Église Notre-Dame de Toute Grâce du Plateau d'Assy | |||
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Latitude Longitude | |||
Pays | France | ||
Région | Rhône-Alpes | ||
Département | Haute-Savoie | ||
Ville | Passy | ||
Culte | Catholique romain | ||
Type | Église paroissiale | ||
Rattaché à | Diocèse d'Annecy | ||
Début de la construction | 1937 | ||
Fin des travaux | 1946 | ||
Architecte(s) | Maurice Novarina Édouard Malot | ||
Style(s) dominant(s) | moderne (détail) | ||
Protection | Monument historique | ||
Localisation | |||
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L’Église Notre-Dame de Toute Grâce est une église de confession catholique construite dans la première moitié du XXe siècle, de 1937 à 1946, sur le plateau d'Assy, à 1 000 m d'altitude, face à la chaîne du Mont Blanc, sur le territoire de la commune de Passy (Haute-Savoie), à l’initiative du chanoine Jean Devémy (1896†1981), par l’architecte savoyard Maurice Novarina. Elle doit sa célébrité à sa décoration, réalisée par les plus grands artistes de l’époque. Elle est considérée comme l’édifice-clé du renouveau de l’art sacré au XXe siècle. Au moment de sa consécration, en 1950, cette église résolument tournée vers l’art moderne choqua une partie traditionnaliste du clergé français, accoutumée à plus de classicisme.
Depuis le 11 juin 2004 Notre-Dame de Toute Grâce est classée au titre des monuments historiques.
L'église est située sur une petite place du Plateau d'Assy près de la rue de l'Eglise en contre-bas de la rue du docteur Paul-Emile Davy.
Maurice Novarina, en collaboration avec Édouard Malot, construisit une église en pierre verte du pays, le grès de Taveyannaz, conçue à l’image des robustes chalets savoyards. Enveloppé de toits pentus capables de supporter de lourdes charges de neige, dans une région où celle-ci est particulièrement abondante, l'édifice est solidement ancré au sol.
L'église, cette arche immobile, est surmontée d'un campanile massif de vingt-huit mètres de haut, dont la verticale contrôlée, lui permet de s'insérer sans heurt dans la tectonique du paysage, relançant et allègeant la structure. Par ailleurs, huit piliers massifs soutiennent un auvent profond de cinq mètres. L’intérieur ressemble à une chapelle romane, avec une nef rectangulaire flanquée de deux bas-côtés. Le chœur, en hémicycle, est entouré d’un déambulatoire et surplombe la crypte. Les différents volumes sont séparés par des arcades en plein cintre montées sur des piliers monolithes.
Mais ce qui a fait la notoriété internationale de Notre-Dame-de-Toute-Grâce est sa décoration, confiée par l’abbé Devémy aux plus grands maîtres de la première moitié du XXe siècle ; de ce fait, l’humble église de montagne s’est transformée en un véritable manifeste des mouvements artistiques de l'époque, marquant un renouveau de l’art sacré. Par un jeu d'amitiés sincères, l'abbé contacte, grâce à son ami le Père Couturier, les artistes les plus importants de l'époque, qui acceptent tous de collaborer au projet avec enthousiasme. Parmi ceux-ci, Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurçat et son élève Paul Cosandier, Germaine Richier, Georges Rouault, Jean Bazaine, Henri Matisse, Georges Braque, Jacques Lipchitz, Marc Chagall, Jean Constant-Demaison, Ladislas Kijno, Claude Mary, Carlo Sergio Signori, Théodore Strawinsky etc. vinrent signer peintures, sculptures, tapisserie, vitraux, céramiques et mosaïques.
Les artistes ont été choisis pour leurs qualités artistiques et non pour leur engagement religieux, ce qui provoqua une vive polémique (la querelle de l’Art Sacré).