Une nouvelle stratégie pour concevoir des médicaments

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Les formulations bioactives, un tout nouveau procédé de présentation des médicaments, est à l'origine d'une génération inédite de remèdes, particulièrement prometteurs. Cette stratégie a été mise au point par l'équipe d'Isabelle Rico-Lattes, directrice de recherche CNRS au laboratoire "Interactions moléculaires et réactivité chimique et photochimique" (IMRCP, CNRS / Université Toulouse 3). Ses deux premières applications ont été brevetées et développées industriellement, en partenariat avec les laboratoires Pierre Fabre. L'une d'elles, très efficace pour traiter les peaux atopiques (1), notamment l'eczéma, vient d'être commercialisée en pharmacie. Surtout, ces travaux, rassemblés dans la revue l'Actualité Chimique publiée en 2007, s'inscrivent dans une chimie "verte", respectueuse de l'environnement.

Modèle de micelles (agrégat de molécules possédant une partie hydrophile
dirigée vers le solvant et une partie hydrophobe dirigée vers l'intérieur) :
un exemple possible de formulation bioactive

L'une des étapes essentielles dans la conception d'un médicament est sa préparation ou "formulation". Celle-ci est destinée à accompagner le principe actif (2) d'un excipient (3) pour le rendre stable et le délivrer là où il est censé agir. Les chimistes cherchent ainsi à découvrir quelle est la meilleure forme de préparation et d'administration du principe actif.

Dans ce contexte, l'équipe dirigée par Isabelle Rico-Lattes (4) a mis au point un nouveau concept : la mise en œuvre de formulations bioactives. Cette voie inédite de préparation des médicaments repose sur la synthèse spécifique d'un principe actif "amphiphile", c'est-à-dire qui aime s'entourer à la fois d'eau et de lipides. Dans ces conditions, il devient le propre acteur de sa formulation, tout en apportant la bioactivité recherchée. Cette molécule bioactive et amphiphile possède en effet la précieuse propriété de "s'auto organiser" en formant des assemblages, dont la nature est étroitement liée à l'activité thérapeutique.

Une approche qui fait ses preuves en dermatologie

Cette stratégie est particulièrement bien adaptée à l'administration d'anti-inflammatoires par voie cutanée, l'un des enjeux majeurs de la recherche dermatologique. C'est pourquoi le groupe "SMO : conception moléculaire, associations en solution, réactivité et bioactivité" dirigé par Isabelle Rico-Lattes collabore étroitement avec les laboratoires Pierre Fabre Dermo-Cosmétique. Dans ce cadre, les chercheurs ont proposé les premiers systèmes de "formulations bioactives" développés dans l'industrie.

La première formulation imaginée par l'équipe met en jeu une molécule amphiphile catanionique (il s'agit d'une paire d'ions associant anion (5) et cation (6)). Cette paire d'ions est produite par la réaction, dans l'eau, entre un anti-inflammatoire non stéroïdien acide et un amphiphile basique dérivé du lactose. Breveté et en cours de développement industriel, ce système assure une activité anti-inflammatoire accrue du principe actif, ainsi qu'une libération contrôlée et prolongée de ce dernier. Ces travaux viennent d'être décrits dans The Chemical European Journal.

Un nouveau médicament contre l'eczéma

Deuxième innovation, la formulation bioactive conçue à partir d'un nouveau principe actif: le Sélection®. Dérivé d'un sucre, le Rhamnose, lui-même extrait d'une plante légumineuse brésilienne ("le Faveira Tree"), cet amphiphile bioactif a été imaginé et synthétisé au sein de l'équipe du CNRS avant d'être breveté, en partenariat avec Pierre Fabre Dermo-Cosmétique. La synthèse a été conduite de manière originale en milieu microémulsion, c'est-à-dire sans solvant organique. L'activité anti-inflammatoire du Sélectiose® est liée à son passage progressif à travers la couche protectrice de la peau, puis à sa fixation sur certains récepteurs des kératinocytes (cellules de l'épiderme), responsables de la réponse inflammatoire. Excellent remède pour traiter les peaux atopiques, tout particulièrement les eczémas, ce produit vient d'être mis sur le marché par les laboratoires Pierre Fabre.

