Une sortie d'Afrique plus tôt que prévue

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Des artefacts mis au jour dans les Émirats Arabes Unis datent de 100 000 ans et indiquent que l'homme moderne a quitté l'Afrique bien plus tôt que ce que pensaient les chercheurs. La date et la chronologie de la dispersion de l'homme moderne hors de l'Afrique font l'objet d'un long débat alors que la plupart des traces indiquent une migration le long de la mer Méditerranée ou de la côte arabe il y a environ 60 000 ans. Dans leur étude, Simon Armitage, de Royal Holloway, Université de Londres dans le Surrey au Royaume-Uni, et une équipe internationale de chercheurs avancent que l'Homme pourrait être arrivé dans la péninsule Arabique il y a même 125 000 ans, et en venant directement d'Afrique plutôt que par la vallée du Nil ou le Proche Orient comme l'avaient suggéré d'autres chercheurs par le passé.

Simon Armitage et ses collègues annoncent avoir découvert un outillage ancien sur le site archéologique du djebel Faya aux Émirats Arabes Unis qui reflète une technologie ressemblant à celle utilisée par les premiers hommes modernes d'Afrique de l'Est, mais pas à celle qui est apparue au Moyen Orient. Elle comporte des bifaces relativement primitifs ainsi que divers grattoirs et perforateurs, ce qui laisse penser que la migration des premiers hommes vers la péninsule Arabique n'a pas nécessité d'innovation technologique.

Les chercheurs ont aussi étudié les changements du niveau de la mer et du climat dans la région au cours de la dernière période interglaciaire et déterminé que le détroit de Bab-al-Mandab qui séparait l'Arabie de la corne de l'Afrique a pu suffisamment se rétrécir pour qu'une baisse des eaux rende possible un passage au cours de cette période. La péninsule Arabique était bien plus humide à cette époque qu'aujourd'hui et présentait une couverture végétale plus étendue ainsi qu'un réseau de lacs et de rivières. Ce genre de milieu aurait pu, selon les chercheurs, permettre aux premiers hommes d'accéder à l'Arabie puis au Croissant fertile et à l'Inde. Les chercheurs estiment que ces résultats devraient inciter à revoir les moyens qui ont permis à notre espèce de se répandre sur toute la Terre.

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cisou9

:_salut:
On parle toujours de moyens terrestres, est-ce que à cette époque, ces hommes n'avaient pas de moyens de navigation rudimentaires ? :)

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StarDreamer

Difficile à savoir. Si embarcations il y avait, elles étaient en bois et le bois ne tient pas 60 000 ans.
Au mieux, ces "radeaux" ne pouvaient naviguer que le long des côtes (la navigation de grand nom, par étoiles et/ou cartes, n'existant sûrement pas). A penser donc que la balade à cheval voire en course à pied était plus rapide.

Mais là, on parle de déplacement de populations, de tribus entières, avec installation de villages etc...
... Bref, ce ne devait être qu'à chaque génération qu'une partie de la tribu allait toujours plus loin pour implanter un nouveau village, et ainsi de suite. Un mouvement certes lent mais inexorable. Et la rapidité des transports n'a plus lieu d'être.
(par contre, cela peut être intéressant au niveau des "éclaireurs", certains chasseurs en quête de nouveaux territoires).

Dur dur de spéculer sur de l'histoire aussi ancienne sans écrits formels.

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Raoul44bis

A première vue, les hommes de cette époque connaissaient un peu la navigation :

www .planet-techno-science.com/sciences-humaines/des-marins-de-130-000-ans/

Maintenant je ne pense pas, non plus, qu'ils pouvaient se déplacer en masse... Mais avec les découvertes actuelles, il y a énormément de bouleversement dans nos scénarios... Dingue ce que l'on découvre dans tout les domaines scientifiques...

Quand je viens sur ce site je m'étonne tjs du nombre d'avancée... Chapeau bas d'ailleurs !

LO
Loindici

Il ne faudrait plus non plus parler seulement de chasseurs-cueilleurs mais de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs. D'ailleurs il y avait eu un documentaire sur arte il y a pas longtemps où était exposée l'hypothèse de la "naissance" des premiers hommes, seulement une poignée d'à peine 1000-5000 individus sur les côtes de l'Afrique de l'est. Et ce qui était intéressant, c'est justement qu'on y trouvait des traces de la présence de l'homme à travers des restes de coquillages si je me rappelle bien. Cette situation aurait été en plus d'autant plus confortable pour ces premiers hommes qu'étant à la frontière de deux mondes (terrestre et marins) ils auraient pu apprendre à se réfugier sur le littoral pour échapper aux prédateurs terrestres. Là, c'est moi qui extrapole ; j'ai pas le souvenir de ça dans le doc mais bien le fait d'avoir bien fantasmé à cette idée. Pas la peine de savoir naviguer encore, mais on imagine mal l'homme si proche du littoral ne pas se familiariser avec cet élément qui lui procure un refuge parfait, une source de nourriture riche, peut-être même une curiosité et un intérêt chamanique, tout ça sans améliorer ses techniques de pêche... et de navigation (rudimentaire : c'est à dire des embarcations sur des troncs d'arbres, le surf quoi). Ensuite je m'avance un peu, mais cette proximité avec l'océan pourrait également expliquer certaines propriétés qui nous distinguent des autres primates (nos bébés par exemple jusqu'à un certain âge on un réflexe d'apnée il me semble, voire de début de nage). Ça aurait été des aptitudes à peine développée parce que finalement on avait pas besoin d'aller loin mais il fallait sans doute déjà pouvoir nager pour pêcher et se réfugier des prédateurs (oui je sais l'image du lion qui vient nous chasser jusqu'au rivage est un peu bidon mais ça me séduit assez^^).

Ensuite, il y a un autre mystère. Si j'avais vu de la même manière je ne sais plus où que le niveau de la mer au détroit de Bab-el Mandeb était plus bas et donc qu'il était possible de le traverser, est-ce qu'il n'aurait pas été tout aussi possible de passer au Détroit d'Ormuz ! Cela impliquerait donc également une sortie plus rapide de la péninsule arabique pour arriver à l'actuel désert du Thar, entre le Pakistan et l'Inde qui aurait abrité à la fin de la préhistoire la fameuse civilisation disparue de l'Indus (en fait d'un autre fleuve plus à l'ouest aujourd'hui disparu, le Saravasti - merci wiki). Ainsi cette civilisation bien moins connue, serait issue d'hommes ayant pu traverser le détroit d'Ormuz sans passer par le croissant fertile. On peut même imaginer, soyons fous, que plus qu'une sortie d'Afrique plus précoce que prévue, le berceau de la civilisation ne soit plus le croissant fertile (Mésopotamie etc.) mais... les côtes de la Péninsule arabique ! Là on vient de trouver des "artefacts", pourquoi ne pas y trouver demain des traces primitives d'agriculture ?... En archéologie et en histoire (fin de la préhistoire), tout ce qui n'est pas trouvé n'existe pas.. jusqu'à ce qu'on trouve. Et de la même manière qu'il est difficile de trouver des traces d'embarcations, il est difficile de trouver des traces d'un hypothétique nouveau berceau de la civilisation dans un désert, sur le littoral de la mer d'oman... Un peu comme la civilisation de l'Indus, sans doute contemporaine à la civilisation mésopotamienne, qui n'existe pratiquement pas aux yeux du monde tant les traces sont minces et les fouilles impossible dans le désert du Thar. Et si les premières cités, organisées autour d'activités mixes de pêche et d'agriculture étaient nées sur les côtes des actuels Yemen et Sultanat d'Oman ? Du moins les prémices de quelque chose qui permettra aux hommes de s'établir plus tard à l'ouest dans le croissant fertile et à l'est dans la vallée de "l'Indus". Avec toujours la même idée : les hommes ont suivi les côtes et ont vécu de la pêche jusqu'à suivre les deltas du Tigre et de l'Euphrate (peut-être déjà le Nil après avoir suivi les côtes de la mer rouge), mais aussi le fleuve Saravasti dans l'actuel désert de Thar, et développer des techniques d'agriculture dans ces deltas, déjà pratiquées sur les littoraux de la mer d'omar, la mer rouge et le golfe d'oman... Trouver des traces dans un désert c'est déjà sur, mais des traces de civilisation primitives dans un delta ou sur des plages... Les vacanciers le savent bien : ce qui tombe appartient à le terre et ne se retrouve pas. Mais ce n'est pas parce qu'on ne peut pas en avoir de traces que ça n'a pas existé.

Bref cette période 100 000-10 000 est vraiment cruciale et passionnante.