Changement de cap pour la politique spatiale américaine : quels impacts pour l’Europe ?

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Nommé il y a 2 jours pour un 3ème mandat à la Présidence du CNES, Yannick d’Escatha a réagi aux récentes décisions du Président américain Obama, qui vient de changer radicalement l’approche de l’aventure spatiale américaine.

Yannick d'Escatha, président du CNES, lors de sa conférence de presse annuelle le 11 février 2010.

Exploration : une vision à long terme

En annulant le programme Constellation, les Etats-Unis ont-ils renoncé à l’exploration habitée de la Lune puis de Mars ?
« M. Obama n’a pas sacrifié la NASA, il a augmenté son budget. » précise d’entrée le Président du CNES, auditionné à l’Assemblée Nationale le 9 février dernier.

« La commission Augustine a constaté que le programme de George W. Bush Moon, Mars and Beyond n’était pas faisable dans les délais et les conditions prévues ». Il s’agissait en effet d’un budget d’exploration de 10 milliards de dollars par an, auquel il manquait 30 % par an depuis 2005.

Pour autant, le président américain « n’a pas renoncé au vol habité ni à l’exploration ». Barack Obama prolonge en effet l’exploitation de la Station spatiale internationale et privilégie dans un premier temps l’exploration robotique. Il montre sa volonté de garder l'exploration et le vol habité au coeur de la stratégie américaine, qui consiste à faire un saut technologique, assurant à l’homme sa capacité d’explorer l’univers de manière inédite. « Le Président Obama a recentré la NASA comme agence d’innovation, ce qui est précisément le positionnement du CNES. »

De nouvelles opportunités de coopération internationale

Autre point important : en augmentant le budget de la NASA de plus d’un milliard de dollars, « il l’a rééquilibré au profit de l’observation de la Terre » qui devient une priorité clairement affichée. « Nous sommes heureux de cette orientation », commente le Président d’Escatha lors de sa conférence de presse le 11 février. « Une autre conclusion majeure de M. Obama consiste à ouvrir l’exploration à la coopération internationale », ajoute Yannick d’Escatha. La mission Exomars, qui explorera la planète rouge, désormais américano-européenne, en est une illustration.

« M. Obama commence par l'exploration robotique, sa priorité devient l'exploration de la Terre, il recentre la Nasa comme une agence d'innovation, et il développe un nouveau lanceur. Cela fait 4 points communs », se félicite le Président du CNES lors d’une interview donnée à l’AFP. « La politique des Etats-Unis, qui se rapproche de la politique spatiale européenne et française, offrira des opportunités de développer la coopération. »

Pour Yannick d'Escatha, l'exploration appelle « une gouvernance à haut niveau politique qui rapproche les nations, à la place d'une course à l'espace qui les divise, les oppose ».

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jctof

il développe un nouveau lanceur.

Ares I ?
Mais comment envisager l'exploration humaine sans lanceur lourd ?

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cisou9

:_salut: Il compte peut-être sur l'ESA une collaboration qui serait moins coûteuse.

Yannick d’Escatha a été le patron du CEA à l'époque ou j'étais actif. :)

VI
Victor

Il nous faut un transport avec un retour atmosphérique, sinon on va dépendre des russes et des chinois, et c'est pas bon pour l'Europe...

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buck

Victor
Il nous faut un transport avec un retour atmosphérique, sinon on va dépendre des russes et des chinois, et c'est pas bon pour l'Europe...

On fait ou faisait pareil avec les americains, et on ne s'en sort pas si mal, alors pourquoi ca serait different avec les autres ?
Faut arreter certains delires parfois

LO
Loindici

C'est une question de priorité politique et économique. S'il n'y a pas de volonté de développement en commun à grande échelle en Europe (ni même de partenariat total avec les Russes — on a même jamais parlé d'inviter les Russes à l'Union européenne...) c'est parce que les pays peuvent se fixer sur d'autres priorités. Les USA ont une NASA et une armée puissante, mais où est sa couverture sociale, son système de retraite, son aide au logement, ses aides aux personnes handicapées, ses congés payés ou maternités... Bah oui, on Europe on a pas besoin d'aller sur la lune, on sait déjà que chez nous c'est plus sympa^. Sans compter qu'il y a aussi une histoire de capitaux. Je suis pas économistes mais je pense qu'aux usa on autorise plus facilement les déficits abyssaux, on prête plus facilement, les capitaux étrangers vont plus facilement dans des produits us... parce que c'est l'Amérique impériale. Tout va au plus fort, tout le monde vous voit pour plus beau que vous ne lêtes en réalité (il suffit de voir qu'économiquement les USA ont plus souffert qu'aucun autre pays en Europe pendant la cruse, et pourtant, c'est chez nous que la bourse plonge le plus et qu'on voit une fuite des capitaux et des ménages qui épargnent... Le maître est malade mais c'est l'esclave qui tousse le plus et qui vomit).

Après, c'est certain que si on veut faire l'union de l'Europe, il faut se créer une identité commune (on préfère se demander ce que c'est que d'être Français, alors que l'enjeu il est plus au niveau européen et ça aurait plus de sens de se poser la question de savoir ce que c'est qu'être Européen... les Russes ou les Turcs le sont-ils ? doit-on parler forcément une langue commune pour avoir une identité commune — l'Inde et la Chine n'ont pas se problème ou presque, preuve que c'est possible). Et justement donc l'ESA, la mise en place de capitaux important pour le développement spatial et des projets d'envergure pour montrer que l'Europe peut jouer un rôle dans la conquête spatiale, aussi bien que la Chine et l'Inde (tiens toujours les mêmes) qui veulent profiter de cet espace pour se forger une identité et un leadership dans le monde, comme autrefois les USA pour assoir un leadership déjà bien installé (le premier homme dans l'espace est peut-être plus important que les premiers pas sur la lune et pourtant, c'est la victoire du plus puissant qu'on retient, ou du moins du vainqueur — ou comment l'histoire donne de l'importance aux évènement selon qu'on se situe dans un camp plutôt qu'un autre... — et donc de l'intérêt de ne pas être dépendant de l'histoire des autres). La question malheureusement c'est même plus de savoir si c'est possible, mais si on le veut. Et là, force est de constater que l'avis général en Europe, c'est de ne pas faire de vagues, ou du moins la priorité nationale prévaut toujours avant ceux de l'Union. Certains pays, c'est juste dans leur culture de jouer les petits chiens, d'autres veulent rester dans leur coin ; bref y a aucune volonté en Europe de s'imposer oui, voire de créer une culture ou une identité européenne. En tout cas, ce sera pas au programme avant longtemps. Et peut-être que le jour où on en aura la volonté ce sera déjà trop tard et toutes les grandes aventures des pionniers de l'espace seront déjà atteintes par des gouvernements plus ambitieux (mais en Europe... y a pas de gouvernement — du moins, il a déjà aucun leadership chez nous, donc comment il pourrait en avoir en dehors de nos frontières).