Complètement inédite, cette chimie ouvre des perspectives vers une nouvelle génération de médicaments, particulièrement prometteurs. De plus, étant développées à partir de sucres issus de ressources renouvelables, les formulations bioactives s'inscrivent, dans le cadre d'une "chimie au service du développement durable", respectueuse de l'environnement.

Notes :
(1) Se dit d'une peau sensible qui réagit à divers allergènes.
(2) Molécule qui, dans un médicament, possède un effet thérapeutique.
(3) C'est une substance neutre qui agit en tant que vecteur ou véhicule du principe actif.
(4) Médaille d'argent 2006 du CNRS.
(5) Ion chargé négativement.
(6) Ion chargé positivement.

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poppy

ça y est, les labos pharmaceutiques récupèrent le marché bio...

ces explications sont très intéressantes, mais déjà dans l'Egypte ancienne ils savaient soigner les pathologies cutanées.
Il suffit de connaître les plantes et leur vertu médicinale, de faire des onguents...

mais je suppose que c'est un paliatif aux exctinctions massives et rapides de ces plantes ou de leur modification due aux OGM.

Il est dit dans le sujet qu'il s'agit d'une "chimie verte respectueuse de l'environnement" : magnifique...mais elle existe déjà dans la nature cette chimie verte respectueuse de l'environnement, suffit juste de la préserver et de la cueillir. (ça ferait du bien à la sécu)

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sonic

tu as tout à fait raison et je suis d'accord avec toi. mais, il ne faut pas oublier que le médicament est soumis à des contrôles, des réglementations, et surtout à un commerce.

tu as tout à fait le droit de te soigner par les plantes, mais tu dois te débrouiller, le remboursement, fait une croix dessus.

parler de respect de l'environnement devient une mode, ne l'oublie pas

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Maulus

a te lire poppy, il faudrait qu'on retourne à l'age ou on cueillait des feuilles directement dans les champs pour se faire ses médocs....

"Il suffit de connaître les plantes et leur vertu médicinale, de faire des onguents...
mais je suppose que c'est un paliatif aux exctinctions massives et rapides de ces plantes ou de leur modification due aux OGM.
"

"suffit juste de la préserver et de la cueillir. (ça ferait du bien à la sécu)"

nan mais je rêve quoi...

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buck

le marcher du bio, ca fait des eons que l;industrie pharmaceutique y est dessus. Les collectes de molecules en foret amazonienes s'y faisait avant que les chercheurs sur les insectes y etaient.

Ensuite la medecine de grand mere ne marchait pas a tous les coups, sinon les taux de survit auraient ete meilleurs a l'epoque.

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poppy

Maulus
a te lire poppy, il faudrait qu'on retourne à l'age ou on cueillait des feuilles directement dans les champs pour se faire ses médocs....

mais cela se fait toujours Maulus, en milieu rural, il y a vraiment une nette distinction entre les citadins qui vont chez le toubib puis à la pharmacie chercher son médoc et les ruraux qui se soignent d'abord avec ce qu'ils ont dans leur potager ou dans la friche voisine, puis vont à la pharmacie se commander 500g d'une plante qui ne se trouve pas dans leur région pour un prix dérisoire.
Mais je vois également une distinction de mentalité : se soigner par les plantes n'est pas du tout révolu, c'est juste que cela ne se pratique pas au même endroit.
Je ne comprends pas cette mentalité médisante à l'encontre de gestes et méthodes qui datent de la nuit des temps.
Parce que c'est vieux comme le monde, c'est inutile ?

