A l'origine de l'extraordinaire diversification des animaux : la segmentation

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La segmentation, c'est-à-dire la répétition d'unités anatomiques identiques, semble être le secret de la diversité et de la longévité des grands groupes animaux les plus répandus sur Terre. Des chercheurs du CNRS et de l'Université Paris Diderot ont montré que cette caractéristique est héritée d'un ancêtre commun, lui-même segmenté, qui aurait vécu il y a 600 millions d'années et dont l'apparition aurait « changé la face du monde ». Cette découverte est publiée dans la revue Science du 16 juillet 2010.

Exemple d'animal sur lequel la répétition d’unités anatomiques est bien visible :
un mille-pattes cavernicole du nord du Vietnam.
Crédit: © CNRS Photothèque / DEHARVENG Louis.

Quel est le point commun entre le mille-pattes, le ver de terre et l'homme ? La répétition périodique d'unités anatomiques identiques le long de l'axe qui va de l'avant à l'arrière de l'animal. Cette caractéristique, que les chercheurs appellent segmentation, est en fait partagée par trois grands groupes d'animaux, même si elle n'est pas toujours visible depuis l'extérieur, soit parce que les segments qui se répètent sont cachés sous une carapace, soit parce qu'ils ont en partie fusionné. Mais les segments se répartissent bel et bien le long de l'axe bilatéral, dans le tronc, sur l'abdomen ou le thorax.

Tout d'abord, les arthropodes, dont font partie les mille-pattes : c'est le groupe des insectes, des araignées, des scorpions et des crustacés, de loin le groupe le plus important vivant actuellement sur la planète. C'est celui qui a à la fois le plus grand nombre d'espèces et d'individus qui représentent près de 40 pour cent de la biomasse animale. Au-delà de l'exemple du mille-pattes pour qui la segmentation crève les yeux, on peut également citer ceux des sauterelles, grillons et autres criquets, ou encore celui des crevettes. Ensuite, les vertébrés : c'est également un groupe très divers ayant connu un succès évolutif certain et rassemblant la plupart des animaux qui nous sont familiers, y compris les êtres humains. Chez nous, c'est au niveau des vertèbres que l'on voit la segmentation, ainsi qu'au niveau des muscles et des nerfs (partant de la moelle épinière, pour ceux qui ont une connaissance plus fine de l'anatomie). Enfin, les annélides, c'est-à-dire les vers de terre et leurs cousins marins, sont également très nombreux en termes d'espèces malgré leur discrétion et l'essentiel de leur corps est formé de segments identiques.

Ces trois groupes ne sont pas spécialement apparentés entre eux. D'où leur vient la segmentation ? D'un ancêtre commun très lointain, vivant il y a 600 millions d'années, avant l'explosion cambrienne qui a vu naître la plupart des grands groupes d'animaux actuels ? Ou bien la segmentation est-elle apparue plusieurs fois dans l'histoire de l'évolution ? C'est la question que s'est posée une équipe de chercheurs du CNRS et de l'Université Paris Diderot, à l'Institut Jacques Monod. Et d'ailleurs, pourquoi se la sont-ils posée ? Parce que les segments semblent procurer un avantage évolutif crucial aux groupes qui en sont porteurs, vu le succès qu'ils ont connu, en termes de diversité et de longévité du groupe.

Les chercheurs ont découvert que les gènes qui commandent la formation des segments au cours du développement de l'embryon sont à peu près les mêmes chez la drosophile (un arthropode) et chez une annélide marine, sur laquelle ils ont particulièrement travaillé. De ces similitudes, ils concluent que ces gènes sont hérités d'un ancêtre commun, lui-même segmenté. De plus, il semblerait également que les vertébrés aient également hérité de cette caractéristique d'un ancêtre commun avec celui des arthropodes et des annélides. C'est ce que les scientifiques vont maintenant chercher à confirmer.

Exemple d'animal sur lequel la répétition d’unités anatomiques est bien visible :
un ver annélide vivant au large de la Terre Adélie, en Antarctique.
Crédit: © CNRS Photothèque / AMICE Erwan.

Ce travail soutient l'idée que la segmentation est apparue une seule fois dans l'histoire de l'évolution et qu'elle est à l'origine de la diversité considérable des groupes d'animaux qui la portent. Idée ancienne et très controversée dans la communauté des zoologistes, mais qui n'avait encore jamais été prouvée. Mais pourquoi la segmentation est-elle si avantageuse ? Au fil des millions d'années et des nouvelles contraintes environnementales du milieu, un animal peut plus facilement spécialiser un segment pour en faire un outil spécifique répondant à un besoin plutôt que créer un organe de toute pièce. En somme, au fil du hasard, l'évolution aurait joué là une carte gagnante mais qui ne s'est jamais reproduite et qui a profondément marqué l'histoire de la vie sur Terre. Si un jour on pouvait jouer à Dieu et créer des animaux artificiels ou même des robots biomimétiques, il faudrait peut-être y penser. Mais on entre là dans le domaine de la science-fiction.

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Seals

article intéressent. :_grat:

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pierrelaurent

Cher "Seals" certes cette article est trait interessent.
Mais, je cite, "Au fil des millions d'années et des nouvelles contraintes environnementales du milieu, un animal peut plus facilement spécialiser un segment pour en faire un outil spécifique répondant à un besoin plutôt que créer un organe de toute pièce."
Cela ressemble comme deux moitiés de camenbairre à du créationnisme, plutôt que du Darwinisme. Me trompe-je ? Lyssenko et les croyants ne sont pas loin. Os court !
Merci de votre attention.

RE
Reumain.

Non, l'environnement a déjà modifié certains comportements chez les animaux. Ce qui a mené, à long terme, à des différenciations, des spécialisations d'organes.

DU
Durand

Bonjour, ne sommes-nous pas aussi de la diversité ... humaine ? La vie, tel que je la conceptualise est la réunion d'éléments (de tout ordre) dont l'un prend l'ascendant et l'autre doit l'assimiler pour exister, à défaut, il disparait ou il est existentiel mais muté donnant une recomposition génétique plus forte face à l'existence. Ou encore, l'autre peut, par effet de rencontre éphémère, ne pas s'associer mais quand même muter pour continuer d'exister, différemment, mais exister. La maladie virale, n'est-elle pas à cette image ? Le virus cherche à prendre l'ascendant sur le corps pour exister. Le corps cellulaires se défend et l'assimile pour éviter de disparaitre. L'assimiler ne veut pas dire détruire le virus mais le contenir dans une forme latente selon un procéder d'hibernation cellulaire muté permettant à l'avenir de se prémunir d'une nouvelle attaque ayant les mêmes caractéristiques.

Sur cette conceptualisation primaire de la vie, il peut être compris aussi dans les phénomènes de vieillissement le pourquoi d'une grippe plus virulente à 60 ans alors qu'à 30 ans même un cachet anti-grippal n'était pas nécessaire. La conceptualisation génétique du corps est ainsi complexe, elle a une base d'origine programmé de vie et aussi de tous les phénomènes dont elle a été obligé d'assimiler pour exister et fatalement muter, dans son environnement. Soit un seul et unique corps de vie muté en plusieurs et de mêmes cellules différentes à chaque étape se diversifiant à chaque mutation simple ou complexe, (gaz, particules, cellules, organes et ainsi de suite). Est-ce aussi la raison de nos points communs d'humains, les organes et une des diversités absolues apparente, l'empreinte digitale. Pourquoi l'empreinte digitale est-elle unique pour chacun des individus ? Au même titre que la génétique unique avec des concordances presque parfaites mais pas absolues.

Notre génétique vraie aujourd'hui sera différente demain, dans l'absolu, c'est la mutation de l'existence de la vie, dans son environnement, qui engendre tous ces phénomènes. Notre existence s'adapte aux phénomènes qu'elle connait. Notre existence ne peut pas s'adapter aux phénomènes dont elle ignore les bases existentielles. La radiation naturelle et la radiation artificielle, l'une le corps sait la combattre (s'adapte et l'assimile), l'autre le corps ne peut pas la combattre (ne s'adapte et ne l'assimile pas).

Nous sommes issus de formes qui se sont diversifiées et mutées pour l'existence et tout ce qui nous environne, nous permet d'exister en tant qu'individu. L'absence d'élément naturel qui nous environne engendre des phénomènes qui participent directement à la disparition prématuré d'autres existences, ayons conscience que nous sommes aussi dans cette chaine. Parler de végétaux génétiquement modifiés que l'on mangera, je vous laisse entrevoir les dégâts génétiques que cela fera demain sur nos natures humaines.

