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Posté par Adrien le Vendredi 25/03/2011 à 00:00
Les phéromones humaines seraient captées par le système olfactif

Les travaux de M. Frasnelli apportent une contribution majeure à la connaissance du système phéromonal chez l'être humain. (Photo: iStockphoto)
L'existence de phéromones chez les humains est de plus en plus attestée, selon les études réalisées dans ce domaine depuis une dizaine d'années. «Une phéromone est une molécule sécrétée à l'extérieur du corps par les glandes sudoripares et qui modifie le comportement ou l'humeur d'un autre individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).)», explique Johannes Frasnelli, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés...) postdoctoral au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) en neuropsychologie et cognition du Département de psychologie de l'Université de Montréal. Ses travaux viennent d'apporter une contribution majeure à la connaissance du système phéromonal chez l'être humain et montrent que, contrairement à une croyance très répandue, l'organe (Un organe est un ensemble de tissus concourant à la réalisation d'une fonction physiologique. Certains organes assurent simultanément...) voméronasal (OVN) n'est pas à l'oeuvre dans la détection de ces molécules.

Un système attesté

Chez les mammifères, les phéromones sont captées par un circuit nerveux distinct du système olfactif appelé «organe voméronasal» (du nom latin de l'os qui sépare les deux narines, le vomer). Cet organe est composé de terminaisons nerveuses situées de part et d'autre de la cloison nasale et conduisant à un bulbe (Un bulbe est une pousse souterraine verticale disposant de feuilles modifiées utilisées comme organe de stockage de nourriture par une plante à dormance.) olfactif secondaire ou accessoire.

L'existence d'un OVN chez l'humain a été l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois...) de controverses parce que les résultats des recherches se sont avérés contradictoires. «Il faut un endoscope pour scruter cette zone nasale et les observations varient selon l'état des muqueuses», précise Johannes Frasnelli.

Selon la méthode employée, les observations font état d'une structure nerveuse particulière là où se trouve l'OVN chez les animaux, soit à deux ou trois centimètres de l'entrée de la cavité nasale, chez 25 à 75 % des personnes. «Cette structure est néanmoins révélée chez 100 % des individus lorsqu'on procède par autopsie (L'autopsie (ou examen post-mortem ou nécropsie) est l'examen médical des cadavres. Le terme vient du grec « Le voir de vos propres...)», ajoute le chercheur. Il y aurait donc bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour exprimer la...) et bien une structure voméronasale chez l'être humain.

Il n'en fallait pas plus pour qu'on déduise que la perception des phéromones passe par ce circuit, ce qui a soulevé de nouvelles polémiques, puisque des travaux ont montré que ce système semblait inactif. Les expériences de Johannes Frasnelli vont dans le sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du ralentissement du...) de cette dernière observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens...) et pourraient bien clore le débat.


Johannes Frasnelli
Simple vestige ?

Le chercheur et son équipe, dirigée par la professeure Marilyn Jones-Gotman de l'Université McGill, ont fait respirer à des femmes hétérosexuelles des concentrés d'androstadiénone, soit l'une des principales molécules reconnue comme étant une phéromone humaine. Sécrétée par les glandes sudoripares des aisselles des hommes, l'androstadiénone influerait sur l'humeur, l'état psychophysiologique, le flot sanguin cérébral et le taux de cortisol des femmes, mais serait sans effet sur les hommes. Cette molécule a son équivalent féminin, l'estratétraénol, qui a une influence sur les hommes.

À forte concentration, l'androstadiénone dégage une odeur perceptible par les femmes. Chez celles qui ont participé à l'expérience, de 72 à 75 % avaient un OVN visible. «L'expérience n'a mis au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...) aucune différence significative dans le seuil de perception de la phéromone entre les femmes qui ont un OVN visible et celles qui n'en ont pas», affirme Johannes Frasnelli. Des tests de perception olfactive ont aussi été effectués à l'aide d'une odeur de bois de santal et aucune différence n'a été notée entre les deux groupes de femmes.

La même expérience a été reprise en obstruant la zone de l'OVN à l'aide d'une pièce de latex (LaTeX est un système logiciel de composition de documents créé par Leslie Lamport. Plus exactement, il s'agit d'une collection de...) et a donné les mêmes résultats: il n'y a aucune différence significative dans la perception de la phéromone ou de l'odeur de santal que cette zone soit obstruée ou non.

Dans une troisième expérience, les chercheurs ont recouru à la tomographie par émission de positrons (En physique des particules, le positron ou positon est l'anti-particule associée à l'électron. Il possède une charge électrique de +1 (contre -1...) pour observer l'effet de la phéromone dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont...). L'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis...) cérébrale montre que l'hypothalamus est activé par l'androstadiénone, mais pas l'aire associée à la perception des odeurs dans le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) orbitofrontal droit. L'effet est exactement le même chez les femmes avec ou sans OVN visible et chez celles dont cette zone a été obstruée par du latex ou a été laissée libre.

«Cela démontre que la zone voméronasale n'a pas de fonction chez les humains et que les phéromones sont sans doute captées par le système olfactif, déclare le chercheur. D'ailleurs, les terminaisons nerveuses de l'OVN ne se rendent pas au cerveau, sauf chez le foetus. Le système voméronasal humain ne serait donc qu'un vestige de ce qu'on trouve chez les autres mammifères.»

Ce type d'expériences produit généralement des résultats différents selon la phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) du cycle menstruel de la femme, mais les chercheurs n'ont pas tenu compte de ce facteur parce que la différence serait minime, selon Johannes Frasnelli.

Ces travaux sont publiés dans le numéro de mars de la revue Human Brain Mapping.

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Source: Daniel Baril - Université de Montréal