Une nouvelle piste pour le stockage de l’hydrogène dans les voitures

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Les recherches sur les voitures à hydrogène pourraient faire un bond en avant grâce à une nouvelle forme de borohydrure de lithium, découverte par des scientifiques à l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility).

Le matériau, le borohydrure de lithium, qui contient 18% d’hydrogène, est un bon candidat pour les systèmes de stockage d’hydrogène. Son défaut principal est qu’il libère son hydrogène seulement à des températures relativement élevées (au-dessus de 300 °C). L’équipe scientifique à l’ESRF a trouvé une nouvelle forme de ce composé qui pourrait peut-être libérer l’hydrogène à des températures plus douces. Cette découverte, qui bouleverse les prévisions théoriques, vient d’être publiée, dans Angewandte Chemie.

La structure cristalline de la nouvelle phase de LiBH4

L’industrie automobile fait des recherches considérables sur les voitures du futur, des voitures moins polluantes que maintenant, qui utiliseraient comme source d’énergie la combinaison d’oxygène et d’hydrogène. Ces voitures ne feraient donc pas appel aux produits pétroliers et seraient parfaitement écologiques, puisque le résultat de la combinaison oxygène/hydrogène, c’est de l’eau. La principale difficulté aujourd’hui est de trouver un système capable de stocker l’hydrogène (l’oxygène étant disponible dans l’air) et de libérer cet hydrogène facilement.

Les scientifiques de la station expérimentale suisse-norvégienne de l’ESRF étudient actuellement différents composés d’éléments légers comportant de l’hydrogène et les différentes formes qu’ils prennent selon la température et la pression. Le borohydrure de lithium, LiBH4, est l’un des composés étudiés car il contient une proportion importante d’hydrogène (18 % en poids). Le nouvel état de ce composé, que les scientifiques viennent seulement de découvrir, est prometteur car il semble être instable. Jusqu’à maintenant, toutes les formes connues de ce composé sont trop stables, ce qui signifie qu’elles ne laissent pas l’hydrogène s’échapper. « Cette nouvelle forme est réellement inattendue, et elle a beaucoup de potentiel » rapporte Yaroslav Filinchuk, l’un des auteurs de l’article.

Afin d’obtenir de nouvelles formes de borohydrure de lithium, l’équipe a soumis l’échantillon à des pressions allant jusqu’à 200 000 atmosphères. La pression de 200 000 atmosphères appliquée au LiBH4 dans l’expérience réalisée à l’ESRF, est environ 80 fois plus forte que la pression exercée par l’Everest sur la croûte terrestre (cette dernière est à peu près équivalente à 2 500 atmosphères). Bien qu’impressionnant, ce chiffre n’est pas un record – de plus fortes pressions peuvent être atteintes dans le laboratoire en utilisant la même technique de cellule à enclume de diamant, mais cela n’était pas nécessaire pour cette expérience.

Les techniques de diffraction en lumière synchrotron ont permis de déterminer l’arrangement des atomes dans les différentes formes du matériau testé. De cette façon deux nouvelles structures de borohydrure de lithium ont été découvertes. L’une d’entre elles est réellement inattendue et révèle des distances extrêmement courtes entre les atomes d’hydrogène.

Les recherches effectuées à la fois sur le plan expérimental et théorique montrent que la nouvelle forme du LiBH4 peut libérer de l’hydrogène à des températures plus basses. Filinchuk explique que « la nouvelle structure est bien plus intéressante si l’on considère le fait qu’elle apparaît déjà à 100 000 atmosphères, qui est la pression utilisée par les entreprises pharmaceutiques pour comprimer les pilules ». Les auteurs de l’article pensent que l’on pourrait arriver à stabiliser cette structure grâce à des substituts chimiques, et cela même à température ambiante. La prochaine étape pour l’équipe va maintenant consister à appliquer des techniques de génie chimique au composé pour « geler » la nouvelle structure à des conditions ambiantes et de vérifier qu’elle montre des propriétés de stockage de l’hydrogène plus favorables que le borohydrure de lithium pur.

