Abbaye de Sablonceaux - Définition et Explications

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

Abbaye de Sablonceaux
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
Pays France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Ville Sablonceaux
Culte Catholicisme
Type Abbaye (Une abbaye (du latin abbatia) est un monastère ou un couvent catholique placé sous la direction d'un abbé (ou d'une abbesse; dérivé de l'araméen abba qui...)
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style(s) dominant(s) Roman, Gothique
Protection Monument historique (Différents pays ont choisi de classer leurs monuments historiques selon différentes appellations.) 1907

L'abbaye de Sablonceaux est une abbaye augustinienne fondée en 1136 par le duc d'Aquitaine et comte de Poitou Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) X de Poitiers. Elle est située à Sablonceaux, une commune située dans le département de la Charente-Maritime.

Longtemps laissée à l'abandon, patiemment restaurée depuis 1962, elle connaît une nouvelle vie (La vie est le nom donné :) depuis la réinstallation en son sein d'une communauté religieuse, la Communauté du Chemin Neuf.

Histoire

Fondation

Façade de l'église (L'église peut être :) et amorces des coupoles détruites

Elle fut fondée aux environs de l'an 1136, quand Guillaume X de Poitiers, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, offrit quelques unes de ses possessions à l'église pour se faire pardonner de son soutien à l'antipape Anaclet II. Convaincu de son erreur par Bernard de Clairvaux, lequel avait mandaté auprès de Guillaume l'un de ses amis, l'ermite Geoffroy de Lauroux, il fonda deux abbayes : l'une en terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la...) poitevine, à Fontenay-le-Comte ; l'autre en terre saintongeaise, dans un endroit isolé entouré d'une immense forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible...), la forêt de Baconais : Sablonceaux.

Geoffroy de Lauroux en devint le premier abbé. Cependant, il n'aura guère le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de fréquenter l'abbaye, du fait de sa nomination comme évêque de Bordeaux, c'est-à-dire primat d'Aquitaine.

L'abbaye, placée sous la règle de Saint-Augustin ( abbaye augustinienne ) prospèra rapidement, du fait de la double protection du duc d'Aquitaine et de l'évêque de Bordeaux. Les travaux de l'église abbatiale semblent avoir déjà été en cours en 1160. Celle-ci sera aussi imposante que dépouillée, comprenant une nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui est comprise entre les deux murs latéraux. La nef comprend le vaisseau...) à file de coupoles et une abside (L'abside est un volume qui élargit le fond d'un monument, en forme de demi-cylindre surmonté d'une demi-sphère (voûte en cul de four). Son emploi délimite à l'intérieur du...) romane. Le 17 mars 1189, le duc de Brunswick, gouverneur de l'Aquitaine au nom de son oncle Richard cœur de Lion (Le lion (Panthera leo) est un mammifère carnivore de la famille des félidés du genre Panthera (félins). Il est surnommé « le roi des animaux » car sa crinière lui...), roi d'Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants (en 2006), qui représentent...), fit de grandes libéralités aux religieux de Sablonceaux. Ceux-ci devinrent par ailleurs de puissants propriétaires fonciers, gérant forêts, exploitations agricoles, et surtout marais (En géographie, un marais est un type de formation paysagère, au relief peu accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une couche d'eau stagnante, en...) salants.

Au XIIIe siècle, l'abbaye possèdait plusieurs dépendances, allant des paroisses de l'Ilatte et de Monsanson aux terres agricoles de Berthegille, Sommiers, Malleville, en passant par les marais salants de L'Aubat et de Malaigre. Dîmes et prélèvements permirent l'agrandissement des bâtiments abbatiaux.

Le temps des troubles

Salle capitulaire

Cependant, les rivalités franco-anglaises vinrent fortement perturber cette partie de la Saintonge. L'anarchie s'installa et des bandes armées mirent à sac le pays. Durant cette période, l'abbaye fut pillée, et l'église abbatiale considérablement endommagée. Au XIVe siècle, les religieux rebâtirent le chœur, remplaçant l'abside romane par un chevet (En architecture religieuse, le chevet (du latin caput, « tête ») désigne généralement l'extrémité d'une église, parce que, dans les édifices de croix...) plat d'inspiration cistercienne. Le clocher (Un clocher est un élément architectural d'une église, généralement en forme de tour plus ou moins élevée, qui héberge une ou plusieurs...) primitif, bâti à la croisée (Croisée peut désigner :) du transept (Le transept est une nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale d’une église et lui donne la forme symbolique d’une croix.), fut remplacé par la tour gothique actuelle, laquelle s'élève sur le croisillon (Le terme croisillon renvoie à plusieurs significations :) sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.).

Le calme retrouvé au XVe siècle fut de bien courte durée. Lors des guerres de religion, Sablonceaux devint l'un des bastions catholiques d'une région largement ouverte aux idées réformées. Lorsque survinrent les premiers combats, notamment lors du siège de Pons, l'abbé de Sablonceaux mobilisa ses vassaux et gens d'armes contre les troupes protestantes. Cependant, en 1568, les troupes protestantes prirent l'abbaye, la pillèrent et l'incendièrent une première fois. Une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du...) attaque intervint bien plus tard, en 1622. L'utilisation par le chef protestant Soubise de trois pièces d'artillerie causa d'importants dégâts. Plusieurs siècles après, en 1840, on retrouvera encore des boulets issus de cette bataille dans les combles de l'église abbatiale.

