Mieux comprendre l'expansion de l'Univers grâce à la turbulence des ondes gravitationnelles

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Les ondes gravitationnelles peuvent donner naissance à des turbulences. C'est ce qu'ont montré, par une simulation numérique basée sur les équations d'Einstein, des chercheurs du Laboratoire de physique des plasmas et de l'Institut de physique de Nice. Ces travaux pourraient conduire à une meilleure compréhension de l'Univers post-Big-Bang et de son expansion initiale.

Fluctuations turbulentes de deux composantes de l'espace-temps.
© Sébastien Galtier

Pourquoi, quelques fractions de seconde après le Big-Bang, l'Univers a-t-il connu une brève période d'expansion extrêmement rapide ? Les spécialistes de la cosmologie ont développé des modèles, basés sur la physique des particules, pour expliquer ce phénomène. Mais la question reste ouverte, et des chercheurs du Laboratoire de physique des plasmas (LPP, CNRS/Ecole polytechnique/Sorbonne Université) et de l'Institut de physique de Nice (INPHYNI, CNRS/Université Côte d'Azur), ont récemment proposé une nouvelle piste, en montrant que les ondes gravitationnelles engendrées dans cet univers primordial pourraient créer des turbulences expliquant le phénomène d'expansion post Big-Bang.

En 2017, la même équipe avait développé une théorie mathématique de la turbulence des ondes gravitationnelles, ondes dont l'existence était prévue par la relativité générale, et qui ont été détectées pour la première fois en 2015. En 2020, ils publiaient un modèle plausible d'une expansion accélérée de l'Univers primordial engendrée par la turbulence. Les physiciens ont maintenant réalisé la première simulation numérique directe (basée sur les équations non-linéaires de la relativité générale) de la turbulence d'ondes gravitationnelles.

L'un des principaux résultats de cette simulation est que la turbulence d'ondes gravitationnelles est régie par une double ''cascade'': une cascade directe, qui consiste en un transfert d'énergie d'une onde vers des ondes de fréquences plus élevées, et une cascade inverse de l'action d'onde (paramètre caractérisé par le rapport énergie/fréquence) vers des fréquences plus faibles. C'est ce dernier phénomène qui est à l'origine de fortes turbulences, et finalement d'une expansion explosive. Ces résultats ont été publiés dans Physical Review Letters.

Pour poursuivre l'exploration de ce nouveau scenario expliquant l'expansion accélérée post Big-Bang appelée inflation cosmologique, les chercheurs vont maintenant développer un code de simulation de turbulence forte, ainsi que des modèles permettant de faire le lien avec les recherches en cosmologie.

Références:
Direct evidence of a dual cascade in gravitational wave turbulence
Sébastien Galtier and Sergey V. Nazarenko.
Physical Review Letters. 127, 131101 - Published 20 September 2021.
https://journals.aps.org/prl/abstract/10.1103/PhysRevLett.127.131101
Article disponible sur les bases d’archives ouvertes HAL et arXiv

Contacts:

  • Sebastien Galtier - Professeur à l’université Paris-Saclay et chercheur au Laboratoire de physique des plasmas (LPP, CNRS/Ecole Polytechnique/Sorbonne Univ.) - sebastien.galtier at universite-paris-saclay.fr
  • Communication INSIS - insis.communication at cnrs.fr
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AGA 13

Si j’ai bien compris, on a affaire à une nouvelle hypothèse pour expliquer l’inflation cosmique.
Laquelle inflation est déjà une hypothèse pour expliquer l’homogénéité des paramètres cosmiques à grande distance.
Une hypothèse d’hypothèse donc, basée sur un modèle mathématique. Nous voila très loin de la physique.

D’autant plus loin, qu’aucune explication n’indique comment une onde pourrait augmenter la taille de l’espace qui la contient et qui lui donne corps.

Comme dirait Lee SMOLIN, il va falloir retourner au tableau noir, une craie à la main ! (auteur de ‘’Rien ne va plus en physique, L’échec de la théorie des cordes’’)

NO
Noxx

Observation, proposition théorique, vérification, invalidation le plus souvent... C'est comme cela que fonctionne la science. Une théorie, pour être scientifique, doit être réfutable. Ce qui donne les moyens aux chercheurs de la vérifier : que ce soit à la craie ou avec des ordinateurs. Et si elle n'est pas bonne, ben on passe à autre chose. Mais c'est normal de proposer.

RI
Ric

Noxx
Observation, proposition théorique, vérification, invalidation le plus souvent... C'est comme cela que fonctionne la science. Une théorie, pour être scientifique, doit être réfutable.

La refutabilité est le critère donné par Popper pour définir ce qui est scientifique. Certains philosophes proposent d’autres critères, cf. Qu’est-ce qu’une philosophie de la science?.

NO
Noxx

Je suis allé voir le lien. J'ai plutôt lu Popper en effet et surtout Stephen J. Gould, qui est un praticien de la science, ce qui lui confère, à mon avis, un avantage par rapport à de simples philosophes. https://livre.fnac.com/a5272068/Stephen ... uld-La-Mal-Mesure-de-l-homme par exemple, même si l'auteur n'aborde jamais l'épistémologie de front mais au détour de ses articles. Sa réflexion est donc fragmentée à travers ses livres...
Mais je pense me laisser tenter par Chalmers pour avoir un autre point de vue. Merci.