Quand les neurones se mêlent de la prévision du risque

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Une équipe de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et du Caltech met en lumière le rôle de certains neurones dans l'apprentissage du risque. Les résultats de ces travaux, parus dans le Journal of Neuroscience du 12 mars, vont, entre autres, permettre de mieux comprendre pourquoi certains types de risque, comme notamment le risque financier, sont parfois mal estimés.

Qui dit planifier dit aussi faire des prévisions. Dans un environnement incertain, celles-ci peuvent cependant s'avérer fausses. Le sentiment de risque engendre souvent une réaction "anormale", qui peut aller de l'euphorie, en cas de sous-estimation du risque, jusqu’à la panique, voire la dépression, en cas de surestimation. Pour comprendre ces anomalies dans la façon de réagir face à une situation désécurisante, il est important de comprendre le mécanisme neurobiologique qui sous-tend notre apprentissage de la prévision du risque. La recherche a encore beaucoup à faire dans ce domaine. Ainsi, nous ne savons pas encore comment le cerveau fonctionne dans l’estimation du risque.

Dans ce contexte, les travaux d'une équipe de l'EPFL et du California Institute of Technology représentent une avancée importante. Les scientifiques ont découvert qu'une corrélation existait entre l’activation de certains neurones situés dans l'un des lobes du cerveau et des erreurs mathématiques de prévision de risque. "Nous disposons désormais d'une entrée pour commencer à mieux comprendre comment nous apprécions le risque", explique le professeur Peter Bossaerts, du Laboratoire de prise de décisions dans l'incertitude, à l'EPFL, et auteur principal de l’article.

La localisation des neurones qui encodaient ces erreurs suggère un lien entre la prévision du risque et les émotions. En effet, ils se trouvent dans un endroit déjà identifié comme étant le lieu où est intégrée toute information sur les sentiments émotionnels. Ainsi, et contrairement à la théorie de Descartes, l'émotion pourrait être un élément constitutif de la rationalité: son but serait de mesurer le risque dans l’environnement.

avatar
cyril17

Bonjour,

Je ne sais pas si j'ai complètement bien compris le sens des phrases "qu'une corrélation existait entre l'activation de certains neurones situés dans l'un des lobes du cerveau et des erreurs mathématiques de prévision de risque" et "La localisation des neurones qui encodaient ces erreurs suggère un lien entre la prévision du risque et les émotions"., mais j'en aurais conclu l'inverse de ce qui a été conclut :)
C'est à dire non pas que "l'émotion pourrait être un élément constitutif de la rationalité: son but serait de mesurer le risque dans l'environnement" mais justement au contraire, que l'émotion pourrait être un élément induisant en erreur la raison (les erreurs mathématiques de prévision de risque), dans le sens de Descartes en quelques sorte (même si je préfèrerais que ça soit le contraire :).

Bon, je ne sais pas si mon post est très clair, mais j'aurais essayé :)

Bonne journée !!

avatar
poppy

Un livre vient de paraître sur ce thème

Voir: L'erreur de Descartes de Antonio R. Damasio
éditions Odile Jacob - [Modération: merci de ne pas faire des liens sur des sites commerciaux, la citation du titre de l'ouvrage et du nom de l'auteur est préférable]