Premiers résultats scientifiques de l'instrument DECLIC, parti sur l'ISS le 25 août

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L'instrument DECLIC (pour Dispositif d'Étude de la Croissance et des Liquides Critiques), maintenant opérationnel en orbite dans l'ISS, est un laboratoire optique et thermique miniaturisé. Des expériences menées par les équipes du CEA et du CNRS en micropesanteur ont permis de déterminer avec une résolution jamais égalée (inférieure à 1 ppm) la température critique de l'eau : 373,995°C.

Le mini-laboratoire Déclic placé dans un rack Express.

Développé et financé par l'Agence spatiale française (CNES) dans le cadre d'une coopération internationale avec la NASA, DECLIC étudie la solidification et les fluides supercritiques. Ce laboratoire sophistiqué a été embarqué sur le Vol 17 A de la navette spatiale Discovery le 25 août dernier vers le module japonais Kibo de la Station Spatiale Internationale (ISS). La NASA assure l'emport et les coûts d'opération à bord, et DECLIC a été réalisé par ASTRIUM-LV. DECLIC sera utilisé pour une période de trois ans au moins.

Les scientifiques pilotent les expériences de DECLIC en temps réel et peuvent suivre les résultats obtenus depuis le CADMOS (Centre d'Aide au Développement des activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) au centre de l'Agence spatiale française (CNES) à Toulouse.

DECLIC est destiné à l'étude des fluides proche de leur état « critique » : à haute pression et haute température, gaz et liquide sont indiscernables et deviennent des fluides supercritiques. Les premières expériences effectuées par les chercheurs de l'Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux du CNRS et du CEA/Inac concernent l'étude de l'eau au voisinage de cette transition « critique », qui a lieu vers 374 °C et 220 atmosphères.

Dans ces conditions, ces fluides deviennent très compressibles et se compriment sous leurs propres poids sur Terre, rendant impossible toute observation précise. Les expériences en micropesanteur ont permis de déterminer la température critique de l'eau, 373,995°C, avec une résolution jamais égalée (inférieure à 1 ppm).

Ces expérimentations en micropesanteur sont les préliminaires nécessaires au développement de procédés qui permettront de brûler « à froid » des déchets organiques dans l'espace. Ces procédés d'oxydation supercritique autour de 500°C, sont extrêmement prometteurs en permettant notamment de recycler la matière organique en gaz carbonique et en eau.

HI
himmelgien

Ce serait aussi un atout majeur pour préparer une "terraformation" de Vénus par exemple , comme l'avait proposé Carl Sagan ( ou Pierre Kolher ) : ensemencer l'atmosphère avec des "bombes" d'algues microscopiques ( chlorelle ) pour ré-activer un cycle de l'eau !... Puisque l'eau dispose d'une température supercritique beaucoup plus proche de la température actuelle à la surface de Vénus ( 450 degrés environ ). La liaison devrait être facilité et la modification de l'atmosphère beaucoup plus courte qu' envisagé auparavant : deux ans pour que la première pluie atteigne le sol !...

avatar
Vampire

Il reste encore de l'eau en quantité, ne serait-ce sous forme de vapeur, sur Vénus ?
Je croyais que cette planète avait perdu presque toute son eau...

VI
Victor

Il y a bien de l'eau mais aussi des oxydes de souffre SO², SO3 qui transforment l'eau en acide sulfurique, oui il y a bien de l'eau mais sous forme d'acide sulfurique

HI
himmelgien

J'ai écrit sur créer de l'eau, pas sur de l'eau encore existante ( peut-être dans le sous-sol, "capturée" sous la couche de lave ?...) Les sondes ( et surtout la dernière, l'européenne "Vénus Express", qui a pris la succession des "Vénéra" ...) ont découvert que l'eau "s'évadait" de l'atmosphère en pièces détachées , hydrogène d'un côté, oxygène de l'autre !... Il existe en effet une "couche" atmosphérique de H2SO4, l'acide sulfurique ( "vitriol"), vers 60 kms d'altitude, "sous" une autre couche d'azote et d'oxygène . Paméla Sargent s'est servi de cette découverte dans son roman SF , "Vénus des rêves" !..." **
En suscitant un nouveau cycle de l'eau, Sagan espérait réduire l'effet de serre dans des proportions considérables ( par l'absorption du gaz carbonique) , la couche d'acide sulfurique se chargeant de fournir l'hydrogène de l'eau !... En inversant les données, on peut imaginer que l'atmosphère de la Terre a commencé par ressembler à celle de Vénus : des lors, notre planète aurait changé tandis que Vénus serait resté tristement la même !... La cause de cette différenciation aurait pu venir de la tectonique des plaques et d'une rotation beaucoup rapide de notre planète sur son axe, générant un champ magnétique ( et les boucliers de Van Allen ) beaucoup plus important !... ( Juste une idée ) ...

** ... mais j'ai une "préférence" pour le roman ( posthume) que Franck Herbert a écrit avec son fils Brian, " L'homme de deux mondes" : l'Humanité est parvenue à s'installer sur Vénus sans rien changer à son atmosphère, grâce une céramique qui les isole complètement de la température infernale ( scaphandres, maisons, villes, véhicules...) . Cette solution m'a paru plus "élégante" que celle de Paméla Sargent !...