déjà merci pour ta patience et merci pour la longue réponse !
Un présupposé commun à tes deux points me gène : c'est la lenteur .. donc une certaine 'sagesse' de la nature. Précisément sur les milliers / millions d'années.
je ne suis pas 'pro ogm' mais pro science, progrès, et surtout anti religion, l'adoration de la 'nature naturelle' mythifiée et dénaturée dans ce qu'elle a en réalité de hasardeux et d'absurde- étant à mon sens une des pire régressions obscurantiste que connaitra l'humanité. je n'ai donc pas plus de raison d'être ant-ogm qu'anti croisement, anti sélection, anti culture de plantes (la culture en général étant la plus massive diminution de biodiversité que l'homme pourra concevoir, et aucun OGM n'aura l'impact que 1500 ans d'agriculture ont causé au biotope 'naturel' qu'était l'europe par exemple)
Pour nos fameux milliers et millions d'années - C'est là ou le bât blesse. il n'y a ni millions, ni milliers, mais permanence des mutations.
"En ce qui concerne les transferts de gènes et les mutations, je suis d'accord, il en survient fréquemment et bien plus que ce que l'on croit. Cependant, encore une fois, ce qui n'est pas viable ne survit pas. Or, le problème des OGM, c'est qu'ils sont viables et pourtant génétiquement non naturels."
Non c'est faux, les mutations sont permanentes et nombreuses,et les individus survivent - seuls les cas extrêmes et non viables sont... non viables - mais TOUS les autres le sont , simplement, si le gène s'exprime peut ou si il n'apporte pas d'avantage sélectif il s'éteint (et encore, pas forcément) . Encore une fois pour le seul génome humain c'est 60 mutations / individus à chaque naissance. Toi et moi sommes en vie et actuellement derrière un clavier.
Même si nous devons reconnaitre que le mutant 'yeux bleus' semble t il danois et très tardif a eu un sacré bol niveau avantage sélectif.
J'avais été frappé aussi de cette étude de la canopée équatorienne ou on trouve des individus qui ont tellement ramassé en UV que chaque extrémité de branche produit des graines au génome différent de ses soeurs. Elles aussi survivent. ce matraquage UV expliquant sûrement en partie la différence de biodiversité végétale entre l'équateur et les zones plus tempérées. On ne parle pas de millions d'années...
Cette vision statique de la nature est notre première erreur. n'importe quelle espèce n'importe quand peut présenter un individu dont la mutation va lui faire prendre un ascendant décisif sur son biotope . il n'a aucune raison d'être gentil et raisonnable dans sa conquète. On peut considérer que sa sélection par l'homme va accentuer ça. clairement, 80% peut être plus de ce que nous mangeons sont des monstres qui ne vivraient pas sans nos soins constants, mais leur mutation nous a plu.
Ton exemple est typique :" Imaginons une culture ravagée par une espèce d'insecte. L'homme met alors sur pied un OGM résistant à cette espèce. Premièrement, qu'est-ce qui prouve l'innocuité de cet OGM pour d'autres espèces ? Il faut commencer à faire les tests pour l'ensemble des organismes ? Trop long et infaisable ! "
C'est pourtant très précisément ce que fait la nature : une culture ou une espèce est ravagée par un insecte. des ou un individu mutant 'naturel' dispose d'une resistance. rapidement cet individu prend le pouvoir puisqu'il dispose d'un avantage sélectif : qu
'est-ce qui prouve l'innocuité de cet OGM pour d'autres espèces ? faisons nous des tests pour l'ensemble des organismes ? pas plus, pas moins.
pour la suite, c'est dans le même ordre d'idée :
"Faut-il également que l'OGM soit résistant à ces facteurs, aussi multiples et variés puissent-ils être ? On n'en finit plus alors de créer de la résistance ! Au final pour en faire quoi ? Le répandre et qu'il devienne le type dominant ? ce qui va remplacer le naturel, ce dernier établi depuis des milliers d'années ? Selon moi, grosse bêtise !"
Mais TOUTES les cultures sont des types dominants et sélectionnés pour. Quand aux résistances, elles sont déjà là : tout climat extrême génère spontanément des plantes résistantes à ce climat. faire de même de manière consciente OU hasardeuse est strictement identique. Du moment que tu crées une culture tu as réduit la biodiversité locale au profit de ta culture - c'est déjà "MAL" si tu es un tenant d'une logique morale / religieuse quasi animiste (à notre insu je veux bien le concéder) .
Il n'y a qu'un seul cas ou l'OGM, comme le produit de synthèse, est moralement condamnable et non souhaitable, c'est si tu le conçois dans un but nuisible 'global' consciemment (par exemple si tu souhaites construire la plante immortelle / toxique / ultra resistante / ultradominante / à très grande diffusion de graine et si possible imangeable etc etc à but d'éradication de toute autre espèce sur terre ... déjà y'a du boulot de recherche - mais pourquoi pas) .
dans ce cas le danger est statistiquement plus grand que les mutations alétaoires puisque tes seuls critères de choix sont des gènes jugés nocifs. dans tout autre cas (et c'est un avis que partage des biologistes et chercheurs sur d'autres forums) le critère d'un seul gène est statistiquement moins dangereux qu'un seul simple croisement, qui brasse deux génome entiers et peut potentiellement activer des centaines de caractères qui dans un premier temps peuvent totalement nous échapper.
Je contemplait dernièrement sur Arte le travail d'un chercheur qui cherchait au tibet ou dans un coin reculé de la chine des pommes , certes minuscules et pas bien vendeuses - mais ultra résistantes aux insectes. Son but était de réaliser moult croisement jusqu'à produire LA pomme à la fois vendable et ultra résistante.
Le tout (ARte oblige) étant jugé magnifiquement bio puisque pas OGM. et puis cette recherche d'un génome 'naturellement' resistant , quel éloge à la biodiversité non ?
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D'une, le pomme va probablement contenir de toxines naturelles parce que localement toxique à ces insectes (mais c'est de la toxine naturelle, c'est bon ! )
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de deux, les croisements peuvent générer des individus ultra-résistants et dominants une fois lâches en plein champs au même titre que ce que tu crains sur les OGM. Bon, c'est des arbres, le risque est limité une tronçonneuse devrait suffire.
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de trois le brassage génétique va générer son lot d'inconnues qui pourraient bien se révéler agréablement ou désagréablement surprenant.
ce croisement est pourtant jugé plus 'bio'. ce jugement est donc d'ordre moral / religieux puisque quantitativement et qualitativement il est considérablement plus dangereux qu'un transgène unique.