Les primates ne pensent pas comme les humains au repos

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(c) guenterguni

Une équipe internationale impliquant le CEA-Jacob (MIRCen) révèle que le réseau cérébral actif au repos, associé à des capacités cognitives très élaborées chez l'homme, n'est pas présent à l'identique chez les primates non humains.

Le cerveau humain est organisé en réseaux fonctionnels impliquant différentes régions cérébrales qui communiquent entre elles par des voies privilégiées. Ces réseaux assurent des fonctions telles que l'analyse d'informations ou le contrôle des mouvements et sont présents chez tous les primates.

Un des réseaux les plus énigmatiques du cerveau est le « réseau du mode par défaut ». Identifié pour la première fois chez les humains, ce réseau est actif uniquement lorsque le sujet est au repos, en l'absence de mouvement ou d'action cognitive particulière. Il est associé à l'introspection et à la planification. Ce réseau du mode par défaut existe-t-il également chez les autres primates ?

Pour le savoir, des chercheurs de MIRCen et leurs partenaires ont caractérisé les réseaux cérébraux de quatre espèces de primates en IRM fonctionnel (IRMf) : l'humain, le macaque, le ouistiti et le plus petit primate du monde, le microcèbe murin.

Pour cela, ils ont adapté aux différentes espèces de primates la méthodologie d'analyse d'images d'IRMf que les scientifiques de MIRCen avaient mise au point pour étudier des réseaux cérébraux du microcèbe.

Chez les humains au repos, le réseau du mode par défaut est caractérisé par des connexions entre des régions cérébrales spécifiques - notamment entre le cortex préfrontal médian, chargé de la manipulation de l'information, et le cortex cingulaire postérieur, impliqué dans la régulation des interactions entre régions cérébrales.

Chez les trois primates non humains étudiés, certaines de ces connexions ne sont pas présentes, et le cortex préfrontal médian et le cortex cingulaire postérieur ne sont que faiblement connectés.

Ces résultats semblent indiquer que le cortex préfrontal médian et le cortex cingulaire postérieur n'ont été associés que récemment dans l'évolution des primates, menant à un remodelage du réseau du mode par défaut chez les humains. Celui-ci aurait favorisé leur aptitude à l'abstraction et permis le développement de leurs capacités cognitives.

En effet, le cortex préfrontal médian a un rôle important dans les processus cognitifs suivants :

  • manipulation flexible de l'information ;
  • élaboration de stratégies pour des prises de décisions non impulsives ;
  • régulation des émotions ;
  • motivation ;
  • sociabilité, etc.

L'activité du cortex cingulaire postérieur, quant à elle, est importante pour la cognition et pour la régulation de l'attention pour l'exécution d'une tâche.

Références:
An evolutionary gap in primate default mode network organization | Cell Reports

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eiffel

on peut en déduire que se mettre au repos, ne rien faire, favorise l'abstraction !

je ne sais pas si nos enfants, fortement sollicités, notamment par les jeux (téléphone, tablette) ont ce luxe aujourd'hui...

NO
Noxx

Le genre de protocole "gruyère" : trois primates à comparer avec l'Humanité, mais le présupposé de la supériorité du cerveau humain suffit comme justification... On affirme avoir mis en évidence un processus évolutif sans avoir utilisé les primates les plus proches de nous... A part observer des connexions dans certains endroits du cerveau, on ne sais pas si un cerveau qui réfléchit fait la même chose qu'un cerveau qui ne réfléchit pas... Mais cela n'empêche pas d'affirmer des choses de façon définitives.