Pollux
Salut Vinety,
Je trouve que c’est plutôt positif qu’il y ait des agitateurs comme les militants de Greenpeace. Par essence, les agitateurs de tous poils remettent en cause les expertises des experts (même en prenant des raccourcies), et forcent ces derniers à vulgariser leurs travaux. C’est un processus naturel par lequel le citoyen se réapproprie un sujet qui lui tient à cœur.
Même tes interventions sur ce forum, que l’on peut qualifier d’agitatrices, ont quelques parts des effets bénéfiques.
Tu as raison sur ce point et je suis d’accord, nos cogitations sont en effet bénéfiques.
Pollux
Sur l'état des abeilles, je trouve ton optimisme bien inconscient. L’expert disait que les abeilles domestiques étaient le baromètre des abeilles sauvages. Cet expert m’a semblé assez inquiet. Et il n’y a toujours pas de fêlure dans ton optimisme « béa » ? Tu ne sens pas que l’homme comme jamais auparavant et susceptible de dépasser des limites irréversibles et incontrôlées ?
Crois-tu réellement que mon optimiste est inconscient? Tout au long de ma vie active, je devais compter sur l’avis des experts et si je m’en aurais toujours inspirés, j’aurais pris pas mal de mauvaises décisions qui importaient. Heureusement.,que je me fiais à mes connaissances générales et sur mon gros bon sens pour décider. Ce que font d’ailleurs tous les bons gestionnaires et les politiciens avisés.
Pollux
Et dernier point, Lomborg n'a rien à dire sur la surexploitation des océans ?
Si tu mentionnes ce point, c’est que tu n’as pas lu la "brique" de Lomborg, ou dans ta magnanimité, tu me laisses le soin de le mentionner.
Pollux
PS : Sinon, moi je pense que la définition de "écocratie", c'est plutôt la toute puissance du "pouvoir économique". Moi aussi, je suis agitateur de cervelle 
La puissance économique a un très gros talon d"Achille" qui est le consommateur libre de ses choix, et aussi l’offre et la demande qui encadre le marché et limitant ses pouvoirs. L’"écocratie" est justement cette frange du pouvoir économique, qui se sert de ce cheval de Troie, pour cacher ses vrais intentions, soit le contrôle de l’économie occidentale.
Maintenant parlons de Lomborg et son chapitre sur ce thème le "poisson".
Extrait du livre de Lomborg p 161-163.
Et le poisson ?
Pour Lester Brown, « les agriculteurs du monde entier se battent pour nourrir plus de 80 millions d’individus en plus chaque année, qu’il pleuve ou qu’il vente. Et maintenant, pour la première fois dans l’Histoire, ils ne peuvent plus compter sur les flottes de pêche pour les aider à augmenter la quantité de nourriture.
Comme nous l’avons vu précédemment, l’agriculture n’a pas particulièrement besoin d’aide. Une pêche plus abondante ne ferait d’ailleurs pas une grande différence. En dépit de l’affirmation de Brown selon laquelle « l’humanité... dépend de la mer pour se nourrir, le poisson ne représente qu’une part de plus en plus réduite de notre consommation de calories (moins de 1 %) et seulement 6 % de notre apport en protéines vient du poisson.
Néanmoins, Lester Brown se polarise sur l’état de la pêche parce que c’est un domaine où les choses ne s’améliorent pas. L’État de la planète se surpasse chaque année en décrivant la situation lamentable « de la pêcherie qui est en voie d’épuisement ». « Si la pêche continue, la pêcherie finira par s’épuiser et ce, non seulement au large des pays en voie de développement.., mais également au large des pays industrialisés », et il faut s’attendre à ce que ces problèmes entraînent « une aggravation des tensions sociales, des pressions économiques et de la menace de violences». LeWord Watcht Institute que les prises de poisson par personne ont diminué de 7,5 % depuis 1988 et qu’elles vont encore continuer à baisser. Mais, comme c’est souvent le cas, ces assertions ne disent pas toute la vérité.
Dans les années 90, les prises n’ont pas augmenté autant qu’auparavant, comme on le voit clairement sur la figure 57. Cela est dû avant tout au fait que les flottes de pêche du monde entier ont tendance à surexploiter certaines réserves en particulier.
On estime qu’environ 35 % des prises de poisson sont effectuées sur des réserves déjà en déclin. Cela est dû à un mécanisme qui nous est familier : la responsabilité partagée par tous n’est partagée par personne. Quand les occupants d’un immeuble se partagent un jardin, ils ont tous envie qu’il soit joli. Le problème est que tout un chacun espère que c’est l’autre qui va désherber et nettoyer à sa place.
Le phénomène a d’abord été baptisé Garrett Hardin, et s’appliquait à un problème bien particulier en Angleterre au XVIe siècle. De vastes étendues, appelées terres communales, étaient libres et tout le monde pouvait y faire paître ses bêtes. Les pauvres mettaient du bétail sur ces prés communaux, ce qui leur permettait d’avoir un complément à leurs maigres revenus. Chacun trouvait son intérêt à mettre de plus en plus d’animaux, mais il y en eut bientôt bien plus que les 162 pâtures ne pouvaient en nourrir elles s’épuisèrent et tout le monde y perdit. Hardin baptisa ce phénomène
The Tragedy of the Commons (« La tragédie de la vaine pâture.
Les pêcheries d’aujourd’hui subissent d’une certaine manière le même phénomène : puisque la mer appartient à tout le monde, personne n’en est responsable. Pour le pêcheur individuel, l’opération consiste à pêcher le plus possible sans se soucier de ce que font les autres. Il s’ensuit que tout le monde surexploite la mer.
Si tous les pêcheurs s’abstenaient de pêcher, ils ne gagneraient pas d’argent, mais si tous les pêcheurs devaient pêcher tous les poissons que contient l’océan, ils finiraient aussi par ne plus pouvoir gagner d’argent (parce que les océans seraient vides). Il est possible de montrer qu’il existe un niveau optimal de pêche entre ces deux extrêmes.
Dans ce cas, on prendrait beaucoup de poissons (ce qui veut dire beaucoup d’argent) ; mais on laisserait suffisamment de poissons (pour perpétuer l’espèce dans les années à venir. L’ennui, c’est qu’on ne peut atteindre un niveau optimal que si l’on parvient à établir une sorte de propriété sur le poisson. Lorsque, par exemple, un État étend ses eaux territoriales à 200 milles marins et possède donc tous les poissons qui se trouvent dans cette limite, cet État peut (grâce à des permis, par exemple) s’assurer qu’on n’y pêche que la quantité optimale de poissons.
Mais il est souvent difficile ou impossible de « contrôler » le poisson parce que de nombreuses espèces telles que le thon ou le saumon, par exemple, couvrent de fort longues distances et migrent bien au-delà des 200 milles marins (permettant ainsi à d’autres États de les pêcher). En outre, les États, en particulier ceux du tiers-monde, ont souvent beaucoup de mal à faire respecter une réglementation, et en particulier à réduire le nombre de pêcheurs. Enfin, il n’est pas facile d’attribuer des droits de propriété sur tous les poissons vivant dans l’océan.
Quand un État ou une convention internationale ne sont pas en mesure de garantir une exploitation optimale, on se retrouve dans la situation où tout le monde se bat contre tout le monde. Dans ce cas, les pêcheurs investiront dans des équipements coûteux afin de pouvoir surexploiter les mers le plus vite et le plus efficacement possible. La seule limite à l’investissement sera l’épuisement des mers au point que leur exploitation ne sera plus rentable.
Par conséquent, la pêche d’aujourd’hui est un mélange de contrôle et d’utilisation optimale d’un côté, et de surexploitation et d’attitude de chercheur d’or de l’autre.
Parce que nous surexploitons les océans, au lieu des 100 millions de tonnes de poissons qu’ils pourraient produire, nous sommes tombés aujourd’hui à 90 millions de tonnes de poissons pêchés par an.
Bien sûr, il nous plairait bien de pouvoir mettre la main sur ces 10 millions de tonnes perdues, mais cela n’aurait certainement pas un impact décisif sur l’ensemble de la production alimentaire, en dépit des affirmations de Lester Brown citées plus haut.
Même si la pêche mondiale était parfaitement organisée et que nous étions en mesure de pêcher « ces 10 millions de tonnes perdues », cela équivaudrait à une augmentation en calories du reste de la production agricole sur 19 jours, Ce qui serait inefficace au niveau planétaire.
Ne pouvant augmenter notre production de poisson au-delà de 100 millions de tonnes, même si elle est « gratuite », nous avons reporté nos efforts sur l’élevage du poisson, ou pisciculture, en particulier en Chine. Cette production a quintuplé depuis 1984148. Résultat : si la pêche n’a pu maintenir son niveau par rapport à la croissance de la population, la production totale de poisson a tellement augmenté que la quantité de poisson par personne à la fin des années 90 est remontée au-dessus du niveau des années précédentes (figure 57)
Quand Lester Brown déclare que nous avons moins de poisson par personne, c’est parce qu’il oublie la production de la pisciculture, parti pris assez curieux étant donné que pour l’apport calorique ou protéinique, peu importe que le saumon du consommateur provienne de l’océan Atlantique ou d’un élevage.
En faisant des prospectives, la FAO prévoit que la consommation de poisson va augmenter considérablement, de plus de 23 % par personne jusqu’en 2030150. Cela veut dire que la production des élevages dépassera celle de la pêche traditionnelle. Il est vraisemblable également que les prix augmenteront parce que l’augmentation des revenus dans les pays en voie de développement fera monter la demande en poisson.

Amicalement