Les atomes en mouvement bientôt vus aux rayons X

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Pour scruter la matière en mouvement à l'échelle atomique, les chercheurs du monde entier rivalisent d'imagination. Une équipe franco-japonaise est tout près d'y parvenir avec des rayons X.

C'est sur le prototype de l'accélérateur SCSS, au Japon, que Marie-Emmanuelle Couprie
a démontré les performances de son laser à électrons libres.
Il a permis d'obtenir des flashes intenses de couleur et de durée très précises
dans le domaine de l'ultraviolet extrême (de 23 à 160 nanomètres)

Obtenir des rayons X si intenses et d’impulsions si courtes qu’ils pénétreraient au cœur de la matière et pourraient « filmer » les atomes en mouvement : tel est le rêve actuel de nombreux physiciens. Et l’équipe franco-japonaise de Marie-Emmanuelle Couprie et Toru Hara (1) ne déroge pas à la règle. Dans cette quête, ces chercheurs ont récemment perfectionné un outil très prometteur : le laser à électrons libres.

Grâce à lui, ils ont déjà réussi à produire des flashes ultraviolets intenses d’une grande précision. Or dans la grande famille des rayons, les ultraviolets sont les cousins les plus proches des rayons X (2). Autant dire que les scientifiques ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils souhaitent désormais réitérer la performance dans le domaine des rayons X, particulièrement intéressant pour accéder à la structure atomique de la matière mais aussi pour étudier le vivant… Ces travaux ont été publiés dans la revue Nature Physics.

Les synchrotrons, des accélérateurs de particules, sont capables de générer des impulsions de plusieurs couleurs, courtes de quelques dizaines de picosecondes (3) et très intenses. Ces sources de lumière dites de troisième génération permettent déjà d’explorer la matière en détail mais ne sont pas suffisantes : « Avec des rayonnements plus intenses, il devient possible d’identifier des espèces chimiques très diluées ou d’étudier, en une seule fois, des échantillons biologiques qui se dégradent au cours du temps, explique Marie-Emmanuelle Couprie, physicienne au synchrotron Soleil (4). D’autre part, avec des impulsions plus courtes, on peut accéder à la dynamique des processus élémentaires : on peut voir, par exemple, comment une molécule se dissocie lors d’une réaction chimique. »

Les lasers à électrons libres, sources de lumière de quatrième génération, peuvent justement produire des rayonnements plus performants : ils sont générés avec des faisceaux d’électrons accélérés à grande vitesse, dans des accélérateurs de particules, et amplifiés grâce à la lumière émise par les électrons eux-mêmes. En sortie, les lasers produisent des impulsions lumineuses d’une seule couleur, extrêmement courtes (quelques dizaines de femtosecondes (5)) et très intenses. Un défaut toutefois : la longueur d’onde et la durée de ces impulsions sont trop fluctuantes, pas assez précises. Or, ces caractéristiques sont importantes pour mieux comprendre les modifications qui s’opèrent au sein de la matière.

Pour y remédier, Marie-Emmanuelle Couprie a donc imaginé un nouveau type de laser à électrons libres. L’idée : amplifier le faisceau d’électrons de départ non plus avec la lumière émise par les électrons mais avec un rayonnement extérieur, de très courte longueur d’onde, produit dans une cellule de gaz rare. Avec cette technique, testée pour la première fois au Japon, les chercheurs ont réussi à produire des flashes de couleur et de durée très précises dans le domaine de l’ultraviolet extrême (entre 23 et 160 nanomètres), sans qu’ils perdent de leur intensité. Prochaine étape : obtenir un rayonnement de longueur d’onde encore plus courte, pour pénétrer enfin dans le domaine des rayons X.

En attendant, cette nouvelle source de lumière sera intégrée dans un futur projet français baptisé Arc-en-Ciel. Elle a aussi une place réservée auprès de certains lasers à électrons libres « classiques », dont le laser Flash, à Hambourg.

Notes:

(1) Équipe Soleil / CEA-SCSS / SPring-8.
(2) Les ultraviolets ont une longueur d'onde comprise entre 10 et 400 nanomètres. En dessous de 10 nanomètres, on entre dans le domaine des rayons X.
(3) 1 picoseconde = 10 -12 seconde.
(4) Synchrotron français situé à Saclay, commun au CNRS et au CEA.
(5) 1 femtoseconde = 10
-15 seconde.

VI
Victor

Dans ce cas là les photons/électrons doivent être assez perturbateur... Non?

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buck

si le pulse est assez court non

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bongo1981

Plus la longueur d'onde est courte, et plus la perturbation du mouvement des particules est importante.

Est-ce qu'éclairer une réaction chimique avec un tel dispositif ne va pas dénaturer ce qui se passe normalement ?

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buck

On denature mais assez peu (le hic c'Est de quantifier ce assez peu)
Il me semble que si le pulse est suffisament court (plus court que les temsp de reaction moleculaires) la molecule n'a pas le temps d'emmagasiner l'energie envoyee.
Si je fait une analogie avec ce sur quoi je suis en ce moment: un element de protection ESD peut laisser passer pdt 2-3 ns un signal depassant ses capacite (BV pour une diode) cela ne detruira pas les dispositifs derrieres lui.
Par contre si il laisse passer le signal pdt 50ns, c'est mort.

VI
Victor

Si j'ai bien compris il y a une partie cinétique de chimie moléculaire et une partie optique adsorption/émission... ça doit être calé d'étudier ça

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M.Quitant

On devrais donc enfin savoir si le chat de monsieur Schrodinger est mort ou vivant.
C'est ça ?

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buck

M quitant: non, on a tjs ce soucis. Par contre ce qu'on veux c'est voir ou sont les atomes et dans quelle configuration. A priori il n'y a pas de soucis

Victor: oui ca doit etre dur a prendre en compte. MAis au final on se debrouille pour ne pas etre dans la zone ou les phenomenes optique soient preponderants. C'ets deja bien de voir les premiers parametres influents. Ca necessitera d'affiner plus tard (leur passage vers le X et reduction du pulse)

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M.Quitant

Merci buck. :jap:

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buck

de rien

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Ze Venerable

Comme toujours il faut que la longueur d'onde soit du même ordre que ce que l'on cherche à observer, c'est pareil en acoustique

VI
Victor

Ze Venerable
Comme toujours il faut que la longueur d'onde soit du même ordre que ce que l'on cherche à observer, c'est pareil en acoustique

Oui mais c'est aussi la condition pour créer des interférences

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buck

Victor


Ze Venerable
Comme toujours il faut que la longueur d'onde soit du même ordre que ce que l'on cherche à observer, c'est pareil en acoustique


Oui mais c'est aussi la condition pour créer des interférences

plait il?

VI
Victor

On utilise en optique ce phénomène pour créer des réseaux d'interférences, les réseaux sont des stries répétitives de la même longueur ou à peu près que la longueur d'onde que l'on veut diffracter, les contributions des ondes réfractées sont répétitives et constructives, et elles donnent un rayon plus mono chromatique

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Ze Venerable

C'est via un phénomène d'interférence que l'on observe les atomes dans ce type de technique ?

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buck

non il me semble que c'est direct ...

VI
Victor

Vous éclairez et vous observez... Les interférences seraient plutôt des parasites... Non ?

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buck

Victor
Vous éclairez et vous observez... Les interférences seraient plutôt des parasites... Non ?

ca ca depend de ce que tu recherche, dans certains cas oui , d'autres non.
PAr contre ici je ne suis pas sur qu'ily ai recombinaison du signal avec l'original, qui est la condition pour faire des interferences. C'est plus tu prend des cliches

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bongo1981

merci buck pour l'analogie

Pour discriminer s'il faut prendre en compte l'effet ondulatoire, il suffit de comparer la taille des objets que l'on veut observer, et la longueur d'onde du rayonnement utilisé.

Les rayons X ont pour longueur caractéristique : entre 5 pm (5e-12 m) et 10 nm (1e-8 m).

La taille caractéristique des atomes est 1e-10 m (donc pour la borne la plus énergétique, il n'y a pas d'interférence, et c'est bien une observation directe, en optique géométrique).

VI
Victor

Oui Bongo mais là il parle de molécules qui sont beaucoup plus grandes

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buck

Merci Bongo, comme en plus on n'est pas encore en X, ca le fait encore moins.
En tout cas l'observation des transitoires c'est qd meme assez dur (et leur simu... j'ai besoin de resultats de simulation sur une diode et ca foire en plein dedans .... rhhaaaaaaaaa)

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buck

Victor: une molecule ca va de H2 a des longues chaines carbonnees qui font qq centimetres. La ils parlent plutot d'atomes dc on reste dans le range nanometre - angtroms.
Et pour moi molecule ca reste par defaut a qq atomes ensemble, sinon il y a precision (longue chaine)

VI
Victor

Tu as raison dans un cristal c'est de l'ordre de qq 0.1 nanomètres ça doit être pareil pour des molécules simples du style H²O

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buck

en effet 0.5 nm pour le silicium.
Pour une molecule ca peut etre plus grand mais pas exceder les 10nm a mon avis, sauf cas exotique (condensat, paires de cooper ... mais ce n'est plus des molecules la)

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bongo1981

Oui mais on s'intéresse aux liaisons entre atomes (et non à une molécule entière), donc c'est de l'ordre de la centaine de picomètres (j'avais pour mémoire une liaison C-C à 154 pm).