De même, l'église paroissiale du village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée (quelque dizaines...), dédiée à Saint-André, est totalement détruite à cette même époque. Une fois le calme revenu, les chanoines de l'abbaye cédèrent aux paroissiens la chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice distinct ou être intégré dans un autre bâtiment.) nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) du transept, en attendant la reconstruction de l'église du village. Celle-ci n'intervint jamais.

La reconstruction

En 1633, l'abbaye passa sous le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de l'abbaye de Chancelade, située en Périgord.

L'évêque de Lescar, Monseigneur de Maisonnoble, qui fut abbé commendataire de 1715 à 1763 initia à partir de 1723 une campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville, d'agglomération ou de milieu urbain. La campagne est...) de restauration de l'église et des bâtiments abbatiaux. Le mobilier de l'église est rénové, accueillant un retable (Le retable est une construction verticale qui porte des décors sculptés ou peints en arrière de la table d'autel. L'étymologie du mot traduit...) baroque. Un nouveau logis abbatial est édifié. En 1784, le dernier abbé commendataire, Marie-Nicolas de Bourgogne, vient prendre possession des lieux.

La déchéance

L'abbaye de Sablonceaux

Durant l'époque révolutionnaire, l'abbaye est vendue comme bien national. Un commissaire de la marine de Rochefort, Charles Le Moine, en fait l'acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.) peu après, pour la somme de 39 320 livres. Il transforme l'abbaye en carrière de pierre, et pour ce faire fait démolir une partie des bâtiments conventuels. Le château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief....) abbatial est démantelé, de même qu'une partie de la nef de l'église, qui apparaît encore intacte sur une gravure de 1794. Celle-ci, à demi ruinée, est rendue au culte au début du XIXe siècle, puis fermée de nouveau en 1838 sur décision de l'évêque de La Rochelle et Saintes, à cause du danger qu'elle représente. Néanmoins, un prêtre prend ses fonctions en 1847 : Eusèbe Brager. Un presbytère (Le presbytère (du latin presbyterium, du grec presbuteros : ordre ou sacerdoce des prêtres, d’où lieu de vie des prêtres) est l’habitation du curé.) est construit en 1856. Des réparations d'urgence, effectuées par la municipalité, ne suffisent pas à sécuriser l'édifice, qui menace de s'écrouler. Dans le même temps, des démarches auprès du Ministère de l'Intérieur sont entreprises par le maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un gouvernement à gérance municipale comme...) de l'époque pour sauvegarder le bâtiment. L'église ne sera finalement classée aux monuments historiques qu'en 1907. Des travaux d'urgence sont effectués par la commission des Beaux-Arts, mais le sanctuaire (En anthropologie religieuse un sanctuaire (de sanctus, « sacré») est généralement un lieu ou édifice rendu ou devenu sacré (c'est-à-dire 'appartenant à un Dieu') pour une raison ou l'autre....) est toujours en péril.

De multiples reconversions

Le riveau de l'abbaye

Les bâtiments conventuels sont finalement vendus à la municipalité par la famille Le Moine en 1912. Faute de crédits pour entretenir un bâtiment voué à la ruine (Une ruine est le reste d'un édifice dégradé par le temps ou une destruction plus rapide. Elle apparaît souvent dans la peinture occidentale avec pour effet de donner un caractère romantique au décor. Elle...), celle-ci revend l'abbaye ( hormis l'église ) au docteur Martz, qui en fera un centre de cures de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.). Cette reconversion inattendue n'empêche pas de nouveaux bâtiments de s'effondrer, dont le logis du prieur vers 1920. En 1925, une partie de la salle capitulaire connaît le même sort.

En 1940, l'abbaye, achetée par la famille Cornardeau, est transformée en orphelinat par Paule Cornardeau, surnommée « Maman Paule ». L'orphelinat accueille vingt enfants en 1941, il y en a presque une centaine en 1944. Après-guerre, l'abbaye accueillera une laiterie, où sera fabriqué notamment le camembert « Le vieux porche ».

La renaissance

A partir de 1962 commence le chantier de restauration de l'église, sous l'impulsion d'André Malraux (André Malraux, né à Paris 18e, 53 rue Damrémont le 3 novembre 1901 et décédé à Créteil (Val-de-Marne) le 23 novembre 1976, de son nom complet...), alors ministre de la Culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail, La Culture peut être...). Il faudra vingt ans pour remettre en état le sanctuaire.

En 1986, la famille Cornardeau choisit de vendre les bâtiments conventuels. Ceux-ci sont rachetés en 1987 par le diocèse de La Rochelle et Saintes. L'abbaye est ensuite confiée à la Communauté du Chemin Neuf avec une triple mission, en faire un centre spirituel, un centre d'accueil pour des retraites ainsi que pour les visiteurs et les touristes, enfin un centre artistique. L’abbaye a depuis retrouvé sa dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son...) religieuse avec les offices et l’eucharistie célébrés quotidiennement.

L'abbaye a ouvert un atelier de céramiques, une biscuiterie et un magasin de produits monastiques. C’est aussi un lieu culturel pour des expositions et des concerts.

Page générée en 0.158 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique