Les secrets des lettres de Marie-Antoinnette décryptés

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Illustration: © Archives Nationales – CRCC

Les passages cachés des lettres de Marie-Antoinette au comte de Fersen livrent leurs premiers secrets.

Fruit d'un partenariat entre les Archives Nationales, le Centre de Recherche sur la Conservation (CRC, USR3224, CNRS / MNHN / Ministère de la culture et de la communication) et laboratoire Equipes Traitement de l'Information et Systèmes (ETIS, UMR8051, CNRS / ENSEA Cergy / Université de Cergy-Pontoise), les travaux menés dans le cadre du projet REX ont permis de décrypter une première lettre caviardée de la correspondance entre Marie-Antoinette et le comte de Fersen. Depuis plusieurs années, différentes équipes de recherche ou même des sociétés privées se sont confrontées à cet exercice, en vain… Ce premier succès est intéressant pour l’information donnée sur le support de travail mais aussi pour l’avancée des techniques mises en œuvre. En effet, elles pourront être mises à contribution pour analyser et décrypter des textes et manuscrits anciens dont l’écriture est dissimulée, altérée ou effacée.

De la fin juin 1791 à la fin juin 1792, alors que la famille royale est en résidence surveillée aux Tuileries, la reine Marie- Antoinette et le comte de Fersen ont échangé une correspondance secrète conservée depuis 1982 aux Archives nationales. Si une partie de ces lettres qui étaient codées a pu être déchiffrée, sur d’autres le texte en est cependant incomplet car il a été en partie masqué par un caviardage soigneux. Ceci a longtemps conduit à alimenter diverses hypothèses sur la nature des informations livrées par la Reine.

Après plusieurs tentatives restées sans succès, aujourd’hui, les lettres caviardées commencent à livrer leurs secrets !

Dans le cadre des actions de soutien à la recherche de la Fondation des Sciences du Patrimoine (FSP), un projet déposé par les Archives Nationalesen 2014 a permis au Centre de recherche sur la conservation des collections d’analyser ces lettres à l’aide de techniques récentes d’imagerie dans trois domaines distincts du spectre électromagnétique : celui des rayons X, du visible et du proche-moyen infrarouge ainsi que celui de l'infrarouge lointain afin de discriminer les deux niveaux d’écriture.

Les encres de l’époque, dites métallogalliques, étaient préparées à partir d’un mélange aqueux de sulfate de fer ou de sulfate de cuivre, de tannins végétaux (acide gallique extrait de la noix de galle) et d’une gomme végétale (gomme arabique) jouant le rôle de liant pour les pigments formés par ce mélange.

Des cartographies chimiques ont été réalisées sur la lettre « 4401_1-43 » datée du 4 janvier 1792, une des rares lettres autographes de Marie-Antoinette. Grâce à de légères variations dans les concentrations de cuivre entre les deux encres, la fluorescence de rayons X sous micro-faisceau (?XRF) a permis de distinguer les deux niveaux d’écriture et d’extraire le texte original (les mots en italique sont interpolés) :
« je vais finire, non pas sans vous dire mon bien cher et tendre ami que je vous aime a la folie et que
jamais jamais je ne peu être un moment sans vous adorer ».

Au-delà de l’information obtenue sur le contenu de cette correspondance, l’étude a permis d’asseoir diverses méthodologies d’imagerie utiles pour analyser plus finement des manuscrits et en extraire des informations invisibles à l’œil nu.

C’est l’un des objectifs de l’Equipement d’excellence PATRIMEX que gère la FSP et qui vise à mettre en synergie de nouvelles techniques pour mieux connaître, comprendre et préserver les biens culturels.

Fort de ce premier succès et avec l’idée de déchiffrer la totalité de la correspondance entre Marie-Antoinette et Axel de Fersen, la FSP souhaite pouvoir assurer la poursuite du projet.

Pour plus d'information: Lire l'intégralité du communiqué de presse

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POB

Avec le filtre déformant des mots de notre époque, un lecteur non averti en déduirait logiquement que Louis XVI était cocu jusqu'au trognon, ce qui lui serait bien allé et aurait fait rigoler les gens.
A l'époque, le mot "aimer" n'avait pas tout à fait le même sens qu'aujourd'hui, de même la nuance entre amant / amoureux n'impliquait rien de sexuel, simplement un amour partagé ou non.
Donc Louis XVI n'était certainement pas cocu, ce qui n'empêcha pas la Reine d'être haïe comme peu de reines furent haïes, insultée comme aucune ne le fut avant elle, pas même Marguerite de Bourgogne après le scandale de la tour de Nesle.

Par contre, Fersen devait se consumer comme un malheureux de cet amour impossible pour une reine de France, une reine encore jeune et très belle.
Pourquoi cela me fait-il penser à Anne d'Autriche et au duc de Buckingham ?
En France, les rois pouvaient tirer leur coup urbi et orbi, cela ne mangeait pas de pain (mais François 1er attrapa la syphilis et en mourut) et cela faisait rigoler le peuple, mais pas les reines. Les successions royales étaient ainsi exemptes de doutes quant à la légitimité des enfants royaux.
S'étant découverte stérile, Marguerite de Valois (la reine Margot) s'amusa pas mal et personne ne trouva à y redire : Henri IV avait toujours refusé de consommer leur mariage mais il lui fallait un Dauphin et la répudiation put avoir lieu.

Fermez le ban.

Ce qui m'intéresserait davantage, ce sont les lettres que Marie-Antoinette écrivit à sa famille... j'ai toujours cru savoir qu'elle renseignait son père sur la politique française, et même plus, ce qui en temps de guerre s'appelle "espionnage au profit d'une puissance étrangère" et la sanction était simple : 12 balles dans la couenne.
C'est pour ça qu'il ne fallait pas la guillotiner, mais la fusiller.
Idem pour le gros Louis après Varennes : désertion et passage à l'ennemi en temps de guerre, avec cette circonstance aggravante qu'il était le chef suprême des armées. La Convention n'était pas qualifiée juridiquement pour le juger, il relevait de la Cour Martiale et il ne fallait pas le guillotiner mais le fusiller.

Ces deux enfoirés éliminés, la Révolution ne pouvait plus revenir en arrière... illusion ! On vit bien en 1814 que la France était un vieux pays frileux et conservateur, et cela n'a guère changé.
:bieres: