Les îles de la Madeleine seront sauvées par... des champignons

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Chercheurs et bénévoles madelinots se livrent à une plantation d'ammophiles, qui s'enracinent dans les dunes. (Photo: Alice Roy-Bolduc)

Menacées par l'érosion, les dunes de sable des îles de la Madeleine pourraient être sauvées par des champignons. Ou plus exactement par des champignons mycorhiziens, ces organismes filamenteux qui, associés aux plantes, leur permettent de se développer et de croitre. «Sans champignons mycorhiziens, la végétation des îles de la Madeleine n'a presque aucune chance de survie. Ce sont les piliers de l'écosystème», lance Alice Roy-Bolduc, de l'Université de Montréal.

L'étudiante à la maitrise en sciences biologiques se concentre actuellement sur l'analyse d'un important échantillonnage constitué l'an dernier sur l'île du Havre aux Maisons. Grâce aux systèmes robotisés du Centre sur la biodiversité de l'Université de Montréal, le premier inventaire des microorganismes de l'archipel pourrait enfin documenter cette symbiose.

«La plante la plus commune qu'on trouve sur la côte est l'ammophile à ligule courte, dont le système s'enracine profondément dans le sable, indique l'étudiante rattachée au laboratoire du mycologue Mohamed Hijri. Elle est bien adaptée à son milieu, mais elle est vulnérable. En déterminant la meilleure association possible avec des champignons mycorhiziens, on pourrait favoriser sa croissance et ainsi proposer des interventions plus efficaces en matière de revégétalisation», annonce la jeune femme au cours d'un entretien au Jardin botanique de Montréal, où loge l'Institut de recherche en biologie végétale.

Comme elle l'explique dans un texte paru récemment dans la revue Quatre-Temps, les champignons mycorhiziens sont présents «dans tous les écosystèmes terrestres et on estime à environ 80 % la proportion des plantes sur terre évoluant en symbiose avec ces champignons. Ce type d'association symbiotique existe depuis le début de la vie terrestre et a même joué un rôle clé dans l'établissement des premières plantes hors de l'eau, il y a 450 millions d'années.»

Les plants d'ammophile ne seront pas d'un grand secours si une tempête majeure vient arracher des morceaux de côte - comme cela s'est produit le 21 décembre 2010, alors que les berges des îles de la Madeleine ont reculé de deux mètres à plusieurs endroits -, mais ils pourraient permettre d'en renforcer plusieurs segments. «C'est une solution douce aux problèmes d'érosion, et beaucoup plus durable que le remblaiement», déclare la bachelière en environnement de l'Université McGill.

La sauvegarde des dunes est l'affaire de tous. (Photo: Alice Roy-Bolduc)

Analyse en cours

Revenue de son expédition dans l'archipel avec des centaines d'échantillons puisés dans un site représentatif du système dunaire des îles (son colis envoyé par bateau pesait 150 kilos), l'étudiante doit répertorier toutes les traces possibles de matière organique. À partir de là, elle identifiera les champignons mycorhiziens présents à différents endroits de la côte. Éventuellement, cette liste permettra de mieux connaitre les meilleures combinaisons plantes-champignons pour favoriser la croissance des végétaux.

L'organisme Attention FragÎles estime que 71 % des côtes des îles de la Madeleine sont touchées par l'érosion. «Selon les scientifiques, le scénario le plus probable prévoit que d'ici 2050 le recul des côtes sera de 80 mètres en moyenne pour les plages et de 38 pour les falaises rocheuses», peut-on lire dans le dernier rapport annuel de l'organisme.

C'est un phénomène préoccupant qui pourrait être accentué par le réchauffement climatique. L'épaisse couche de glace qui recouvrait jadis les rivages est moins présente, sinon carrément inexistante certains hivers. Elle joue donc moins son rôle de protection des rives.

En collaboration avec Attention FragÎles et le cégep de la Gaspésie et des Îles, la biologiste participe à un projet de revégétalisation qui fera une place aux champignons mycorhiziens dès l'été 2012. «C'est un projet à très petite échelle et que je ne qualifierais pas de scientifique, mais on veut tout de même tenter l'inoculation de champignons en association avec les plantations. Nous verrons bien ce que ça donnera...»

C'est à l'occasion d'un premier séjour d'études aux îles de la Madeleine que la jeune femme est tombée amoureuse de leur écosystème si particulier. Elle avait eu le mandat d'étudier les forêts des îles. «On ne le soupçonne pas, mais environ le quart du territoire est constitué de forêts. Celles-ci ont un rôle essentiel dans la filtration des eaux notamment.»

Entièrement dépendants des nappes phréatiques, les quelque 13 000 Madelinots s'inquiètent de la qualité de leur eau potable. Tout projet d'étude permettant d'approfondir les connaissances sur l'écosystème de l'archipel est donc bien accueilli. Le nombre de personnes qui fréquentent les îles triple durant la saison touristique.

Alice Roy-Bolduc a pu entamer ses travaux de recherche après avoir communiqué avec Mohamed Hijri. Stéphane Boudreau, de l'Université Laval, est son codirecteur de recherche. Elle a obtenu en 2011 plusieurs bourses  pour mener ses travaux: bourse d'excellence de la Faculté des études supérieures et postdoctorales, bourse de maitrise en recherche du Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies, bourse de la Coalition pour la viabilité du sud du golfe du Saint-Laurent et bourse du Cercle des mycologues de Montréal.

Elle croit que son travail relève de la recherche fondamentale en biologie végétale, mais elle espère lui donner un volet appliqué. D'ailleurs, sa première idée était de favoriser une industrie locale du champignon comestible. Elle s'est découvert une véritable passion pour la mycologie alors qu'elle parcourait les forêts des îles dans le cadre de son projet de recherche.

Avec le professeur Hijri, elle s'est tournée vers les champignons microscopiques, mais elle n'a rien oublié des chanterelles et des bolets.

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macland

Personnellement, c'est ma gourmandise qui parle, je ne connaissait que celle qui donne des Truffes (tuber-mélanosporum)...
Cisou9 doit connaitre en Luberon...
Qu’est-ce que la mycorhization ? => http://www.ofme.org/crpf/documents/fiches/214003.pdf
Qu’est-ce que la mycorhization ?
Le champignon donne à l’arbre des sels minéraux (phosphore notamment)
L’arbre donne au champignon des sucres et des substances de croissance.
Le champignon se forme à partir du mycélium issu des mycorhizes. Toutes les variétés ne donnent pas des carpophores (partie visible) .
Les mycorhizes sont des organes de la symbiose entre le mycélium et l’arbre.
Une association à bénéfice mutuel La symbiose mycorhizienne est une association à bénéfice mutuel entre un végétal et un champignon car : L’arbre seul est moins efficace pour prélever dans le sol, en quantité suffisante, la plupart des éléments minéraux dont il se nourrit ;
Le champignon de son côté ne peut survivre que grâce aux sucres que l’arbre lui fournit.
Les mycorhizes sont des organes mixtes situés sur les racines des végétaux, formés par la juxtaposition de deux types d’organismes : la plante supérieure et les filaments mycéliens souterrains du champignon (hyphes).
La totalité des espèces végétales, à l’exception des Crucifères, Chénopodiacées, Joncacées, Saxifragacées et de certaines plantes aquatiques, sont mycorhizées.
Les champignons : des rabatteurs d’aliments !
Les champignons vont puiser dans le sol les éléments minéraux, et plus particulièrement les moins mobiles tels que le zinc, le cuivre et le phosphore, indispensables au développement de l’arbre.
Les mycorhizes jouent un rôle important dans l’assimilation de certaines formes d’azote ainsi que dans l’absorption de l’eau du sol.
Certaines espèces ou souches de champignons produisent des substances de croissance (auxines, cytokinine, vitamines, ...) nécessaires aux plantes.
Enfin, quelques champignons ont le pouvoir de constituer pour l’arbre une protection sanitaire ou de pallier à l’excès de calcaire actif.
Les arbres, fournisseurs d’énergie
Dépourvu de chlorophylle, le champignon ne peut puiser son énergie et trouver les sucres qui lui sont nécessaires, que chez le végétal qui l’accueille.
L’arbre va également lui fournir vitamines et substances de croissance qui stimuleront le développement du mycélium et le feront fructifier. Le carpophore est la partie aérienne de cet organisme essentiellement souterrain que nous appelons vulgairement « champignon » ; il est produit lors de la fructification.
Une « association » fragile mais bénéfique
Fragilité
La mycorhization est sensible à de nombreux facteurs :
• sécheresse,
• excès d’eau,
• température trop élevée,
• excès d’azote et de phosphore, …
Avantages
• Stimulation de la croissance du végétal
• Amélioration de sa nutrition minérale
• Augmentation de sa tolérance à certains facteurs tels que le stress hydrique, la salinité et le calcaire du sol
• Amélioration de sa résistance aux agents pathogènes du sol
Sources : article de Forêt de France n°344 (Charles Allegrini) – Fiche Mycorhization du « Guide technique du forestier méditerranéen français » (Cemagref)...!..

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cisou9

:_salut:
J'aime la truffe mais je ne connais pas les coins ou il y en a et je n'ai pas d'animal pour les détecter.
J'aime aussi les morilles et les giroles.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mycorhization

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TBBUIM

Pour trouver des truffes, le marquage de brûlés sous les arbres peut être un premier indicateur d’une présence potentielle de truffes (différentes espèces).
Il vous faut des conditions assez ensoleillées, pas trop glacées et une baguette pour soulever les feuilles sous les arbres (noisetiers, chênes, charmes…).
Les petites mouches prises de panique s’envolent en une nuée formant une colonne virevoltante et irisée sous les rayons du soleil.
Après quelques secondes, il suffit de repérer où se posent ces mouches (Genre Suillia qui comporte plusieurs espèces). La truffe n’est pas loin en dessous… Après il ne reste plus qu'à avoir un peu de chance...

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cisou9

:_salut:
Merci TBBUIM et bon dimanche à tous. :bieres: