Vers la fin de la maladie du hamburger ?

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La maladie du hamburger, forme extrêmement invalidante de toxi-infection alimentaire, pourrait bientôt être reléguée au rang des mauvais souvenirs du passé. Les résultats d'une collaboration de recherche internationale dirigée par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) français, en collaboration avec l'Université de Montréal, viennent en effet de montrer pour la première fois comment la bactérie E. coli à l'origine de cette maladie peut survivre dans l'intestin de vache en s'assurant l'exclusivité de sources alimentaires spécifiques. Publiés dans le numéro d'octobre d'Environmental Microbiology et signalés dans Nature Reviews Microbiology, les résultats de cette étude pourraient déboucher sur l'élaboration d'interventions non médicales pour éradiquer cette bactérie.

« Nous avons étudié E. coli O157:H7, la souche bactérienne la plus fréquemment associée aux flambées de gastro-entérites de grande envergure, explique Josée Harel, coauteure de l'étude et directrice du Groupe de recherche sur les maladies infectieuses du porc à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal. Ces flambées résultent le plus souvent d'un contact direct avec l'environnement agricole et de la consommation de viande crue ou mal cuite, ainsi que de lait et de produits laitiers non pasteurisés. La réduction ou l'éradication de la souche O157:H7 chez la vache pourrait réduire sensiblement le risque de contamination alimentaire et, conséquemment, d'infections humaines. »

E. coli O157:H7, une bactérie très rusée

Bactérie E. coli - Photo by Eric Erbe, digital colorization by Christopher Pooley, both of USDA, ARS, EMU

L'intestin est un environnement complexe colonisé par grand nombre de bactéries différentes. La plupart sont sans danger et plusieurs d'entre elles contribuent au bon fonctionnement de l'appareil digestif. Mais l'intestin est aussi le théâtre d'un véritable champ de bataille entre ces bactéries qui se livrent une lutte sans merci pour capter le carbone, l'azote et les autres sources d'énergie dont elles ont besoin pour survivre. Celles qui remportent la bataille survivent et se multiplient, les autres disparaissent.

La professeure Harel et ses collaborateurs de l'Institut national de la recherche agronomique en France et Lallemand Animal Nutrition ont commencé par démontrer que la souche O157:H7 peut croître dans le milieu intestinal des bovins. Une fois ce constat établi, ils ont ensuite déterminé pourquoi cette bactérie particulière privilégiait l'intestin de vache. Ils ont découvert qu'O157:H7 avait la faculté de dégrader enzymatiquement l'éthanolamine de, une substance chimique présente dans l'intestin de vache. Cette réaction permet de relâcher l'azote de ce composé. Dans la mesure où les autres bactéries ne peuvent utiliser l'éthanolamine, E. coli O157:H7 possède l'exclusivité de ce nutriment. « L'aptitude d'E. coli O157:H7 à utiliser l'éthanolamine comme source d'azote lui confère l'avantage nutritionnel et compétitif nécessaire à sa survie », explique la professeure Harel.

Tout dans les gènes

La dernière étape de la recherche menée par la professeure Harel et ses collègues a été de déterminer comment E. coli O157:H7 pouvait extraire l'azote de l'éthanolamine. Des analyses génétiques ont révélé qu'E. coli O157:H7 exprimait des gènes spécifiques lui permettant d'y parvenir.

« Nous savons aujourd'hui que cette bactérie possède un programme génétique qui lui permet d'utiliser l'éthanolamine et ce faisant, de survivre et de se multiplier avantageusement dans l'intestin, explique la professeure Harel. Ces connaissances nous aideront à sélectionner l'alimentation ou les probiotiques appropriées pour priver cette bactérie de cette source vitale d'énergie. Cette méthode devrait permettre de limiter la propagation de la bactérie dans la chaîne alimentaire. »

À propos de la maladie du hamburger

La maladie du hamburger ou syndrome urémique et hémolytique (SUH) se déclare généralement après une infection gastro-intestinale, elle-même causée par la bactérie E coli 0157:H7. Elle se traduit par la destruction des cellules intervenant dans la coagulation du sang (plaquettes) et des globules rouges. Les lésions que ce phénomène inflige aux petits vaisseaux sanguins et tubules rénaux peuvent occasionner une insuffisance rénale. Ce syndrome se déclare habituellement chez les enfants entre l'âge de 1 et 10 ans, mais aussi chez les adultes. Le syndrome hémolytique et urémique touche 2 à 4 personnes sur 100 000, partout dans le monde.

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StarDreamer

Quel beau nom "maladie du hamburger" ...
... c'est McDo et consors qui doit être heureux que les chercheurs utilisent un tel nom !
(d'ailleurs, vu comme ils grillent les viandes, peu de chance d'être malade).

