Vol AF447: les boites noires de l'Airbus A330 remontées

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C'est une grande nouvelle dans le cadre de l'enquête sur le crash du vol AF447 : les deux boites noires ont été retrouvées et remontées à la surface. Cette découverte fait suite à celle des débris de l'épave survenue le mois dernier.

L'enregistreur de données était détaché de son socle et avait fait craindre de grandes difficultés pour le retrouver. Finalement, le bloc de données a été retrouvé en très bon état un peu plus loin, et fut le premier à être remonté. L'enregistreur sonore, localisé rapidement après, a été lui aussi remonté.

Qu'attendre de ces enregistreurs ?

Si certains restent encore très prudents quant à la possibilité de récupérer correctement les informations des boites noires, il y a de bonnes chances pour qu'elles soient complètement fonctionnelles.

L'enregistreur de paramètre contient les éléments suivants :

  • positionnement et trajectoire de l'avion
  • actions effectuées sur les commandes
  • certaines conditions atmosphériques telles que captées par l'avion
  • certains problèmes techniques

L'enregistreur de paramètres, Flight Data Recorder (FDR), a été remonté à bord du navire Ile de Sein par le robot Remora 6000 le 1er mai 2011 - Illustration: BEA.

L'enregistreur sonore du cockpit va permettre de connaître :

  • les conversations des pilotes dans le cockpit (procédures utilisées, ressenti sur la situation)
  • les différentes alertes sonores qui se sont déclenchées
  • le bruit d'actionnement de certaines commandes (certains cliquetis sont en effet caractéristiques)

L'enregistreur phonique, Cockpit Voice Recorder (CVR), a été localisé et identifié par l'équipe d'enquête le lundi 2 mai 2011. Il a été remonté par le robot Remora 6000 à bord du navire Ile de Sein à 2h40 UTC le 3 mai 2011 - Illustration: BEA.

Mise sous scellés de l'enregistreur de vol - Illustration: BEA

Ces enregistreurs permettent donc de connaitre le parcours de l'avion ainsi que la réaction des pilotes face aux situations rencontrées. Cependant, une partie des causes même du crash peuvent échapper aux enregistreurs.

Par exemple, si les boites noires déterminent qu'il y a un problème avec un moteur elles ne révèleront pas forcément quel élément du moteur a posé problème, et déterminer quels sont les dégâts dus à l'impact avec l'eau de ce qui peut être antérieur à cet impact. Ceux-ci ne sont que des exemples, il en est de même pour de nombreuses défaillances.

Le boites noires vont très certainement révéler énormément de choses mais ne seront pas forcément les seuls éléments à analyser.

Des enregistrements très attendus

Que ce soit Airbus dont il s'agissait du tout premier crash d'A330 en service commercial, ou Air France, et encore plus les familles de victimes, le décryptage de ces boites est plus qu'attendu. Elles permettront de donner l'enchainement des évènements et ainsi de mettre fin à une phase où seules des hypothèses plus ou moins réalistes étaient émises. Des enseignements seront certainement pris et permettront sans doute d'améliorer un peu plus la sécurité aérienne.

Note:

La DGGN a déclaré ce jeudi dans un communiqué que le premier corps d'une des victimes du vol AF447 a pu être remonté à bord du bateau de recherche, l'Ile de Sein. Cependant les tentatives de relevage sont effectuées dans des conditions particulièrement complexes et jusque là inédites, la remontée d'autres corps de passagers pourrait s'avérer très compliquée.

Voir aussi sur le même sujet:
Vol AF447: une grande partie des débris de l'Airbus A330 retrouvée
Vol AF447 d'Air France: le point suite au rapport du BEA

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batman93

Pourquoi les conserve t-on sous l'eau ?

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cisou9

:_salut:
Je me suis posé la question quand j'ai vu les informations sur la 2, je pense que les joints et certaines parties sont imbibées d'eau et les mettre à l'air risque de détériorer le contenu.

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batman93

C'est pas con ...

WA
waltokran

batman93
Pourquoi les conserve t-on sous l'eau ?

Ils sont placés dans de l'eau pure pour éviter l'oxydation. :_jap:

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POB

C'est un problème chimique classique qu'on rencontre toujours avec les objets ayant séjourné un certain temps en mer, par exemple les éléments métalliques des épaves (canons, boulets, accastillage, vaisselles etc) : des ions chlorure percolent dans les matériaux et si on met les objets à l'air libre ils sont rapidement détruits.
La conservation dans un électrolyte, qui va récupérer les ions Cl-, permet de sauvegarder les structures moléculaires d'origine. Cela peut prendre pas mal de temps, selon la durée du séjour sous l'eau, la salinité, le type de matériau.

Salut et fraternité.

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batman93

Salut et fraternité a toi aussi !
Et merci pour cette explication intéressante !

VI
Victor

D'après ce qu'ils disent "les journalistes fuites entendue à la radio", les boites noires parlent d'une série d'alarmes entre autres les sondes pitos et divers autres instruments qui déconnaient avec une turbulence météo dans les choses prévues par la météo

TH
thierry02200

Bonjour,
Je vous propose de relire les explications que j'avais donnés dans les jours qui ont suivi le crash en 2009, les enregistrements semblent corroborer notre présomption.
viewtopic.php?f=3&t=15918

Cordialement
Thierry02200

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batman93

En quoi ??
Le givrage des sondes Pitot ?
Elles n'expliquent pas tout...

J'ai cru comprendre que les pilotes voulaient cabrer plutôt que piquer...
Qu'est ce qui expliquerait cela ?

De plus, est il concevable qu'un centrage arrière ait rendu l'avion instable et a donc crée un décrochage de l'empennage rendant impossible de se mettre en piqué, obligeant ainsi les pilotes a cabrer pour retrouver la portance de l'empennage ?
J'ai lu une proposition d'un lecteur (je ne sais plus quelle page web) proposant un transfert de carburant vers l'arrière de l'appareil, le rendant ainsi plus instable mais réduisant sa traînée et économisant ainsi le kérosène.

La mise en roulis était peut être aussi une manière de reprendre de la portance ?

Plein de questions de la part d'un ex pilote du dimanche (parfois aussi du samedi...)