Instabilités dans l'organisation spontanée du trafic de piétons

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Une collaboration entre le Centre de recherches sur la cognition animale (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier), l'Institut de mathématiques de Toulouse (CNRS/INSA Toulouse/Université Toulouse I - Capitole/Université Toulouse II - Le Mirail/Université Toulouse III - Paul Sabatier), le centre Inria Rennes - Bretagne Atlantique et le Laboratoire de physique théorique (CNRS/Université Paris-Sud) a permis de montrer que le confort de marche individuel nuit à l'efficacité collective dans l'organisation du trafic piétonnier. Ces résultats ont récemment été publiés dans la revue PLoS Computational Biology.

Dans une foule de piétons, les interactions entre les individus sont à l'origine d'une grande variété de comportements collectifs. C'est le cas par exemple du phénomène de formation de files, qui apparait lorsque deux flux de piétons se déplacent en direction opposée dans un même lieu, un couloir de métro ou une rue. Dans cette situation, les piétons se partagent spontanément l'espace disponible pour former une sorte « d'autoroute à piétons ». Cette organisation collective a pour effet d'améliorer la qualité du trafic piétonnier à grande échelle. Toutefois, les mécanismes comportementaux impliqués dans ce phénomène restent assez mal compris et les bénéfices fonctionnels de cette organisation n'ont encore jamais été mesurés.

Figure : Au cours de l'expérience mise en place par les chercheurs, 60 sujets sont divisés en deux groupes qui se déplacent en directions opposées. Le trafic se structure en deux files distinctes après une vingtaine de secondes. Cette organisation collective disparaît quelques instants plus tard (à 40 secondes, on observe 4 files sur la moitié de l'anneau et une phase désordonnée sur l'autre moitié), avant de réapparaitre de nouveau. © CNRS - Inria

Les quatre laboratoires de recherche français, qui représentent quatre disciplines, les mathématiques, la physique, l'éthologie et l'informatique, ont combiné leurs méthodologie pour réaliser une série d'expériences de grande envergure (1), destinées à mieux comprendre les mécanismes de structuration spontanée du trafic piétonnier. Dans des conditions standardisées de laboratoire, où deux flux de piétons constitués de 30 sujets volontaires se déplacent en sens opposé dans un couloir circulaire, les chercheurs ont observé une organisation spontanée des flux en 2, 3, voire 4 files de circulation. Ces phases organisées en files sont cependant instables et s'alternent au cours du temps avec des phases de désorganisation (voir Figure).

Quels sont les mécanismes à l'origine de ces instabilités ? L'analyse des résultats montre que ces perturbations du trafic sont une simple conséquence des différences entre les vitesses de marche des piétons. Les piétons les plus rapides, temporairement ralentis par les plus lents, ont tendance à quitter leur file pour dépasser leur prédécesseur et retrouver ainsi leur vitesse de confort. Cette perturbation locale de l'organisation collective s'amplifie, puis conduit les files à se scinder et finalement, c'est l'ensemble du trafic piétonnier qui se désorganise.

A l'aide de simulations numériques, les chercheurs ont pu mettre en évidence que les phases de désorganisation sont d'autant plus fréquentes que les vitesses de marche entre les piétons sont différentes. D'un point de vue fonctionnel, le trafic piétonnier est 20% plus efficace dans une foule homogène au sein de laquelle tous les piétons marchent à la même vitesse, que dans une foule très hétérogène. Ainsi, c'est en essayant de préserver un confort de marche à une vitesse préférée que certains piétons réduisent la qualité du déplacement de l'ensemble du groupe.

Ces travaux permettent de mieux comprendre les mécanismes d'auto-organisation qui structurent le déplacement des foules. A l'avenir, ces connaissances pourraient servir à l'aménagement des espaces urbains de manière mieux adaptée au comportement des piétons, en créant par exemple des voies de déplacement rapides et lentes dans certaines zones urbaines.

Note:

(1) Ces expériences ont été réalisées à l'Université de Rennes 1, avec la collaboration du laboratoire Mouvement, sport, santé (ENS Cachan/Université de Rennes 2) et dans le cadre du projet PEDIGREE soutenu par l’ANR SYSCOMM.