De plus, quelle la motivation à soigner une maladie et repousser la mort jusqu'à une limite qui nous échappe encore ?
ça sert à quoi l'acharnement thérapeutique ? la médication à outrance ?
c'est juste une histoire de pognon, une conservation de vache à lait, après on chiale qu'il y ait trop de retraités. Tout cela parce que dans les pays sur-développés, on flippe de la mort, on se voudrait immortel et que ces immortels continuent de dépenser plein de frics et de surconsommer jusqu'à la date de péremption repousser de trente ans.
Après on chiale que la planète est surpeuplée, on peut pas nourir tout le monde, alors on déglingue tout, on défigure la nature pour faire pousser des trucs modifiés pour nourrir le bétail des pays riches.

Ecouter les anciens et en tirer des leçons n'est qu'un enrichissement pas une action ringarde.
Il faut arrêter de croire que le progrès est toujours un bienfait pour l'humanité, c'est avant tout un slogan publicitaire.

Voilà, je dis ce que je pense, que certains ne soient pas d'accord surtout sur ce site, et bien...

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Stardust

buck
le marcher du bio, ca fait des eons que l;industrie pharmaceutique y est dessus. Les collectes de molecules en foret amazonienes s'y faisait avant que les chercheurs sur les insectes y etaient.
Ensuite la medecine de grand mere ne marchait pas a tous les coups, sinon les taux de survit auraient ete meilleurs a l'epoque
.

Hi ! besoin d'une tite tisane, semble-t-il ! :D

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Maulus

je suis d'accord avec toi poppy, mais c'était juste la façon de présenter la chose.

Il y a d'une part le progrès et de l'autre l'histoire et le savoir.

Je suis profondément d'accord que les techniques médicinales locales ou de connaissance ancèstrale sont exellentes et qu'il nous appartient de les préserver.
Cependant, les techniques actuelles de médecine en sont a un autre stade de l'évolution !
Nous avons des médicaments dans des gellules, dans des dragés !
Plus besoin d'aller dans la forêt ou de préparer soit même !
J'ajoute en plus comme l'a dit buck que c'est d'un autre niveau quand même.

Je tiens à dire quand même que certain remède de grand mère sont a garder bien en mémoire car aujourd'hui il faut encore savoir se guérir d'un simple rhum seul.
Mais lorsque la fièvre arrive, ont est bien content de trouver une pharmacie !

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Stardust

poppy
.... après on chiale qu'il y ait trop de retraités...

Les mouvements d'humeurs... ok... mais parfois çà fait peur....
:peur: :patap:

IS
Isabelle

Oui, merci d'éviter la caricature, et de revenir sur le sujet de discussion de manière plus pondérée (Message de la Modération)

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poppy

ah ? il me semblait que le nombre croissant de retraités était un sujet d'actualité...

@ Stardust
mes humeurs ne sont motivées que par un système
je n'ai rien contre les retraités :lol:

merci d'éviter une mauvaise interprétation, message de la poppyration :D

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sonic

:lol: go kiki go !!!

poppyration au pouvoir :saute:

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buck

Stardust


buck
le marcher du bio, ca fait des eons que l;industrie pharmaceutique y est dessus. Les collectes de molecules en foret amazonienes s'y faisait avant que les chercheurs sur les insectes y etaient.
Ensuite la medecine de grand mere ne marchait pas a tous les coups, sinon les taux de survit auraient ete meilleurs a l'epoque
.


Hi ! besoin d'une tite tisane, semble-t-il ! :D

j'aime pas l'eau chaude :D
(hormis un ou 2 the qui ont reelement du gout, j'aime pas)

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Maulus

ya eu un feu de paille là :D :grilled:

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gzav

Si j'ai bien compris on prend en compte l'excipient, ou toute la formulation, des la conception du medicament.
C'est comme en chimie, on arrive a modifier des rendements de reactions suivant le type de solvant.

Mais je ne vois franchement pas ce que cela a de "vert", si ce n'est qu'on extrait le rhamnose d'une plante, sans doute parceque cela coute moins cher que de le synthetiser. De toutes facons une fois la molecule modifiee et purifiee, on ne peut pas distinguer une origine "naturelle" ou purement synthetique (sauf par les impuretes).

Ah, le marketing.... :heink: