Maïs transgénique MON 810: nouvelle interdiction de culture en France

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La culture, l'utilisation et la commercialisation des variétés de semences de maïs génétiquement modifié (Zea mays L. lignée MON 810) viennent d'être interdites en France par un arrêté du 14 mars 2014. Cette réglementation fait suite à l'annulation de l'interdiction de culture par le Conseil d'État d'une précédente interdiction de culture. En effet la juridiction avait jugé que les motivations de la précédente interdiction n'étaient pas assez étayées (voir notre article Maïs transgénique MON810: annulation de l'interdiction de culture).

En attendant qu'une loi, dont l'examen par le Parlement est prévu dans 1 mois, ne puisse être adoptée, et considérant que les ensemencements des champs vont vite avoir lieu en raison notamment de la météo clémente, cette réglementation a été prise. Nous reproduisons à la suite, les motivations de la nouvelle réglementation:

1. Considérant qu'en application des articles 1er et 5 de la Charte de l'environnement, lorsqu'il existe des éléments circonstanciés de nature à accréditer l'hypothèse d'un risque de dommage grave et irréversible pour l'environnement, qui justifierait, en dépit des incertitudes subsistant quant à sa réalité et à sa portée en l'état des connaissances scientifiques, l'application du principe de précaution, il incombe à l'autorité compétente de l'Etat de prendre, eu égard à la plausibilité et à la gravité du risque, les mesures appropriées à sa prévention ;

2. Considérant, en premier lieu, que le maïs MON 810 a été autorisé en 1998 sur la base de la directive 90/220, dont les exigences en matière d'évaluation du risque sont beaucoup plus faibles que celles mises en place actuellement en application de la directive 2001/18 qui l'abroge et la remplace ;

3. Considérant que 232 variétés de semences de maïs génétiquement modifié (Zea mays L. lignée MON 810) sont inscrites au catalogue commun des variétés des espèces agricoles ;

4. Considérant que le Conseil, par l'adoption unanime des conclusions du 4 décembre 2008, a déclaré que les procédures d'évaluation du risque environnemental lié aux OGM devaient faire l'objet d'un renforcement, notamment sur les aspects liés aux impacts sur les insectes non cibles, à la définition des milieux récepteurs et aux impacts à long terme ;

5. Considérant que de nouvelles lignes directrices ont été publiées par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) en 2010 et que la Commission européenne prépare une modification des annexes de la directive 2001/18/CE, qui, avant sa publication, doit faire l'objet d'échanges entre elle et les Etats membres ;

6. Considérant que, dans ses avis du 8 décembre 2011 et du 6 décembre 2012 relatifs au maïs MON 810, l'AESA conclut que la culture de ce maïs présente des impacts sur l'acquisition de résistances par les insectes ravageurs ainsi que sur la mortalité des populations de lépidoptères sensibles et qu'elle recommande en conséquence des mesures de gestion et un renforcement des mesures de surveillance ;

7. Considérant, en second lieu, que des publications récentes apportent des éléments scientifiques nouveaux mettant en évidence des risques liés au maïs MON 810 ; qu'ainsi la publication Campagne et al. (2 juillet 2013) met en évidence un mécanisme de résistance dominante à la toxine Cry1Ab chez l'insecte ravageur Busseola fusca qui a conduit à un développement rapide de cette résistance et a rendu inefficaces les stratégies de gestion appliquées ; que la publication Mezzomo et al. (16 mars 2013) démontre que les toxines Cry1 ont un effet toxique sur les cellules, nécessitant des clarifications afin d'en évaluer le risque toxicologique pour les organismes non cibles ; que la publication Zhou et al. (13 janvier 2014) montre que la toxine Cry1Ab peut être transmise à des prédateurs auxiliaires tels que les araignées et peut avoir des effets négatifs sur ces arthropodes ; que la publication Holst et al. (10 février 2013) établit que le pollen de maïs MON 810 peut conduire à une mortalité accrue des larves d'une espèce de papillon, Inachis io, en France ;

8. Considérant qu'il ressort ainsi des avis de l'AESA et de ces publications scientifiques récentes que la culture des variétés de semences du maïs MON 810 est susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste l'environnement, ainsi qu'un danger de propagation d'organismes nuisibles devenus résistants, en l'absence de mise en œuvre de mesures de gestion susceptibles de limiter ces risques ;

9. Considérant, en troisième lieu, qu'aucune mesure de gestion de la culture des variétés de semences de maïs MON 810, destinée à limiter les risques importants pour l'environnement identifiés par les conclusions de l'AESA du 8 décembre 2011 et du 6 décembre 2012, n'est imposée par la décision d'autorisation n° 98/294/CE délivrée au titre de la directive 90/220/CEE abrogée dont le renouvellement est toujours en cours d'examen ; que cette autorisation n'impose pas non plus de mesures de surveillance ; que les mesures de gestion recommandées par l'AESA pourraient être insuffisantes pour prévenir le risque au regard des nouveaux éléments disponibles ;

10. Considérant que la Commission européenne n'a adopté, suite à la demande des autorités françaises, ni les mesures de gestion nécessaires à la protection de l'environnement, ni la suspension de la commercialisation et de l'utilisation des variétés de semences de maïs MON 810 pour protéger l'environnement, conformément à la procédure fixée à l'article 53 du règlement (CE) n° 178/2002 ;

11. Considérant que pour les raisons ci-dessus exposées, au vu de ces données scientifiques fiables et de ces résultats très récents de la recherche internationale, la mise en culture de variétés de semences de maïs MON 810 sans mesures de gestion adéquates présenterait des risques graves pour l'environnement ainsi qu'un danger de propagation d'organismes nuisibles devenus résistants ; que, par suite, le principe de précaution justifie l'adoption de mesures restrictives ;

12. Considérant qu'il y a urgence, eu égard à la proximité du début de la période de semis, à établir une interdiction de commercialisation et d'utilisation des variétés de semences de maïs MON 810 au titre de l'article 18 de la directive 2002/53/CE et à prendre des mesures conservatoires au titre de l'article 34 du règlement (CE) n° 1829/2003, conformément à la procédure fixée à l'article 54 du règlement (CE) n° 178/2002,

La commercialisation, l'utilisation et la culture des variétés de semences de maïs issues de la lignée de maïs génétiquement modifié MON 810 mentionnée dans l'arrêté du 3 août 1998 susvisé sont interdites sur le territoire national jusqu'à l'adoption, d'une part, d'une décision définitive en application de l'article 18 de la directive 2002/53/CE du 13 juin 2002 susvisé et, d'autre part, des mesures communautaires mentionnées au 3 de l'article 54 du règlement (CE) n° 178/2002 du 28 janvier 2002 susvisé

Voir aussi sur le même sujet:

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cisou9

:_salut:
Je me demande si l'Europe ne va pas ruer dans les brancards. :_grat2:

AL
alessandro pendesini

En ce qui concerene cet article je n'ose m'exprimer ! Il y a du pour et...du contre....

Par contre ce que je peux dire sans aucune réticence : Nous savons aujourd’hui qu’un grand problème de l’espèce humaine est que nous sommes trop nombreux et que dans certains Etats, du tiers et quart monde en particulier, (sans oublier les fondamentalistes israélites…., par exemple ), ils se reproduisent comme des lapins…. Si nous remplissons la Terre sans tenir compte des ressources disponibles ou qui peuvent croître facilement sans sacrifices excessifs, il deviendra impossible d’émigrer en quelques autres lieux de la planète, comme l’homme a pu le faire jusqu’à il y a quelques année, mais que -ce n’est un secret pour personne- des sérieux problèmes se profilent à présent ! Nous, les occidentaux, sommes bien placés pour le savoir…. -Question : Où pourrons-nous émigrer quand nous aurons atteint les 10-12 milliards d’humains ? C’est-à-dire, demain si rien ne change ? :grrr:

VI
Victor

On peut encore arriver à gérer avec 10 à 12 milliards pour une même surface agricole en prenant des mesures sur les choix de nourritures, soient moins de viande et plus de végétal... Maintenant s'il y a aussi la concurrence des carburants végétaux on aura des problèmes de famine... En 2010 la population des gens affamé a diminué à 20% de la population mondiale contre 45% dans les années 1960 dans le même genre de statistique la mal bouffe a progressé de 25 à 35% dans les pays occidentaux depuis 1980

IS
Isabelle

En tout cas on ne peut pas dire que l’arrêté n'est pas motivé cette fois-ci, je ne me souviens pas avoir vu un arrêté avec autant de "considérants".

Je les ai reproduits dans l'article car ils résument bien la situation avec toute la problématique.

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cisou9

Victor
Maintenant s'il y a aussi la concurrence des carburants végétaux on aura des problèmes de famine.

De toute façon les carburants végétaux doivent être issu de déchets et non d'une culture spécifique comme au Brésil.
Et de plus ils créent du CO2, donc il faudra les éliminer. :_grat2:

PH
philouze

mouais :
"lorsqu'il existe des éléments circonstanciés de nature à accréditer l'hypothèse d'un risque de dommage grave et irréversible pour l'environnement, qui justifierait, en dépit des incertitudes subsistant quant à sa réalité et à sa portée en l'état des connaissances scientifiques, l'application du principe de précaution,"

avec ce genre de "considérant que", tu peux interdire n'importe quoi , vu que "circonstanciés" s'oppose à "sa réalité et à l'état des connaissances scientifiques" dans la même phrase !

AL
alessandro pendesini

L’opposition à la technologie OGM est en partie politique et idéologique, alimentée par l’hostilité contre les effets perçus comme néfastes du capitalisme et de la globalisation. La technologie est aux mains de quelques sociétés multinationales qui, à cause de l’importance des investissements requis, furent les seuls capables de la développer. Pour des raisons compréhensibles, elles exigent un retour sur investissement ; leur motivation n’est pas toujours innocente.
--Les OGM sont devenus l’objet d’une intense controverse politique. Il y a des raisons à cela, notamment LES ENJEUX SOCIO-ECONOMIQUES DE L’EMPRISE DES GRANDES FIRMES MULTINATIONALES (dont Monsanto !) SUR LA PRATIQUE DES AGRICULTEURS ! -On notera simplement qu’une certaine hystérie, nuisible à la qualité des débats politiques, provient du fait que les adversaires et partisans des OGM partagent une même vision erronée des pouvoirs « magiques » du génie génétique ; ce qui conduit soit à le diaboliser, soit à idolâtrer le « progrès ».
P.S. -Il ne faut cependant ne pas oublier que la transgenèse est l’opération qui consiste à ajouter un gène étranger à un organisme pluricellulaire (plantes ou animaux) entier ou à remplacer un de ses gènes par un autre. Des plantes capables de se développer dans des sols salés ou alcalins impropres à l’agriculture ont été obtenues par transgenèse. Ceci n’est pas la solution à nos problèmes fondamentaux, mais permet d’envisager de conquérir de nouvelles terres et déplacer ces mêmes problèmes à une date ultérieure…Faut-il répéter que les « vrais problèmes » se trouvent ailleurs, notamment dans la démographie croissante, paradoxalement dans les zones les plus sinistrées de la planète ? :houla2:

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Yougo

alessandro pendesini
une même vision erronée des pouvoirs « magiques » du génie génétique ; ce qui conduit soit à le diaboliser, soit à idolâtrer le « progrès ».

C'est clair...Et du coup personne ne pose les bonnes questions sur ce qui pose vraiment problème dans les OGM, et ce qu'ils devraient être.

alessandro pendesini
Pour des raisons compréhensibles, elles exigent un retour sur investissement ; leur motivation n’est pas toujours innocente.

Compréhensible, non... Au premier abord, on pourrait penser que logiquement si on investit beaucoup, on se doit de gagner beaucoup. Et ce serait oublier le fait que les OGM servent à compléter les pesticides, en les accompagnant ou en les remplaçant. La résistance croissante des prédateurs entraine dès lors une course à l'armement, pour faire des molécules plus ciblées, et des plantes plus résistantes. Les bons Keynesiens se rassureront en prétextant que la vitre brisée donne du travail au vitrier, mais les physiciens, biologistes, ainsi que les agronomes dans un moment de clarté devant leurs graphiques vous démontreront que l'évolution du phénomène n'est jamais, ô grand jamais, linéaire et que les dépenses deviendront intenables à moyen terme.
Donc non je ne comprends pas pourquoi soutenir cela. Si je devais dépenser énormément de R&D, surtout après ces dizaines d'années, je m'organiserais pour ne pas avoir une gamme à mono-branche. Je ferais de l'OGM bio [ô la catégorie!], de l'OGM pour potager de balcon, de l'OGM pour agriculture de précision, de l'OGM pour agriculture extensive, de l'OGM pour agriculture basée sur les auxiliaires (d'ailleurs je ne comprend spas pourquoi ça cela n'existe pas)...