Bien qu’en général l’hydrogène ne soit pas très facilement détecté par les rayons X, les scientifiques ont réussi à le voir grâce à la forte brillance de la lumière synchrotron de l’ESRF. Même si les études théoriques n’avaient pas réussi à prédire l’existence de cette nouvelle structure, elles arrivent aux mêmes conclusions. Ces recherches présentent une avancée dans les études expérimentales de ce système riche en hydrogène, expliquent l’échec des prévisions théoriques précédentes et suggèrent que ce nouveau composé soit utilisé pour le stockage de l’hydrogène.

La lumière synchrotron ayant démontré ses possibilités sur ce type de matériau, l’équipe de la station expérimentale suisse-norvégienne de l’ESRF va donc continuer à étudier ces composés et à développer des applications potentielles auxquelles, jusqu’ici, on ne croyait pas.

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sonic

complément (d'actualité ou non...)

Un nouveau mécanisme de déshydrogénation du lithium borohydride (LiBH4), un nouveau matériel de stockage de l'hydrogène, a été développé par des chercheurs du Laboratoire de l'énergie, de la science et de la technologie (appartenant au SIMIT, l'Institut des microsystèmes et des technologies de l'information à Shanghai), en partenariat avec des chercheurs de l'Université de Nottingham.
LiBH4, grâce à sa grande capacité de stockage de l'hydrogène, est largement reconnu comme un matériau d'avenir pour les véhicules propres et il est devenu une priorité des recherches actuelles. Cependant, les conditions de réaction nécessaires à sa déshydrogénation (hautes pression et température) en font un matériau difficile à exploiter.
Le mélange de LiBH4 et d'hydrure de magnésium (MgH2) pourrait leur permettre de s'affranchir des problèmes de ces problèmes, le magnésium étant un excellent catalyseur.
Les résultats de ces recherches ont été publiés dans le journal Chemical Communications (2006, DOI: 10.1039/b607869a).

Source : Académie des sciences de Chine, http://english.cas.cn/eng2003/news/deta ... foNo=26203

Rédacteur : Matthieu MASQUELIER

ici : http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /39355.htm

SH
shadok71

Ces voitures ne feraient donc pas appel aux produits pétroliers et seraient parfaitement écologiques

toujours le même refrain concernant l'hydrogene...
l'hydrogene utilisable comme carburant est le dihydrogene (H2), que l'on ne trouve pas dans la nature.
On le produit actuellement essentiellement à partir d'energie fossile, gaz ou petrole.
voilà pour le coté écologique...

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klinfran

je me souviens pourtant bien d'une expérience que j'ai faite l'année dernière en cours, où l'on utilisait une cellule photovoltaïque pour électrolyser l'eau et produire du dihydrogène :D , qui de plus se forme tout seul quand il n'y a que de l'hydrogène. Donc un procédé qui permette de stocker l'électricité me parait on ne peut plus écologique, non? Par contre je n'ai pas très bien compris ce qui expliquait l'échec des prédictions théoriques, quelqu'un peut-il expliquer?

OR
ortie458b

Effectivement cette technologie est intérressante que si l'on peut obtenir de l'hydrogène ( par hydrolise entre autre ) sans utiliser d'énergie fossile. Sinon le problème des émissions de CO2 ne sera pas résolus par ce moyen.

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StarDreamer

Même si la pollution se déplace sur les sites de production d'hydrogène, ce sera déjà pas mal de pouvoir respirer en ville.
De même, un générateur à hydrogène permettra de faire de vraies voitures électriques, sans les centaines de kilos de batteries, et sans avoir un rendement énergétique médiocre à cause des pertes d'énergie du transport par câble...
Quant à ensuite pouvoir produire son hydrogène à la maison, ça reste encore de la SF...

Mais si les premières briques sont là, le rêve de la voiture écolo n'est peut-être plus si loin, non ? Laissons une chance à ces découvreurs...

DO
doc2

Cette voiture existe déja: http://www.moteurnature.com/actu/2007/h ... larity.php.
Honda fournit mêmela station à hydrogène.