Le Covid long affecte quatre personnes sur dix

Publié par Adrien le 08/07/2021 à 09:00
Source: Université de Genève
Plus de sept mois après avoir contracté le virus, près de 40% des personnes symptomatiques testées positives au SARS-CoV-2 présentent encore des symptômes révèle une étude de l'UNIGE et des HUG.


Une étude de l'Université de Genève (L'université de Genève (UNIGE) est l'université publique du canton de Genève en...) (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) sur le suivi à long terme des personnes symptomatiques testées positives au SARS-CoV-2 révèle que sept à neuf mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) après avoir contracté le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise...), 39% d'entre elles signalent des symptômes résiduels. Ces résultats, à consulter dans la revue Annals of Internal Medicine, révèlent également une persistance ( Persistance (statistiques) Persistance (informatique) en peinture : La...) des symptômes, plus courante chez les femmes et chez les personnes ayant présenté plusieurs symptômes les jours qui ont suivi leur infection. Ces derniers peuvent disparaître puis revenir et voir leur intensité diminuer avec le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...).

Le virus du SARS-CoV-2, responsable de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...) COVID-19, peut entrainer des symptômes qui se prolongent sur plusieurs semaines. Fatigue persistante, troubles neurologiques, essoufflement, troubles cardiaques ou troubles psychiatriques sont les plus fréquents. Ils varient dans leur présentation et leur intensité et peuvent aussi fluctuer dans le temps.

Les termes COVID long, PASC pour Post-Acute Sequelae of SARS-CoV-2 infection, ou encore post COVID-19 sont utilisés pour qualifier la persistance de ces symptômes au-delà de 4 à 12 semaines après l'infection. Afin de mieux les cerner, d'évaluer leur impact sur la qualité de vie (La qualité de vie d’une population est un enjeu majeur en sciences économiques et...) des patients et d'en préciser la durée, l'UNIGE et les HUG ont réalisé une étude de suivi à long terme des personnes symptomatiques ayant consulté aux HUG entre le 18 mars et le 15 mai 2020 et diagnostiquées positives au SARS-CoV-2.

Persistance des symptômes

L'étude se décompose en trois étapes: une consultation ambulatoire (Le terme ambulatoire désigne un traitement qui nécessite une hospitalisation de courte...) par télémédecine (La télémédecine regroupe les pratiques médicales permises ou facilitées...) les jours suivant le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de...), une autre 30 à 45 jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) après, puis un suivi des symptômes sous la forme d'un questionnaire (Les questionnaires sont un des outils de recherche pour les sciences humaines et sociales, en...) entre sept et neuf mois. Les patients avec des complications graves ayant nécessité une hospitalisation ne sont pas inclus dans l'étude afin de mettre en évidence les symptômes persistants, indépendamment d'une hospitalisation.

Sur les 629 personnes volontaires constituant la cohorte initiale de l'étude, 410 ont effectué les trois étapes et 39 % d'entre elles ont déclaré des symptômes persistant sept à neuf mois après le diagnostic. La fatigue (20,7%) est le symptôme (Un symptôme représente une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus...) le plus fréquent, suivie par la perte du goût (Pour la faculté de juger les belles choses, voir Goût (esthétique)) ou de l'odorat (16,8%), l'essoufflement (11,7%) et les maux de tête (10%). Ces résultats sont comparables aux études internationales du même type, mais Dre Mayssam Nehme, cheffe de clinique au Service de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la...) de premier recours des HUG et première auteure de ces travaux, précise qu'"il s'agit actuellement d'une des premières études longitudinales ambulatoires mises en place post-COVID avec un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) aussi important de participants".

Catégories à risques

L'étude révèle une tendance d'association des symptômes à long terme avec le genre. En effet, Dre Mayssam Nehme note que "l'incidence semble plus élevée chez les femmes, notamment pour la fatigue, les essoufflements et les maux de tête. Toutes les catégories d'âge sont touchées, y compris les personnes jeunes et en bonne santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...)". La prévalence de certains symptômes varie pour certaines tranches d'âge: par exemple, les 40-60 ans ont davantage de douleurs musculaires.

Les personnes ayant développé plus de symptômes du COVID-19 en phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et...) aigüe de la maladie, à savoir les jours suivants l'infection, ont davantage tendance à développer des symptômes persistants. De manière surprenante, les symptômes peuvent apparaître et disparaître au cours du temps. "En effet, certaines personnes ont déclaré la disparition des symptômes entre 30 et 45 jours et se voient à nouveau symptomatiques sept à neuf mois après l'infection", précise-t-elle. La cause de ces variations reste inexpliquée, mais fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans...) de diverses hypothèses en cours d'étude, selon les chercheurs/euses.

Une lente guérison (La guérison est un processus biologique par lequel les cellules du corps se...)

37% des personnes avec des symptômes persistants les voient disparaître après 30 à 45 jours et 19% supplémentaires après sept à neuf mois, soit une rémission dans 56% des cas.

Bien que faibles à modérés, les symptômes impactent néanmoins la qualité de vie (La vie est le nom donné :). "Les personnes avec un niveau de forme optimale avant leur infection ne le sont clairement plus après. Ce sentiment de ne plus être au mieux de sa forme ajouté au découragement face à une absence de progression nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces...) est particulièrement difficile à vivre", s'inquiète le directeur de cette étude, le Pr Idris Guessous, épidémiologiste au Département de santé et médecine communautaires de la Faculté́ de médecine de l'UNIGE et médecin-chef du Service de médecine de premier recours des HUG.

Hormis pour les maux de tête, l'intensité et la sévérité des symptômes diminuent au fil du temps. "Lors de l'évaluation de la sévérité de leurs symptômes, la majorité des participants de notre cohorte évoquent des intensités légères à modérées", ajoute Idris Guessous.

Améliorer le suivi

Les travaux de cette étude apportent des connaissances indispensables au rétablissement des personnes touchées par cette forme persistante du COVID-19. "Les médecins traitants doivent être la première ligne assurant le suivi de leurs patients COVID-19 à long terme et cette étude les aidera à appréhender et mieux connaître les signes de cette maladie", poursuit Idris Guessous. Son équipe et les HUG ont d'ailleurs rédigé des protocoles destinés aux médecins traitants pour la prise en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement...) des patients ainsi que des informations sur le COVID long destinés aux patients.

Un e-calculateur de risque de symptômes persistants

L'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) a développé un calculateur de risque des symptômes persistants après un diagnostic confirmé de COVID-19. L'objectif de ce calculateur est d'informer le public sur sa probabilité (La probabilité (du latin probabilitas) est une évaluation du caractère probable d'un...) de présenter des symptômes liés au COVID-19 sept à neuf mois après un diagnostic confirmé. Il est disponible en français, anglais et espagnol sur https://longcovidcalculator.com/.
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