Pourquoi ne pas avoir un OGM dont les racines sont améliorées pour la symbiose mycorhizienne ?
Parce que industries chimiques lourdes (peu raffinée, dis-je pour le jeu de mot) faisant du lobby, écoles d'agronomie avec des dizaines d'années de retard sur des pans entiers des Sciences, des entreprises OGM fonctionnant sur des profiles restreints, et (aux USA) parce que les lois et règles sur la gestions des entreprises placées en bourse poussent à avoir des chefs d'entreprise et pas des entrepreneurs.
Évidemment, sous un oligopole - surtout soutenu par l’État (américain)- les lois dites naturelles du marché ne peuvent accomplir leurs œuvres...

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Yougo

alessandro pendesini
Faut-il répéter que les « vrais problèmes » se trouvent ailleurs, notamment dans la démographie croissante, paradoxalement dans les zones les plus sinistrées de la planète ? :houla2:

Ah et j'oubliais de donner mon avis sur un point de votre analyse.

J'avais un professeur de fac qui avaient passé je en sais plus combien de temps (ça c'est de la référence) à fabriquer une énorme formule pour calculer la production actuelle de l'agriculture à l'échelle planétaire. La conclusion étaient sans appel, en minimisant au maximum du raisonnable les facteurs positifs et en maximisant les facteurs négatifs, notre planète produit pour 10 milliards d'êtres humains ; il s'était aventuré -évidemment- à mettre les paramètres optimum (régime sans consommation quotidienne de viande etc) on pouvait arriver vers les 15 à 20 milliards.
Précision : En regardant ce qui est cultivé, et pas ce qui est cultivable.

Alors, oui, la ritournelle de la bombe P c'est jolie... mais ça fait un peu vieille mode.

VI
Victor

si je me rappelle bien mon passés dans les années 70 le club de Rome Prévoyait 10 milliards d'hommes en l'an 2000 avec des guerres, des famines et Tutti Quanti... Ben le résultat en 2000 on était 5.3 milliards d'humains sans grandes crises majeures comme les craignaient les expert du Club de Rome... Nota Bene dans cette histoire il y a aussi sous entendus la répartition des richesses, il n'est pas normal que 5% de la population soient aussi riche et qu'ils détiennent la richesse économiques et les ressources alors que les 95% restant ils manquent de tout... L'Histoire sera peut être différentes de nos prévisions

AL
alessandro pendesini

Choisir le dogme et la foi plutôt que le doute et l’expérimentation, c’est jeter la vendange en train de mûrir pour se précipiter avidement sur le tranquillisant.
L’espoir d’une (très hypothétique) vie future risque d’entraver les efforts en faveur de la vie actuelle. Des perspectives telle que la détérioration de notre planète, la destruction de la biosphère ou l’extinction de l’humanité, qui se profilent à l’horizon comme des menaces majeures pesant sur l’avenir, ont longtemps été vues par des nombreuses religions (et le sont toujours par certaines !) comme des fins inévitables, auxquelles on doit, non pas s’opposer mais plutôt se préparer. Le Jugement dernier, l’Apocalypse, les Anges vengeurs, Armageddon et autres scénarios de fin du monde figurent d’une manière prégnante dans les mythologies religieuses….C’est ici, que à mon humble avis, le bât blesse !
:mur:

VI
Victor

Contrairement à ce que vous croyiez avec toute votre expérience des comportement sociaux il est très recommandé de connaitre les croyances, qu'elles soient celles des musulmans, celle des hindous et tout ce genre de chose, il est faux de croire que tous les humains sont modélisables avec les même paramètres psychologiques, il existe des différences culturelles... Les américains l'ont appris à leurs dépends en 2001... Après tous les combattants d'al-qaeda ils ont commencé leurs activités au service des américains contre les soviétiques dans les années 1970-1985

AL
alessandro pendesini

@ Victor :
Je crains que vous ne comprenez pas le sens de mes commentaires ou les lisez trop vite ! C’est l’obscurantisme qui me dérange, celui qui est diffusé par des personnes qui se croient au dessus des lois démocratiques, générateur d’antagonisme social, haine, pseudoscience ou fausses symétries, luttes intestinales et guerres qui perdurent depuis des millénaires…et…sa continue…..; saisissez-vous la différence ?

VI
Victor

L'obscurantisme c'est une chose très commune allez donc aux USA avec les diverses sectes
vous devez en tenir compte et cesser de croire dans vos schémas d'études,
vous ne comprendrez jamais l'irrationnel avec vos méthodes comportementales
Les dernières élections US de 2012 se sont faites sur presque rien
il y a là tout l'irrationnel des USA... Vous êtes obligé de considérer les croyances