La découverte de ce mille pattes montre l'intérêt et complémente les notions de mutations existentielles, prenons-en bonne note pour propager la préservation de toute existence en respectant avant tout cette notion, la difficulté de la naissance d'une vie sur plusieurs milliards de siècles et la facilité à la détruire dans le soi-disant progrès de notre ère contemporain.

NO
Noxx

Souvent on utilise des formulations trop rapides pour expliquer une évolution, et sur la citation :
"Au fil des millions d'années et des nouvelles contraintes environnementales du milieu, un animal peut plus facilement spécialiser un segment pour en faire un outil spécifique répondant à un besoin plutôt que créer un organe de toute pièce."
Il aurait fallu dire, à mon avis, "Au fil des millions d'années et des nouvelles contraintes environnementales du milieu, un ensemble de mutations ont pu être favorisées par sélection naturelle et un segment évoluer en un outil spécifique répondant à une nouvelle possibilité plutôt que créer un organe de toute pièce plus coûteux en terme évolutif."

Il y a toujours la tentation de mettre une "volonté" derrière tout ça, alors que c'est la vieille rencontre du hasard et de la nécessité (Jacques Monod)...
Avant c'était dieu, mais je trouve parfois un discours "technologique" qui conçoit la vie comme une sorte d'ingénierie, une machine qui se construit et donc avec des capacités à concevoir au préalable. A mon avis cela vient d'un amalgame entre la technologie que la science utilise pour étudier le vivant et les règles mêmes du vivant qui suivent, elles, les lois darwiniennes, que ces chercheurs cherchent à affiner.

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Eretol

Cool, mais... aie ma tête ! Il ne faut pas lire ça si on est trop fatigué. :jap: :zzz:

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franckpiton

pierrelaurent
Cher "Seals" certes cette article est trait interessent.
Mais, je cite, "Au fil des millions d'années et des nouvelles contraintes environnementales du milieu, un animal peut plus facilement spécialiser un segment pour en faire un outil spécifique répondant à un besoin plutôt que créer un organe de toute pièce."
Cela ressemble comme deux moitiés de camenbairre à du créationnisme, plutôt que du Darwinisme. Me trompe-je ? Lyssenko et les croyants ne sont pas loin. Os court !
Merci de votre attention.

Oui, je me croyais parano, mais alors là pierrelaurent, bienvenu au club !

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pierrelaurent

Ah ! Enfin quelques réponses intelligentes à cette "news" comme vous dites.
Il faut dire que la première m'avait un peu déçu, et que, manquant un rien de substance et d'orthographe, elle nécessitait un rien de complément, fût-il un peu plus argumenté, voire provocateur.

Certes, je ne suis pas la moitié d'un imbécile, mais je crains de ne pas tout avoir compris à l'argumentation de "Durand" qui est peut-être un maître en la matière, mais dont l'universalisme m'échappe quelque peu.

Par contre, "Noxx" a été d'une clarté limpide et a exprimé en termes adéquats ce que ce cher Darwin, réinventant sans s'en rendre compte (?) les lois immuables de la physique (entropie, thermodynamisme) a fait oeuvre utile et fertile, et jamais scientifiquement démentie : sa (Noxx) citation de J. Monod est pertinente un max (ou "à mort") comme disent les d'jeunes, j'veux dire un p'tit peu quèk part.

Pour finir, l'hypothèse de la fragmentation est conceptuellement défendable mais pas indispensable (*): un accident de l'évolution qui a donné à certains êtres vivants une possibilité de spécialiser (selon les règles du hasard) certains segments qui, pour certains finirent par fusionner : nous en sommes un vivant exemple avec nos vertèbres, avec à côté des organes, chacun unique, et non associé à une vertèbre particulière. J'exabuse probablement, mais n'y a-t'il pas encore actuellement des animaux primitifs ayant plusieurs coeurs etc ?

Quant à "franckpiton", nous avons un point commun : ce n'est pas parce qu'on est paranoïaque que tout le monde ne nous en veut pas (ceci est une plaisanterie que le modérateur, dans son immense mansuétude laissera passer ou non)

(*) Citons pour l'exemple les poulpes, qui -je viens de l'apprendre récemment- non seulement ne sont formés que d'un seul segment, mais ont en plus une capacité devinatoire en certains domaines...

Merci de votre attention.