètes et la planète en orbite autour de Bêta Pictoris (nommée « Bêta Pictoris b ») a, de loin, la plus petite orbite. Elle est située à une distance de son étoile comprise entre 8 et 15 fois la distance Terre-Soleil, soit entre 8 et 15 unités astronomiques, ce qui correspond à peu près à la distance qui sépare Saturne du Soleil. « La courte période de la planète nous permettra d’enregistrer son orbite complète d’ici probablement 15 à 20 ans et les futures études de Bêta Pictoris b fourniront des éléments très importants sur la physico-chimie de l’atmosphère d’une jeune exoplanète géante, » déclare Mickael Bonnefoy, doctorant au LAOG.

La masse de l’exoplanète est équivalente à 9 fois celle de Jupiter. Elle a la bonne masse et se situe au bon endroit pour expliquer le gauchissement des parties intérieures du disque. Cette découverte présente certaines similitudes avec la prévision de l’existence de Neptune réalisée par Adams et Le Verrier au 19e siècle, à partir d’observations de l’orbite d’Uranus.

« Avec les exoplanètes trouvées autour des jeunes étoiles massives Fomalhaut et HR8799, l’existence de Bêta Pictoris b suggère que les « super-jupiter » pourraient être des sous-produits fréquents de la formation planétaire autour d’étoiles massives, » explique un autre scientifique de l’équipe, Gaël Chauvin, chargé de recherche au CNRS et membre du LAOG.

De telles planètes perturbent les disques autour de leurs étoiles, créant des structures qui seront aisément observables avec ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), le télescope en cours de construction par l’ESO et ses partenaires internationaux.

Des images de quelques candidats planétaires ont été obtenues, mais ces planètes sont toutes situées plus loin de leur étoile hôte que ne l’est Bêta Pictoris b. Si nous étions dans le Système solaire, ces planètes se trouveraient à proximité ou au-delà de l’orbite de la planète la plus lointaine, Neptune. Les processus de formation de ces planètes distantes sont susceptibles d’être très différents de ceux qui ont eu lieu dans notre Système solaire et dans Bêta Pictoris.

« Les images récentes des exoplanètes – dont beaucoup ont été faites avec le VLT – illustrent la diversité des systèmes planétaires », déclare Anne-Marie Lagrange. « Parmi celles-ci, Bêta Pictoris b est le cas le plus prometteur d’une planète qui pourrait avoir été formée comme les planètes géantes du Système solaire. »

BR
breton67400

Pour avoir entendu parler de ce Bonnefoy, j'émets des réserves : ça sent le canular à plein nez. :_salut:

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JNem19

@Breton 67400
L'équipe qui a cosigné le papier scientifique mentionné par "Eurekalert" https://www.eurekalert.org/pub_releases/2010-06/e-eco060710.phpcomporte onze membres dont Anne-marie Lagrange co-découvreur du premier disque de matériau identifié autour d'une étoile (Bêta Pictoris justement) dans les années 80.
Il faudra bien plus qu'une opinion vague d'un internaute anonyme pour jeter à bas ce travail. S'il est inexact, la communauté des pairs s'en chargera, mais vu le caractère international de l'équipe et la sophistication des outils de recherche utilisés, c'est peu probable.
Sur quelle base repose votre accusation envers Bonnefoy ?

BR
breton67400

JNem19
Sur quelle base repose votre accusation envers Bonnefoy ?

C'est mon collègue de bureau !

LE
lecaldochedu38
BL
blindman

***

BR
breton67400

Ouhla Caldoche et Blindman, vous allez un peu loin ! Déjà que je m'en voulais un peu de ma boutade !

Félicitations à l'équipe pour ce beau résultat et leur papier dans Science ! En particulier à Mickaël Bonnefoy dont l'intelligence et la perspicacité me subjuguent. Voilà un modèle de liberté scientifique et d'indépendance d'esprit s'il en faut, quel courage et quelle bravoure n'a-t-il pas fallu pour affirmer un tel résultat et remettre ainsi en question de fond en comble les modèles de formation planétaire ! Car oui, c'est bien de cela qu'il s'agit, bien que l'annonce de l'ESO n'en fasse pas état. Mais le doute ne sera plus permis quand le nom de Mickaël Bonnefoy cotoiera celui d'Albert Einstein et Edwin Hubble dans la revue de référence créée par Thomas Edison. Mickaël Bonnefoy restera à jamais l'homme qui a permis d'expliquer la création du monde dans sa globalité !

Et soit dit-en passant, c'est une très belle image Mickaël ! Mais j'aimerais bien récupérer mon DVD d'installation de Photoshop si ça ne te fait rien.

MI
MickaelBonnefoy

@Le breton (alcoolique) : Je pense que sur l'image d'en haut, les gens de la com de l'ESO ont effectivement utilisé Photoshop.

MI
MickaelBonnefoy

il y a une coquille dans l'article : "L'équipe a utilisé l'instrument NACO-CONICA (ou NACO)" --> "L'équipe a utilisé l'instrument NAOS-CONICA (ou NACO)"

AD
Adrien

Et bien, il y a de l'ambiance dans le centre de recherche

(corrigé pour la coquille)

MI
MickaelBonnefoy

Ah ces jeunes thésards n'ont plus aucun respect ! :)

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JNem19

Je connaissais "philippe feuillebois" qui a fait une thèse sur les méthodes pour passer de l'anonymat complet à la notoriété publique à une célérité marginalement inférieure à celle de la lumière (Bigard en parle dans un spectacle) mais pas Mickael Bonnefoy.Cette (bonne)fois c'est fait. Quel talent ! Dire que les grands médias sont passés à côté d'un tel phénomène. J'ai bien fait de bazarder la télé.Sinon pour les chevilles qui enflent l'harpagophytum fait mieux que l'aspirine et je ne vends aucun des deux...

SH
shadow4master

bon les gars, on explique vos bisbilles aux béotiens ?

BR
breton67400

Boah ya rien à expliquer !
Mais ya une belle brochette de spécialistes là si vous avez des questions !

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JNem19

On devrait pouvoir imager cette planète vu son écart angulaire à l'étoile (au moins dans les longueurs d'onde iR.).
Est-ce déjà fait ou envisagé et avec quels matériels ?

BR
breton67400

JNem19
On devrait pouvoir imager cette planète vu son écart angulaire à l'étoile (au moins dans les longueurs d'onde iR.).
Est-ce déjà fait ou envisagé et avec quels matériels ?

N'est-ce pas précisément l'objet de l'article ?
Maître Bonnefoy et al. ont bien imagé cette planète dans le sens de capter la lumière qu'elle émet, ce pour la 2ème fois (cf. http://www.obs.ujf-grenoble.fr/osug/con ... ew/279/42/), alors qu'elle a parcouru la "moitié" de son orbite.

Si vous pensez à imager la planète dans le sens voir plus qu'une simple source ponctuelle et en distinguer la surface... ce n'est pas demain la veille ! Je rappelle qu'on est tout juste capable d'imager Bételgeuse, qui est incommensurablement plus étendue que cette planète, ce avec des interféromètres géants comme le VLTI et des techniques de reconstruction d'image très complexes. Pour imager une planète, il faudrait un interféromètre de plusieurs milliers de kilomètres de base, ou encore un hypertéléscope comme les imagine Antoine Labeyrie, un des pères de l'interférométrie, pour qui il n'y a rien d'insensé à imaginer envoyer une flottille de miroirs dans l'espace déployée sur un diamètre de 100 000 km. Pourquoi pas après tout, il suffirait de convaincre quelques (multi-) milliardaires...

MI
MickaelBonnefoy

@JNem19

Comme le dit mon collègue, c'est exactement ce que nous avons fait avec l'un des télescope du VLT au Chili et son instrument NACO. De toutes les planètes pour lesquelles on a une image, c'est celle qui est la plus proche de son étoile.

Etant donné la faible séparation de la planète, celle ci tourne donc relativement vite autour de son étoile. Elle a éffectuée environ une demi-orbite entre 2003 et 2008. Plusieurs équipes vont maintenant tenter de la ré-observer avec d'autres instrument pour avoir des mesures précise (mais ce n'est pas facile du tout) de sa position par rapport à l'étoile afin de pouvoir déduire plus précisément son orbite. On pourra ainsi dire si, oui ou non, l'orbite de la planète est parfaitement co-planaire avec le disque.

Il faut s'attendre à voir plein de nouveaux résultats apparaitre sur cette planète dans les mois qui viennent !