La vitamine D à l’origine de calculs rénaux ?

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Indispensable à la croissance durant l’enfance, la consommation de calcium et de vitamine D assurent la robustesse du squelette humain et préviennent l'ostéoporose en favorisant l’absorption du calcium qui va se fixer sur les os. La norme de la concentration en vitamine D dans le sang préconisée par les instances médicales a été modifiée il y a quelques années, passant de [7-30] à [30-100] ng/mL. Des suppléments sont donc largement prescrits comme compléments alimentaires et comme médicaments afin d’atteindre une concentration de 30 ng/mL ou plus dans le sang.

Or, des études récentes ont démontré l’absence de bénéfice clinique de l’administration de vitamine D, y compris sur la réduction du risque de fractures osseuses. La consommation de calcium est nécessaire à la minéralisation de l’os et n’induit pas la formation de calculs chez l’homme. Par contre, un lien entre la prise de vitamine D et l’apparition de calculs rénaux a été récemment évoqué.

Pour comprendre les relations qui existent entre la prise de vitamine D et le calcium présent dans l’organisme, les chercheurs du Laboratoire de chimie de la matière condensée de Paris (CNRS/UPMC/Collège de France) et du Service des explorations fonctionnelles multidisciplinaires ont administré à des rats, de manière prolongée et à fortes doses, soit du calcium, soit de la vitamine D, soit les deux.

Au bout de 6 mois, l'administration de calcium seul n'a pas induit le développement de calculs rénaux, et l'administration de vitamine D seule n’a eu que très peu d’effet. Par contre, l’apport combiné de calcium et de vitamine D entraîne une hypercalciurie (concentration excessive en calcium dans l'urine) et l’apparition de calculs rénaux volumineux.
Cette étude soulève donc la question du bien-fondé de l'administration systématique de suppléments de vitamine D, et montre son rôle lithogène* potentiel chez le sujet qui consomme par ailleurs du calcium en quantités recommandées.

Note:
Ensemble des phénomènes qui produisent un calcul
.

Publication:
Letavernier E., Verrier C., Goussard F., Perez J., Huguet L., Haymann J.P., Baud L., Bazin D. & Daudon M.
Calcium and vitamin D have a synergistic role in a rat model of kidney stone disease
Kidney Int. 27 juillet 2016
doi.org/10.1016/j.kint.2016.05.027

Contacts chercheurs:

  • Emmanuel Letavernier, Service des explorations fonctionnelles multidisciplinaires – Paris
  • Dominique Bazin, Laboratoire de chimie de la matière condensée de Paris
TA
taki

Bonjour, vous auriez une référence pour cette affirmation

Or, des études récentes ont démontré l'absence de bénéfice clinique de l'administration de vitamine D, y compris sur la réduction du risque de fractures osseuses.

La publication sur laquelle vous faite une news indique clairement le contraire en posant son paradygme, et ne trouve un intérêt que dans l'équilibre avantage/risque du traitement de vitamine D, si l'administration de vitamine D n'a pas d'impact sur la déminéralisation osseuse il est sans sujet.

Vitamin D supplementation in humans should be accompanied by calcium administration to avoid bone demineralization through vitamin D receptor signaling.