🧬 Record: un ADN de 50 000 ans découvert en Afrique

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

On pensait l'ADN ancien quasi impossible à préserver en Afrique subsaharienne à cause de la chaleur et de l'humidité. Pourtant, une dent vieille de 50 000 ans, découverte dans une grotte sud-africaine, vient de livrer son matériel génétique. Ce record repousse les limites de la paléogénomique dans une région où les températures élevées accélèrent la dégradation de l'ADN.

Pour y parvenir, une équipe de chercheurs a analysé plus de 300 dents d'animaux ayant vécu jusqu'à 110 000 ans. Parmi elles, une molaire de cobe des montagnes, une antilope encore présente aujourd'hui, a fourni de l'ADN datant de 50 000 ans. Trois autres échantillons, provenant de buffles à longues cornes disparus, sont âgés de 12 000 à 21 000 ans.

Image d'illustration Pixabay

Grâce à des techniques de pointe, les scientifiques ont extrait les fragments d'ADN. Bien que la quantité récupérée fût infime, elle a suffi pour identifier les lignées évolutives. Cette découverte prouve que l'ADN peut se conserver en Afrique sur des dizaines de milliers d'années, contrairement aux idées reçues.

Le chercheur principal, Deon de Jager, se montre toutefois prudent. En effet, l'ADN du cobe est bien plus ancien que les autres échantillons et il présentait une contamination par de l'ADN humain, mais celle-ci a pu être corrigée. Depuis, son équipe a aussi séquencé le génome d'un gnou de 42 000 ans en Éthiopie, ce qui renforce l'idée que l'ADN résiste mieux au climat africain qu'on ne le pensait.

L'étude, publiée dans la revue Quaternary Science Reviews, montre aussi que les grottes profondes et les sites en altitude offrent des conditions plus stables et froides idéales. Les chercheurs estiment ainsi que l'ADN a une demi-vie d'environ 521 ans, mais qu'il reste exploitable pendant 40 000 à 50 000 ans en Afrique australe.

Malgré cet espoir, extraire l'ADN d'ancêtres humains comme Homo naledi, disparu il y a 240 000 ans, demeure très improbable. Pour obtenir un ADN aussi ancien, il faudrait un crâne exceptionnellement conservé avec l'os pétreux intact, une rareté sous les tropiques. Les conditions africaines restent trop rudes pour cela.