Référence:

Traffic instabilities in self-organized pedestrian crowds, Mehdi Moussaïd, Elsa Guillot, Mathieu Moreau, Jérôme Fehrenbach, Olivier Chabiron, Samuel Lemercier, Julien Pettré, Cécile Appert-Rolland, Pierre Degond, Guy Theraulaz, PLoS Computational Biology (2012), 8(3):e1002442, doi:10.1371/journal.pcbi.1002442.

PA
passant

A ce problème, je dirai par constat, que généralement les personnes marchant en sens inverse, il arrive à 90% que les personnes s'obliquent étant arrivées à quelques mètres l'une de l'autre.

Deux personnes marchent en sens inverse. Une personne marche dans un sens. Une autre personne marche dans l'autre sens. Les personnes vont dans le sens du croisement, or, il se passe qu'une personne arrivant à quelques mètres, de face à l'autre personne, et bien oblique cette persoone, c'est à dire, que si les personnes sont respectivement placées de façon à se croiser du côté du bras droit pour chacune et bien il se passe qu'une personne oblique l'autre personne juste avant le croisement, ce qui fait que le croisement se fera alors bras droit bras gauche ce qui ne manque pas alors de créer des gênes, parfois des mots, parfois de la mauvaise humeur entre les personnes.

LO
Loindici

Pour ce qui est des files rapides et lentes pour piétons, notons que c'est une organisation spontanée (et culturelle j'imagine) qu'on retrouve dans les escalators parisiens (et sans doute ailleurs). Le panneau "tenez la rampe" s'est changé en pratique à un "si vous vous laissez porter, tenez votre droite", "si vous voulez gravir les marches, prenez la gauche". Si bien que quand quelqu'un pépèrise à gauche, il se fait méchamment tamponner par les grimpeurs.

Il est aussi amusant de voir que les flux sont identiques que sur routes. Dès qu'il y a du monde ça bouchonne grave (sans doute à cause des différences de vitesse et des changements de file difficiles). Et dans les couloirs, on se pose naturellement à droite, et on double à gauche, parfois en franchissant la ligne blanche (et là on passe pour un sauvage, de la même manière que si on double sur la droite^^).

A-t-on essayer de faire le même test avec d'un côté des femmes et de l'autre des hommes ? (ou avec que des femmes, ou que des hommes) C'est pas une plaisanterie^^. Les hommes sont en même temps "en chasse" donc leur attention peut se porter sur "autre chose" et donc altérer leur trajectoire quand elle ne le sera pas chez les femmes.

Parce que... petite expérience perso [je raconte ma life on] : je marche le long d'un étang et un joggeur court en face de moi en sens contraire. Son attention se perd sur trois nanas sur ma droite et il ne me voit pas en face de lui. En règle générale, c'est à lui de modifier sa trajectoire (je me promène quoi et je change pas de ligne), sauf que là quand il me voit apparaitre, le gars prend peur, manque presque de me bousculer, et je m'en tire avec un grossier "hé ho !!". Manquerait plus qu'il m'ait mis à terre et qu'il me demande de m'excuser. Et là, on aurait eu la même mauvaise foi qu'on rencontre chez les automobilistes, sauf que là, je l'avais droit en face de moi et j'ai bien vu qu'il avait toute l'attention portée sur ces nanas.

PA
passant

Loindici
Pour ce qui est des files rapides et lentes pour piétons, notons que c'est une organisation spontanée (et culturelle j'imagine) qu'on retrouve dans les escalators parisiens (et sans doute ailleurs). Le panneau "tenez la rampe" s'est changé en pratique à un "si vous vous laissez porter, tenez votre droite", "si vous voulez gravir les marches, prenez la gauche". Si bien que quand quelqu'un pépèrise à gauche, il se fait méchamment tamponner par les grimpeurs.


Il est aussi amusant de voir que les flux sont identiques que sur routes. Dès qu'il y a du monde ça bouchonne grave (sans doute à cause des différences de vitesse et des changements de file difficiles). Et dans les couloirs, on se pose naturellement à droite, et on double à gauche, parfois en franchissant la ligne blanche (et là on passe pour un sauvage, de la même manière que si on double sur la droite^^).


A-t-on essayer de faire le même test avec d'un côté des femmes et de l'autre des hommes ? (ou avec que des femmes, ou que des hommes) C'est pas une plaisanterie^^. Les hommes sont en même temps "en chasse" donc leur attention peut se porter sur "autre chose" et donc altérer leur trajectoire quand elle ne le sera pas chez les femmes.

Si les fourmis pouvaient nous lire, que diraient-elles de nos problèmes...