Château d'Azay-le-Rideau | |||
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Période ou style | Renaissance française (à inspiration italianisante) | ||
Type | Château | ||
Début construction | 1518 | ||
Fin construction | 1523 | ||
Protection | Classé MH | ||
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Latitude Longitude | |||
Pays | France | ||
Région historique | Touraine | ||
Région | Centre | ||
Département | Indre-et-Loire | ||
Commune française | Azay-le-Rideau | ||
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Le château d'Azay-le-Rideau est un monument classé appartenant à l'État et situé dans la commune du même nom, en Indre-et-Loire, en France.
On peut y accéder par la ligne TER Tours - Chinon qui marque systématiquement l'arrêt dans la commune.
Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 août 1905.
Le premier château médiéval d'Azay fut construit aux alentours de 1119 par l'un des premiers seigneurs du lieu, Ridel (ou Rideau) d'Azay, chevalier de Philippe Auguste, qui édifia une forteresse défensive censée protéger la route entre Tours et Chinon.
Mais il fut brûlé par Charles VII en 1418 lorsque le roi, de séjour à Azay sur la route de Chinon, est provoqué par les troupes bourguignonnes qui occupent la place forte. Le capitaine et 350 soldats sont exécutés. Le village gardera d'ailleurs jusqu'au XVIIIe siècle le nom d'Azay-le-Brûlé.
Le domaine est acquis à la fin du XVe siècle par Martin Berthelot, maître de la chambre aux deniers du roi, qui le cède à son fils Gilles.
Le château actuel fut donc bâti entre 1518 et 1523 par le maire de Tours et trésorier du roi François Ier, Gilles Berthelot et par sa femme, Philippa Lesbahy. Il s'agit d'un des chefs-d'œuvre de la première Renaissance française.
Lorsqu'en 1527, le cousin de Gilles Berthelot, Jacques de Beaune-Semblançay, est exécuté, le couple décide de vider les lieux et de se rendre à Metz. Gilles Berthelot décèdera en 1529 à Cambrai.
En juin 1523, le roi confisque le château inachevé. Bien que Philippa Lesbahy insiste pour garder son château, elle le perdra définitivement en 1535 lorsque le roi l'offre à l'un de ses compagnons d'armes, Antoine Raffin, capitaine des gardes, qui l'a accompagné à Pavie.
Le château ne sera en réalité occupé qu'à partir de 1547.
La petite-fille d'Antoine Raffin, Antoinette, ancienne dame d'honneur de Marguerite de Valois, s'y installe en 1583 et entreprend d'actualiser les décors de l'édifice avec l'aide de son époux, Guy de Saint-Gelais.
Son fils Arthus en hérite avec sa femme Françoise de Souvré qui sera la gouvernante du futur Louis XIV. Louis XIII sera reçu par la suite au château.
Les Raffin puis leurs alliés en 1751, les Vassé, en seront propriétaires jusqu'à la Révolution.
Les Biencourt ou « la vie de château » au XIXe siècle.
En 1791, le château « abandonné et très dégradé » est vendu par Henry de Courtemanche au marquis Charles de Biencourt, maréchal des camps et armées royales, député de la noblesse aux États Généraux de 1789, puis de la Constituante, dont les descendants le conserveront un siècle.
Celui-ci lui donne son aspect actuel en procédant à de profonds changements intérieurs et extérieurs.
En 1824, Charles de Biencourt fait ajouter au rez-de-chaussée sud du château un « pavillon chinois » - détruit vers 1860 ? - et vers 1825-1826 la bibliothèque, qui, comme le salon situé à l'opposé, est décorée de lambris bas de style surmontés d'une toile peinte à grands motifs végétaux (conservée).
Son fils Armand-François-Marie entreprend ensuite la première grande restauration de l'édifice : rétablissement des voûtes et des lucarnes, restitution des médaillons et insignes royaux de l'escalier - bûchés sous la Révolution ? - construction d'une nouvelle tour de style Renaissance « remplaçant le vieux donjon », par l'architecte Dusillon.
Il fait aussi élargir le terre-plein dominant la rivière au Sud, créant ainsi une grande terrasse desservie depuis le salon par un perron, qui furent supprimés lors de la restauration du XXe siècle.
Dès 1840, le château est inscrit sur la liste des Monuments Historiques, mais en 1845, les derniers vestiges médiévaux sont démolis pour laisser place à deux nouvelles tours d'angle sur cour.
En 1870, il sert de logement au prince Frédéric Charles de Prusse, neveu du roi de Prusse, qui occupera aussi pendant six semaines avec ses soldats le village de Saint-Patrice (Indre-et-Loire) et le château de Rochecotte.
Un gentilhomme-collectionneur.
« M.le marquis de Biencourt entretient avec beaucoup de soin son château (...) on y visite surtout avec intérêt une collection de portraits historiques attribuée aux meilleurs maîtres ». (G. Touchard-Lafosse, La Touraine historique, pittoresque et biographique, Tours, Lescene, 1856, p.289).
Cette série unique de 300 œuvres selon l'inventaire après décès du marquis (1854) fait du château l'un des plus beaux musées de France de l'époque, ouvert aux visiteurs.
En 1898, des revers de fortune causés entre autres par le krach boursier de l'Union Générale (1882) l'empêchant d'assurer l'entretien du domaine, Charles-Marie-Christian, 4ème du nom et propriétaire depuis 1862, veuf jeune et sans héritiers directs, est contraint de vendre le château, son mobilier et 540 hectares de terres, acquis pour 517 000 francs par l'homme d'affaires Achille Arteau, ancien avocat de Tours, qui veut démembrer l'ensemble avec profit.
Le moblier, oeuvres et objets d'art sont alors dispersés en plusieurs ventes, mais certains éléments de la collection de portraits de maîtres purent être achetés par la famille, et en 1939 la vicomtesse de Montaigne de Poncins, arrière-petite-fille du marquis, put offrir au « musée Condé » de Chantilly 52 portraits dessinés par les Clouet, Corneille de Lyon, Holbein, Memling, Pourbus, Cranach, Rubens, Stella... don qui fut effectif le 8 septembre 1946. (Henri Malo, Une journée à Chantilly, guide illustré, Braun, 1946, pp.14 et 15).
La demeure resta vide jusqu'à son achat par l'État le 11 août 1905 pour 250 000 francs grâce à un legs de Léon Dru, et est aussitôt classée Monument Historique. Depuis 1907, il fait l'objet de profondes restaurations.
Le château d'Azay est aujourd'hui géré par le Centre des Monuments nationaux.