Un disque cyan dans un ciel pourpre : coucher de soleil sur Osiris

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Une équipe INSU-CNRS de l'Institut d'astrophysique de Paris (CNRS, Université Pierre et Marie Curie) a obtenu le premier spectre optique complet d'une exoplanète, HD209458b. Réalisé à partir des données du télescope spatial Hubble (NASA-ESA), il couvre tout le domaine optique de l'ultraviolet jusqu'à l'infrarouge. En analysant la lumière de l'étoile vue à travers l'atmosphère de sa planète, les astronomes ont ainsi pu déterminer la structure de cette atmosphère. Ils ont noté la présence d'hydrogène et de sodium et éventuellement des oxydes de vanadium et de titane. Le sodium se répartit en plusieurs couches comme les nuages sur Terre, tout étant plus abondant à basse qu'à haute altitude. Par diffusion, le ciel est pourpre et l'étoile au coucher par absorption est cyan. Ces résultats seront prochainement publiés dans Astrophysical Journal (1).

Coucher de soleil sur Osiris

L'exoplanète HD209458b est une planète géante gazeuse, environ deux fois moins massive que Jupiter. Elle tourne en 3,5 jours autour de son étoile, semblable au Soleil, a une distance de 6,7 millions de kilomètres (2) de l'astre qui l'illumine. Cette exoplanète est très étudiée par les astronomes : c'est la première pour laquelle on a découvert que, vue de la Terre, elle passait devant son étoile à chaque orbite. Cette géante gazeuse étant très proche de son étoile, elle subit une évaporation et il a été proposé de la surnommer « Osiris ».

Pour produire le spectre optique complet, les astronomes ont utilisé les observations d'archive du télescope spatial Hubble. L'ensemble des observations couvre plusieurs passages de la planète devant son étoile. Lors de chacune de ces mini-éclipses, une partie de la lumière de l'étoile est transmise à travers l'atmosphère planétaire. Cette situation est similaire à notre coucher de soleil dont la lumière rouge révèle la présence de l'atmosphère de la Terre. Pour HD209458b, les observations de Hubble ont non seulement révélé la présence de plusieurs couches de sodium, mais aussi la diffusion de la lumière par la molécule d'hydrogène, et des absorbants qui pourraient être de l'oxyde de vanadium et de l'oxyde de titane.

Il apparaît que le sodium est moins abondant à haute altitude. Cette disparition d'une partie du sodium est due à son onisation par les radiations intenses de l'étoile toute proche, ou à sa condensation dans des molécules. C'est la première fois que des variations de composition sont détectées dans une exoplanète. Ces différentes couches atmosphériques ressemblent aux couches nuageuses de l'atmosphère de la Terre où la vapeur d'eau se condense dans les nuages.

L'analyse conduite par David Sing, jeune chercheur à l'Institut d'astrophysique de Paris, a permis d'obtenir un profil détaillé de la température et de la pression en fonction de l'altitude. En particulier, l'observation de la diffusion Rayleigh, le phénomène responsable de la couleur bleue du ciel sur Terre, permet de mesurer la température. On montre ainsi qu'à basse altitude la température doit être au dessus de 1 700°C. A plus haute altitude, la température semble décroître jusqu'à moins de 500°C, permettant ainsi la condensation du sodium. Plus haut encore, la température augmente à nouveau dans une couche stratosphérique.

Le spectre obtenu couvre l'ensemble des longueurs d'onde du domaine optique, du violet et ultraviolet proche, jusqu'au rouge et infrarouge proche. Cela permet de calculer les couleurs de l'étoile et du ciel, tels que vus par un oeil humain, comme si nous étions capables de voyager à l'intérieur de l'atmosphère de cette planète. Le résultat est surprenant : sur HD209458b le ciel est pourpre et le « coucher de soleil » est cyan !

Notes:

(1) Sing D., et al., Astrophysical Journal, 10 octobre 2008.
(2) A titre de comparaison Mercure est 8,6 fois plus éloignée du Soleil et la température à sa surface exposée au soleil est de 430°C.

VI
Victor

N' y a-t- il pas une erreur 6.7 million de km ce n'est pas beaucoup puis je doute qu'à cette distance on sépare quoique ce soit

TR
tr

L'exoplanète a été détectée non par séparation optique (== voir deux objets clairement séparés) mais par ses effets sur son étoile (un genre de vibrations). Donc que la distance à son étoile soit petite n'est pas impossible. Quand le spectre de l'étoile sans la planète devant a été déterminé, on peut déduire le spectre de l'exoplanète en relevant le spectre du couple quand l'exoplanète passe devant l'étoile, grâce aux archives de Hubble... (Plus facile à dire qu'à faire, bravo les astrophysiciens :jap: !)

VI
Victor

Justement il devrait y avoir de tel effets de marée et de chaleur que la planète ne devrait pas être stable

TR
tr

... Il y a une formule pour calculer la limite pour le problème des effets de marées.
Ca se nomme aussi la "limite de roche". De même pour la Terre, si la Lune s'approchait trop, elle se briserait à une altitude donnée et calculable.
Donc pour répondre à ton nouvel argument, il faut aller chercher ladite formule de la limite de roche, et connaître les masses en présence.
Quand à la chaleur ? Il y certainement aussi des formules, la première qui me vient à l'esprit c'est la vitesse de libération d'un corps à la surface d'un astre, qui est fonction de la gravité. Si les espèces chimiques et les atomes en présence sont soumis à un échauffement tel que la vitesse des molécules dépasse largement la vitesse de libération de cet astre, l'astre s'évapore, sinon, on a une grosse atmosphère très chaude.
(L'atome le plus difficile à garder étant l'hydrogène, la Terre par exemple perd en permanence de l'hydrogène : pas assez de gravité et trop de chaleur)

avatar
DarkPounette

Autrement dit, on prend un crépuscule terrestre et on le met en négatif (vue d'artiste naïf :D ) :