Le télescope spatial Planck est désormais opérationnel

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L’instrument français HFI (High Frequency Instrument) de la mission d’astrophysique spatiale « Planck » de l’ESA, a atteint sa température nominale de fonctionnement : 0,1 degré au-dessus du zéro absolu, soit -273°C. C’est une première mondiale d’arriver à cette température dans l’espace, et grâce à cette prouesse technologique les astronomes espèrent lever le voile sur les premiers instants de l’Univers.

Vue d’artiste du satellite Planck et de son télescope

En dehors de quelques laboratoires terrestres, c’est sans doute l’endroit le plus froid de l’Univers. La mission du satellite Planck, lancé avec Herschel le 14 mai par Ariane 5 depuis le Centre Spatial Guyanais à Kourou, est de mesurer avec une très grande précision le rayonnement cosmique fossile ou fond diffus cosmologique. Il s’agit de la plus ancienne lumière émise dans l’Univers, et en l’observant Planck nous fournira une image de l’Univers tel qu’il était 380 000 ans après le Big Bang, il y a donc 13,3 milliards d’années. Les observations de Planck donneront des informations uniques sur la naissance de l’Univers et permettront de tester différentes hypothèses sur ce qui s’est passé dans les premiers instants après le Big Bang.

Planck embarque un télescope de 1,5 m de diamètre équipé de deux instruments : HFI pour
High Frequency Instrument, est un instrument qui fonctionne aux longueurs d’onde submillimétriques, développé par une large collaboration conduite par la France, sous la responsabilité de l’Institut d’Astrophysique Spatiale à Orsay. Un second instrument travaillant à plus basse fréquence a été développé sous la direction d’équipes italiennes.

Le satellite balaiera plusieurs fois l’intégralité de la voûte céleste et fournira une cartographie avec une précision sans précédent des inhomogénéités de température et de polarisation du rayonnement cosmique fossile. La sensibilité exceptionnelle de l’instrument HFI, capable de détecter des fluctuations de température de l’ordre du millionième de degré, grâce à ses capteurs refroidis à 0,1 degré au dessus du zéro absolu, soit -273°C.

Pour atteindre cette température ultime, il faut mettre en cascade plusieurs étages de réfrigérateurs. Le premier étage forme une sorte de bouclier isolant le télescope et les détecteurs du rayonnement du soleil et de la Terre. L’étage final fait suite à un réfrigérateur à hydrogène construit par le Jet Propulsion Laboratory aux Etats-Unis et un réfrigérateur à compression développé par des équipes britanniques. Il s’agit d’un système à dilution d’hélium dont le principe est dû à une équipe de l’Institut Néel de Grenoble. Le coeur du système a été développé sous brevet et contrat CNES, en collaboration avec l’Institut d’Astrophysique Spatiale, par la Division des Techniques Avancées de l’Air Liquide.

La température de fonctionnement a été atteinte 50 jours après le lancement conformément aux prévisions. Planck va maintenant entamer une série de vérifications qui vont durer plusieurs semaines, puis commencer sa mission d’archéologue de l’Univers. Rendez-vous est pris en 2012, pour les premiers résultats scientifiques.

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houri smail

Bonjour,
Toujours obsédé par la soif de comprendre, l’homme surmonte tous les obstacles et accomplit des exploits surnaturels pour parvenir à ses fins. Faire fonctionner des instruments pareils et à une telle température pour un éventuel décryptage du rayonnement cosmique fossile, c’est toucher aux limites de l’impossible. Dans trois ans, il y aura certainement des surprises. :clapclap:

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Maulus

oui c'est fantastique !! c'est pour moi, le premier attrait que j'ai pour la science :)
la nature dans son inarrêtable besoin de prendre conscience complètement d'elle même :p

moi ce qui me surprend sur l'image c'est l'agencement des miroirs, le miroir principal est complètement en dehors du satellite. A la façon d'une parabole. il n'est absolument pas protégé!

BR
broly

Planck nous fournira une image de l’Univers tel qu’il était 380 000 ans après le Big Bang
et bien ça donne envie de voir ça vivement la photo en question !! :fada:

Maulus
la nature dans son inarrêtable besoin de prendre conscience complètement d'elle même :p

c'est aussi surtout le besoin de profit avant tous.
on est loin d'être une société désintérresser :o

DA
david78

Pourrions nous en déduire (avec une image plus précise) la forme présumé de l'univers ?

je ne sais plus avec quel satellite avait été réalisé la premiere image, mais j'ai cru comprendre que l'on avait observé que tout n'était pas homogène, il y avait une sorte de "raisonnance" dans la disposition de la matière (je ne sais pas les termes exact à employer), et l'on pouvais en déduire une forme de l'univers (Cf les travaux de JP Luminet).

Ces nouvelles images vont elles nous aider a etre plus précis, mais si, si j'ai bien compris, ca n'est pas la mission première.

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cisou9

:_salut: J'ai travaillé sur un réfrigérateur à dilution He3 He4 et en conduction thermique fin 70 début 80 j' décendais un peu en dessous de 50 millikelvin. :)

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Maulus

david78
Pourrions nous en déduire (avec une image plus précise) la forme présumé de l'univers ?


je ne sais plus avec quel satellite avait été réalisé la premiere image, mais j'ai cru comprendre que l'on avait observé que tout n'était pas homogène, il y avait une sorte de "raisonnance" dans la disposition de la matière (je ne sais pas les termes exact à employer), et l'on pouvais en déduire une forme de l'univers (Cf les travaux de JP Luminet).


Ces nouvelles images vont elles nous aider a etre plus précis, mais si, si j'ai bien compris, ca n'est pas la mission première.

Si si c'est la mission première de Plank, l'étude du fond diffus cosmologique.
Avec Hershel à coté pour sondé l'univers lointain, spécialisé dans l'infrarouge.

Le précurseur de Plank c'était WMAP qui a donné cette image :

On ne sait pas encore précisement quelle est la cause de ces inhomogénéités mais on parle de fluctuation gravitationnelle suite à l'inflation.
Il faut bien comprendre que ces inhomogénéités sont vriament infimes, regarde l'echelle en bas du graph.
Les variations de température du fond diffus sont extrèmement faibles. D'ailleurs on essaye pour la première fois avec Plank d'ajouter une détéction de la polarisation des photons du CMB pour voir quel était le champ magnétique à cette époque.

JP Luminet parlait d'univers chiffonné, j'ai lu son bouquin.
Même si il a retiré aujourd'hui en partie ces conclusions, moi j'ai trouvé son point de vue interessant.
Il n'a pas déduit la forme de l'univers avec le fond diffus mais en extrapolant l'effet de la gravité sur l'espace temps pour aboutir à un univers chiffonné par la courbure de l'espace temps provoqué par les milliards de galaxies qui jalonne l'univers.
si bien que géométriquement, l'univers semble chiffonné par toutes ces grosses masses qui le déforme.