Surpoids et obésité: quels exercices physiques pour quels bénéfices ?

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Le surpoids et l’obésité touchent aujourd’hui en France près d’une personne sur deux et ils continuent à progresser, quels que soient l’âge et le milieu social. Le surpoids est défini par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 25 et l’obésité par un IMC supérieur ou égal à 30 (à noter que l’IMC est calculé en faisant le rapport du poids sur la taille au carré).

Quand on est en surpoids ou en situation d'obésité, pratiquer la marche nordique aide à diminuer le tour de taille et la quantité de graisse viscérale.
SeventyFour/Shutterstock

L’excès de poids induit un fardeau sur la santé puisqu’il est responsable de nombreuses complications comme l’hypertension artérielle, le diabète, la dyslipidémie... Ces pathologies associées à l’obésité diminuent l’espérance de vie en bonne santé et exposent à une mortalité prématurée.

L’activité physique, en prévention des complications de l’obésité

Il est maintenant largement admis que l’activité physique protège contre ces pathologies. Depuis 2016, les médecins peuvent également prescrire l’activité physique sur ordonnance comme thérapie de prévention et traitement d’un certain nombre de maladies chroniques non transmissibles, dont l’obésité et le diabète.

Une expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), restituée en 2019 au ministère des sports, recommande que l’activité physique soit prescrite en première intention, avant tout traitement médicamenteux, dans le traitement de l’obésité et de ses complications.

Un intérêt pour limiter le risque cardiovasculaire

Les bénéfices de la pratique d’une activité physique l’emportent sans conteste sur les risques encourus, quel que soit l’âge et l’état de santé des personnes. D’après les données de la cohorte « Aerobics Center Longitudinal Study » (suivi longitudinal de 6,4 ans), quand la condition physique s’améliore, la mortalité diminue.

De manière chiffrée, cette étude explique qu’une augmentation de condition physique de 1 équivalent métabolique (ou 1 MET pour « metabolic equivalent of task »), qui correspond à une dépense d’énergie au repos assis, est associée à une diminution de 15 % de la mortalité, toutes causes confondues, et à une diminution de 19 % de la mortalité cardiovasculaire.

La prescription d’exercices physiques améliore également le statut métabolique des personnes en situation de surpoids et d’obésité en diminuant la pression artérielle, le « mauvais » cholestérol et la glycémie. Chez les personnes en situation d’obésité et de diabète, l’activité physique (150 minutes par semaine) entraîne une baisse de la mortalité entre 30 % et 40 %, toutes causes confondues, et une baisse de la mortalité cardiovasculaire entre 25 % et 40 %.

Des bénéfices sur le tour de taille

L’activité physique prescrite seule ne semble pas suffisante pour induire une perte de poids significative, en raison d’une compensation par la prise alimentaire. Cependant, en association avec une restriction calorique, l’activité physique potentialise la perte de poids et facilite le maintien à long terme de la perte de poids.

Une étude préconise que les programmes d’activité physique devraient mettre l’accent sur la diminution du tour de taille, qui reflète la masse grasse viscérale, plutôt que le poids.

Les programmes d’activité physique destinés aux personnes en situation d’obésité doivent mettre l’accent sur la diminution du tour de taille, qui reflète la masse grasse viscérale, plutôt que sur le poids.
Tom Wang/Shutterstock

Et des données des méta-analyses (analyses systématiques combinant les résultats de dizaines d’études randomisées contrôlées) indiquent par ailleurs que des exercices de type aérobie ou d’endurance modérés à intenses (type randonnée, marche nordique, course à pied, vélo, aquagym...) continus, ou par intervalle de haute intensité, diminuent le tour de taille et la quantité de graisse viscérale.

Choisir les programmes et la période de la journée adaptés

Les programmes combinant des exercices de type aérobie et de résistance ou renforcement musculaire (type squat, développé couché, rameur, l’appareil de musculation appelé presse...) pratiqués en alternance, c’est-à-dire sur des jours différents, apportent des bénéfices maximaux chez les personnes en situation d’obésité et de diabète, en augmentant la force musculaire et en améliorant l’équilibre glycémique (c’est-à-dire en diminuant l’hémoglobine glyquée).

(L’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, est le reflet d’une glycémie moyenne sur 2 ou 3 mois et un marqueur du risque de complication du diabète à long terme, ndlr).

Dans le cas de l’obésité et du diabète, les programmes devraient viser des volumes de 2,5h d’activité physique modérée à intense par semaine pour obtenir les meilleurs bénéfices sur la santé. Des études récentes indiquent également que la période de la journée pendant laquelle l’exercice physique est pratiqué influencerait les bénéfices en santé. Un exercice pratiqué le matin favoriserait la perte de poids tandis qu’un exercice pratiqué l’après-midi serait favorable pour l’équilibre glycémique.

Divers mécanismes physiologiques en jeu

L’activité physique induit des adaptations facilitant la mobilisation des graisses (processus appelé lipolyse) par les tissus adipeux et leur utilisation (processus appelé oxydation lipidique) par les muscles locomoteurs. Notre équipe a montré que l’entraînement en endurance améliore la sensibilité du tissu adipeux aux principales hormones lipolytiques (ce sont les hormones de dégradation des lipides, comme les catécholamines et le peptide atrial natriurétique) et restaure en partie les défauts de lipolyse, c’est-à-dire les difficultés à mobiliser les graisses chez des sujets en surpoids ou obèses.

L’exercice physique est connu de longue date pour stimuler l’utilisation des graisses (lipides) par les muscles. Ce phénomène s’observe chez des individus entraînés en endurance par rapport à des personnes non entraînées, ainsi que chez des individus en situation d’obésité soumis à un programme d’entraînement en endurance de deux mois, à raison de trois séances par semaine.

En résumé, l’activité physique peut être utilisée comme un traitement efficace de l’obésité et de ses complications. Une pratique régulière de 30 minutes à 1 heure d’activité physique par jour confère de très nombreux bénéfices en santé et prolonge l’espérance de vie en bonne santé.

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eiffel

"les programmes devraient viser des volumes de 2,5h d'activité physique modérée à intense par semaine pour obtenir les meilleurs bénéfices sur la santé."

J'aurai préféré lire: "les programmes devraient viser a minima des volumes de 20 minutes d'activité physique modérée à intense par jour pour obtenir les meilleurs bénéfices sur la santé."
a minima, car au dela, les bénéfices sont toujours là (et bien là!), même s'ils sont légèrement moindres.
Ce qui est confirmé par la conclusion de l'article :
"Une pratique régulière de 30 minutes à 1 heure d'activité physique par jour confère de très nombreux bénéfices en santé"
Cela est totalement vrai, prouvé par les statistiques (cessez de prendre un exemple pour en faire une généralité, c'est une démarche fondamentalement fausse)

"exercices de type aérobie ou d'endurance modérés à intenses (type randonnée, marche nordique, course à pied, vélo, aquagym...) continus"
c'est le point noir de l'article, c'est dommage de laisser penser à des personnes en obésité qu'elles doivent pratiquer des sports aussi intenses que la course à pied pour espérer perdre du poids.
La rando, le vélo, l'aquagym tous les jours pendant plusieurs années ? à part si on est à la retraite... et encore...

La course à pied est carrément une erreur : même avec un mental d'acier / motivation sans faille, elles vont inévitablement se blesser (rappel : surpoids... courses quotidiennes... genoux/chevilles/hanches...) avant d'en ressentir les bénéfices.
Pas besoin de travailler à l'inserm et/ou être docteur pour comprendre pourquoi. On parle de courir tous les jours.

C'est pourquoi je pense qu'il aurait fallu en rester à la recommandation du Programme National Nutrition Santé (PNNS) depuis 2002 qui est de pratiquer l'équivalent d'au moins 30 minutes de marche rapide par jour. Chaque jour. Pas 3.5h le dimanche.
On mange tous les jours, il faut pratiquer l'activité physique tous les jours pour bruler ces calories ingurgités.

Avertir aussi que, si on a du surpoids depuis X années, il faudra autant d'années de pratique avec l'activité physique choisie pour retrouver un poids normal. Donc, il faut bien choisir cette activité physique, car il faudra la tenir plusieurs années durant, si ce n'est pas pour le reste de sa vie... c'est là que l'on comprend rapidement que la marche active est certainement la seule activité physique que l'on peut pratiquer chaque jour pendant plusieurs années (je suis preneur s'il y a d'autres possibilités).

PS: et pour ceux qui se le demandent... oui, je fais ce que je dis, 50mn de marche active (entre 6.5 et 7km/h) tous les jours, généralement le matin tôt avant le boulot. Pluie, vent, neige, chaleur, rien ne m'arrête, tous les jours.

Et enfin, que cela doit s'accompagner hélas d'un controle des calories consommmées. Car, pas de miracle, le surpoids est lié à une consommation excessive de calories par rapport à son activité. Et là, c'est tout un programme, mais le point essentiel est qu'il ne faut pas stresser son corps (sinon mécanisme de défense pour continuer de stocker, je ne m'étale pas), il faut juste avoir une consommation de calories TRES LEGEREMENT inférieur au besoin, pour tromper les mécanismes de défense. Et entamer ce programme en sachant qu'il est pour la vie (et non pas jusqu'à l'été) donc, forcément, des efforts TRES légers (rappel : pas de stress).

En conclusion : X années en surpoids, X années pour revenir à un poids normal, avec un controle calorique et une activité physique quotidienne. Pas de méthode miracle, pas de résultats rapides, tout ceux qui promettent cela jouent avec la désespérance des personnes en surpoids.

Le mieux, si vous lisez cela alors que vous n'êtes pas encore en surpoids, est de commencer tout de suite ce programme de longévité, le corps a moins de capacité de stockage quand la graisse n'est pas encore là (car il faut fabriquer les zones de stockage, donc cela demande des efforts. Quand elles sont déjà fabriquées, hop, stockage facile)

En france, l'espérance de vie sans incapcité est de 65 ans, le reste se fait grâce à l'excellence de la médecine française...