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gzav

Donc si j'ai bien compris on va tenter de supprimer l'E. coli de l'intestin des vaches pour que les abattoirs industriels puissent continuer à travailler dans des conditions sanitaires déplorables ?
Car comment E coli passe de l'intestion au rumsteak ? Parceque les vaches se chient dessus de peur et la viande traine dans la merde, tout simplement.

Une question intéressante serait de savoir si la présence d'éthanolamine dépend du régime alimentaire de la vache. La viande d'une vache élevé et abattue "naturellement" contient moins d'E coli qu'une viande industrielle (plusieurs ordres de grandeur), est-ce que cela vient de l'alimentation ou des conditions d'abattage ?

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cisou9

:_salut:
Je n'ai jamais mis les pieds dans un mac-do et il y en a un à 700m de chez moi. :siffle:

RO
Roroleblaireau

cisou9
:_salut:
Je n'ai jamais mis les pieds dans un mac-do et il y en a un à 700m de chez moi. :siffle:

Et pourtant le Bic mac est une curiosité scientifique, chaque ingrédient pris à pars est infecte, mais assemblé ça a un goût quasi-addictif !!

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StarDreamer

Un hamburger -McDo ou pas- n'est qu'un sandwich chaud comme les autres.
Niveau nutritionnel, il est aussi "complet" qu'un jambon-beurre et aussi intéressant en valeur nutritive qu'un en-cas quelconque...

Le terme "fast-food" désigne bien ce que c'est : un en-cas rapide, très pratique à prendre quand on est pressé et qui ne doit pas constituer la base d'un repas. Bref, de temps en temps, aucun problème.

Quand aux conditions sanitaires, je préfère prendre un BigMac d'un restaurant aseptisé comme un MacDo, plutôt que le premier panini venu dans un bouiboui crasseux d'une rue à impasse.

Bref, l'anti-McDo n'est que de l'idéologisme.

* * *

Pour en revenir à nos chères vaches, je rejoins l'avis de gzav sur les conditions sanitaires de l'abattage : E. Coli passe dans la viande lorsque le travail est mal fait et que le système digestif est déchiré lors de la découpe de la carcasse (les fluides intestinaux envahissent le muscle). Cela peut être évité avec l'habilité des bouchers, mais la cadence devient tellement infernale dans des conditions si déplorables que les accidents arrivent... et comme on est dans une société ultra-industrialisée, avec des grandes cuves où tout mijote ensemble, on en arrive à des milliers de lots de steacks hachés surgelés qui sont contaminés ....
Vient aussi les conditions d'hygiène des bêtes, qui effectivement se vautrent dans la fange, ce qui n'améliore pas les choses.
Quant au stress, le point le plus préoccupant concerne finalement la qualité de la viande ...
... il y a quelques années, j'avais lu (ici?) qu'une étude avait montré que le transport des porcs vers l'abattoir les stressait tellement qu'ils faisaient du gras et que la viande était au final moins bonne ; ie. que les transports courts "à l'ancien temps" (lorsque le fermier tuait sa bête sur place) donnaient une viande de meilleure qualité.
... cela doit être pareil pour les vaches, surtout lorsqu'elles sont alignées et voient les premières de la ligne se faire zigouiller en comprenant très bien qu'elles vont y passer (je ne suis pas végétarien, j'aime la viande et suis pour l'abattage ; mais je veux que cela soit fait dans des conditions éthiques, à savoir buter les animaux individuellement et éviter les pratiques barbares comme saigner les animaux .........)

... et pour les plus audacieux, on pourrait même tenter de faire le rapport avec les humains : y a-t-il un rapport entre le stress généré par les longs transports / les soucis de la vie courant et le gras généré qui pourrait être source primale d'obésité ?

VI
Victor

Il y a pas un peu de sous entendu avec l'histoire des bouibouis dé-gueux quand j'achète un chiche-kebab je demande pas la carte sanitaire qui va avec je sais très bien que la bidoche cuit en continu depuis le matin

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StarDreamer

Pas de sous-entendu particulier, à part le fait que les McDo doivent être extrêmement rigoureux du point de vue sanitaire par rapport à des bouibouis du coin. Juste une question d'image (un mort chez McDo, c'est combien de chiffre d'affaire en moins ?).

Par contre, pour les kebabs, choisis bien tes fournisseurs ...
... tu as de tout dans ces bouibouis, et même si la viande doit cuire en continu, ce n'est toujours pas le cas : style, il n'y a pas de client, et on réduit la flamme (voire on l'arrête). Et ta viande reste crue à l'air jusqu'à 18h quand les premiers badauds vont revenir chercher un kebab.
Et je ne te parle pas des viandes avariées non plus. Avec la sauce samourai, tu ne sentirais pas l'odeur d'une carcasse en décomposition une fois cramée.
Je suis consommateur de kebab (et de toutes les cochonneries culinaires qui existent sur terre), et il m'est déjà arrivé d'être malade ... on blackliste le bouiboui et on choisit le suivant jusqu'au bon.

Chez McDo, je n'ai jamais été malade.

JS
jsimplot

Ca m'énerve de voir certaines de ces commentaires...........
Oui on peut être malade
Et oui c'est arrivé à ma fille et ca peut vous arriver à vous et vos enfants.........

JS
jsimplot

MEttre en bandeau principal un hamburger m'horripile.........Surtout quand on a été confronté à cette maladie de m..de .......

VI
Victor

ce n'est pas par hasard qu'il y a un hamburger dans les pubs du bandeau les pubs des bandeaux google collent très fidèlement au sujet du Topic que l'on lit....

JD
jdemontigny

C'est bien beau blâmer le McDo, mais parfois j'aimerais mieux manger un burger là que dans certains restaurants indépendants. Pour y avoir travaillé il y a plus d'une décénnie, je sais que certains systèmes visent à éviter de servir de la nourriture mal cuite. La température des aliments est contrôlée systématiquement lors de tout changement de température de cuisson, les grills demeurent ''barrés'' tant que la durée de cuisson spécifique au produit n'a pas été atteinte. Bref, je ne souhaite pas faire l'éloge du fast-food le plus connu, mais ce n'est pas là ma plus grande crainte.

La vie de mon fils a été mise en danger par E.Coli 0157 H7 il y a un an. Il n'avait que 2 ans. Les causes possibles vont bien plus loin que le McDo. Il y avait un jus non-pasteurisé n'étant pas identifié comme tel, une gastro courant dans la garderie, une visite de fermes et un burger cuit à la maison. Il est tentant de vouloir trouver le coupable ici mais c'est impossible.

S'il y a moyen d'enrayer cette bactérie, cela doit se faire et nous devrions nous en réjouir. Je me fout presque des détails, je veux éviter à d'autres de vivre ce drame. Craindre de perdre un enfant laisse bien des traces, au-delà de la maladie elle-même. Viennent aussi les séquelles physiques du malade, celles psychologiques de l'entourage, l'angoisse, le chagrin, la honte, la peur, la médication, les suivis réguliers. La maladie ne nous quitte plus jamais... Et c'est sans compter que bien des gens ne s'en sortent pas. Car il ne faut pas oublier que rien n'élimine la bactérie comme c'est le cas avec d'autres infections. Le malade doit éliminer cela tout seul, sous l'oeil de médecins. Les transfusions aident, les diuritiqus aussi. Mais jamais ils ne peuvent affirmer que la mort sera évitée à coup sûr...

Le plus grand problème demeure l'inaction des authorités gouvernementales. Autant au niveau de la production, abattage, mise en marché, vente. Et quand la maladie frappe, très peu est fait. C'est de tout cela que nous devrions nous révolter.

RO
Roroleblaireau

Zeko
Moi ça va je ne vais plus aux fast-food depuis des années.
Mais c'est clair qu'on peut tomber malade n'importe où avec n'importe quoi... (le fast-food ne rend pas malade, tout de suite, c'est après des années que ça fait mal).

J'ai travaillé il y a deux ans dans un snack ultra-fréquenté d'un grand parc touristique français, rattaché à l'unique restaurant de ce même parc, et j'ai assisté à une querelle du responsable du snack qui n'arrivait pas à convaincre le responsable du restau qu'un jambon qui commence à tourner au vert et qui chlingue à 5 mètres ne doit pas être utilisé, même si tout indique qu'il est consommable (étiquette et date du lot, conditions de conservation respectées).
Hors, le responsable du snack n'aurai pas eu d'aussi fortes convictions, on aurai préparé et vendu sans broncher une cinquantaine de sandwichs avec du jambon que j'oserais à peiner donner à manger à mes chats.

Et ça, c'est l'exemple d'un restaurant de renommée, dont les contrôles sanitaires sont fréquents. Dans les petits snacks qui n'ont pas assez de débit pour avoir une broche à kebab, et qui font mariner les viandes dans des tupperware, j'imagine que toute viande achetée est vendue, quel que soit son état.

Attaquer Mcdo pour ses conditions d'hygiène, c'est soit de l'hypocrisie, soit de la paranoïa, ou a la limite de l'ignorance