Nouvel incident sur un Airbus A340 d'Air France

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Un incident rencontré lors d'un vol transatlantique sur un Airbus d'Air France agite à nouveau le monde de l'aéronautique français. L'incident se serait produit au début de l'été et il partage un certain nombre de points communs avec les évènements intervenus sur les dernières minutes du vol AF447. Cet incident est même suffisamment important pour que le BEA mène une enquête. La note d'Air France au sujet de cet incident a été publiée sur certains sites internet.

Que s'est il passé ?

Volant à 35 000 pieds, un Airbus A340 d'Air France traverse une zone de turbulences avec un vent de face qui fait passer rapidement la vitesse à Mach 0,88. Cette mesure étant supérieure à Mach 0,86, vitesse de croisière maximale de l'avion, l'alarme de survitesse se déclenche, le pilote automatique se désengage. Par la suite, l'avion prend un angle de 11°, grimpe à l'altitude de 38 000 pieds et perd de la vitesse, se retrouvant à Mach 0,66, soit une vitesse très faible pour un vol de croisière à une telle altitude. Plusieurs accélérations verticales allant jusqu'à 1,7 g sont enregistrées durant cet épisode de vol.

C'est un Airbus A340 comme celui-ci (qui est aux couleurs d'Airbus) qui a été impliqué dans l'incident

Où sont les points communs ?

- l'avion : Le modèle d'avion est particulièrement proche de celui impliqué dans la catastrophe du vol AF447. Les Airbus A340 partagent en effet de nombreuses caractéristiques avec les Airbus A330, on peut même dire que l'A330 est la version bimoteurs de l'A340 et vice-versa.

- la compagnie : la compagnie est encore une fois Air France, les pilotes aux commandes de l'Airbus A340 dont il est ici question ont certainement suivi les mêmes entraînements que ceux qui étaient aux commandes du vol AF447. Il faut toutefois noter que les entraînements ainsi que certaines procédures ont été modifiés depuis 2009, notamment en raison du crash du vol Rio-Paris.

- la météo : Dans les deux cas, l'appareil traverse une zone de turbulences soudaines au moment des évènements.

- la trajectoire : C'est le point le plus "troublant". Après l'arrêt du pilote automatique, l'avion prend une assiette très importante et monte rapidement tout en perdant de la vitesse. Cette situation se poursuit jusqu'à atteindre les limites du décrochage.

Quelles différences ?

- les sondes de Pitot : Toutes les sondes de Pitot ont maintenant été remplacées et ne posent plus de problème, rien n'indique d'ailleurs qu'il y ait eu un problème de fiabilité de l'information de vitesse. Les sondes de Pitot n'ont semble-t-il joué aucun rôle sur l'incident de l'A340.

- la sur-vitesse : Ici, il s’agit de l'évènement qui provoque un arrêt du pilote automatique. Dans le vol AF447 Rio-Paris, l'avion avait subi une perte d'information de vitesse (sondes de Pitot hors services) ainsi que de très brèves alarmes de décrochage.

Ce qui n'est pas clairement décrit

Comme nous l'avons vu, cet incident réunit plusieurs ingrédients communs avec la situation du vol AF447: des turbulences qui provoquent un arrêt du pilote automatique et un avion qui prend un angle de 11% pour grimper à une altitude très élevée tout en perdant dangereusement de la vitesse. Par contre, le résumé d'Air France ne liste pas les différents systèmes qui ont pu se déconnecter. Cela concerne-t-il seulement le pilote automatique proprement dit ? Cela implique-t-il l’auto-manette ? Les lois de contrôle des actions pilotes ont-elles été désactivées aussi ?

On a cependant un indice qui est l'angle de 11° : les lois de contrôle interdisent à l'avion de se cabrer à ce point à un tel niveau d'altitude. On peut donc penser que les commandes fonctionnaient soit en loi "alternate", soit en loi directe. Cependant, on ne sait pas si l'équipage a suivi une procédure précise où s'ils ont reproduit ce qu'ils ont l'habitude de faire à l'entrainement.

Il est tout de même à noter que le fait de cabrer l'avion est une technique pour le moins efficace de sortie de sur-vitesse en basse et moyenne altitude, à condition de ne pas poursuivre la manoeuvre jusqu'à atteindre l'autre extrémité : la sous-vitesse et donc le décrochage.

Pourquoi le BEA s'intéresse à cet incident ?

La réponse est très simple : le BEA s'intéresse à tout incident sérieux, y compris ceux dont on ne parle pas dans les médias. Fort heureusement, la plupart des incidents aéronautiques ne tournent pas à la catastrophe. Cependant, cet incident pourrait en apprendre plus sur certains facteurs qui auraient pu contribuer à la catastrophe du vol AF447, y compris une éventuelle mauvaise adaptation des procédures ou des entraînements au phase de vol de croisière / haute altitude.

SQ
squizer

Moins de procédure et un peu plus d'instinct serait peut-être pas négatif non ?

Ayant pris l'avion très souvent pendant 3 ans j'ai eu de temps en temps l'impression que le pilote avait plus les yeux scotché sur ses instruments qu'une réel appréciation de l'environnement et des conditions de vols.
Le plus sympa étant souvent les atterissage à London City Airport avec ses jolis vents de travers. Entre 1 pilote et 1 autre on a l'impression que certains doivent poser une brique sur le bitume et d'autre c'est à peine si on remarque qu'on a atteri :heink:

FE
Felidae

Bonjour,
mais le kiss-landing sur un aéroport comme Londres City n'est probablement pas la meilleure option compte tenu de la longueur de la piste. Un kiss-landing exige 2 ou 300 m de plus au landing et sans aller jusqu'à un atterrissage dur mieux vaut assurer. Anyway à London-City on ne pose ni A330 ni A340 plutôt des avions de la classe Fokker.Et il faut inclure la météo et le modèle d'avion utilisé: ce qui était possible hier ne l'est pas forcément aujourd'hui.

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batman93

le pilote avait plus les yeux scotché sur ses instruments qu'une réel appréciation de l'environnement et des conditions de vols.

C'est justement ça qui sauve des vies dans la majorité des cas...
En vol, plein de perceptions que tu considérerait comme normale (sensation de verticalité ou d'horizontalité, vitesse, accélération...) sont largement faussées.
Pour cela, croire les instruments est la meilleure technique!

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cisou9

:+1: Batman entièrement d'accord. :)

VA
vansshoes

:) Ayant pris l'avion très souvent pendant 3 ans j'ai eu de temps en temps l'impression que le pilote avait plus les yeux scotché sur ses instruments qu'une réel appréciation de l'environnement et des conditions de vols.
Le plus sympa étant souvent les atterissage à London City Airport avec ses jolis vents de travers. Entre 1 pilote et 1 autre on a l'impression que certains doivent poser une brique sur le bitume et d'autre c'est à peine si on remarque qu'on a atteri :heink:

MA
macfly

En condition de vol à vue, VMC à ces altitudes et ces vitesses, on possède un référentiel supplémentaire qui peut nous sauver, c'est le cas du 340, mais en conditions IMC, c'est à dire vol aux instruments (la nuit au dessus de l'océan par exemple) on ne peut que se raccrocher aux instruments, mais lorsque les instruments des 3 chaines vous donnent 3 indications différentes les unes des autres (AF447), qui croire? (même les ahorizons artificiels étaient faux) A part faire une petite prière... :fada:

Et e,core une fois c'est AF... Pour info Air Caraïbe, Quantas, etc... ont déjà eu le même pbl... mais de jour, cela dit ils ont vraiment eu très peur.

DA
damis

scotché sur ses instruments qu'une réel appréciation de l'environnement et des conditions de vols.

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macland

....avec un vent de face qui fait passer rapidement la vitesse à Mach 0,88. Cette mesure étant supérieure à Mach 0,86, vitesse de croisière maximale de l'avion...
En fait, je comprends que l'ordi de bord a lu une vitesse relative supérieure (vitesse réelle+vitesse du vent) alors que la vitesse au sol était peut-être la même...??? :bon: