Mécanisme des surdités liées au bruit

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Découverte de la cause génétique et du mécanisme de surdités liées au bruit

Des chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, du Collège de France et de l’université Pierre et Marie Curie en étroite collaboration avec des chercheurs de l’Université d’Auvergne viennent de découvrir la fonction de la pejvakine, une molécule essentielle au système auditif. Son absence serait en effet responsable des surdités liées au bruit, une des causes les plus fréquentes des pertes d’audition. La découverte des scientifiques, qui vient d'être publiée le 5 novembre, dans la revue Cell, offre de nouvelles perspectives dans la prise en charge des patients.

L’exposition sonore provoque une prolifération des peroxysomes (en vert) dans les cellules sensorielles auditives de souris pourvues de pejvakine (Pjvk+/+, au milieu), et cause leur dégénérescence chez la souris dépourvue de pejvakine (Pjvk-/-, à droite).

En 2006, l’équipe de Christine Petit (unité de Génétique et Physiologie de l'Audition à l’Institut Pasteur) et tout particulièrement Sedigheh Delmaghani, en collaboration avec l’équipe de Paul Avan (Laboratoire de Biophysique Sensorielle, Université d’Auvergne), avait identifié un nouveau gène responsable d’une surdité neurosensorielle précoce. La protéine codée par ce gène avait alors été baptisée « pejvakine » ("écho" en persan). Les tests audiométriques pratiqués chez des individus porteurs de mutations dans ce gène ont depuis mis en lumière une diversité inhabituelle des atteintes auditives tant dans leur sévérité que leurs caractéristiques propres. C’est l’origine de cette hétérogénéité que les chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, du Collège de France, de l’université Pierre et Marie Curie et de l’Université d’Auvergne se sont attachés à élucider dans cette étude.

Les scientifiques et principalement Sedigheh Delmaghani, ont ainsi étudié des souriceaux dont le gène de la pejvakine est inactivé. Leurs observations ont révélé des atteintes auditives étonnamment variables d’un souriceau à l’autre, s’échelonnant d’une surdité légère à profonde. Les petits vocalisent intensément pendant leurs trois premières semaines de vie, tout particulièrement au moment de la tétée. Plus ils sont nombreux dans la cage, plus l’environnement acoustique est donc bruyant. Les chercheurs ont pu observer que le seuil auditif des souriceaux – niveau sonore à partir duquel ils perçoivent les sons – augmentait avec leur nombre dans la cage. Par stimulation acoustique directe et contrôlée, ils ont pu prouver que c’est effectivement l’environnement acoustique des souriceaux qui traumatise leur système auditif lorsqu’il était dépourvu de pejvakine.

Les chercheurs se sont alors penchés sur les causes physiologiques de ce phénomène. Ils ont alors observé qu’en l'absence de pejvakine, les cellules sensorielles auditives des souriceaux s'altèrent dès qu’ils sont exposés à des sons, même anodins : l'équivalent, chez l’homme, d'une minute en discothèque. Il faut alors deux semaines maintenues dans le silence pour que ces cellules récupèrent leur fonctionnalité. Si l'exposition se prolonge ou se répète, ces cellules finissent par mourir. Plus précisément, les chercheurs ont identifié au sein de la cellule l’élément sensible au bruit : il s’agit du peroxysome, un petit organite impliqué dans les fonctions de détoxification. « En d’autres termes, nous avons découvert qu’une atteinte génétique pouvait être à l’origine de pertes de l’audition déclenchées par des sons même faibles », explique Christine Petit.

Chez les personnes dont la pejvakine est altérée, une hypervulnérabilité aux sons de ces mêmes cellules, est observée. Ainsi, lors d’un test audiologique standard pratiqué chez ces malentendants, les réponses des cellules sensorielles auditives et des neurones, initialement normales, s’altèrent progressivement au cours de l’examen sous l’effet de la stimulation sonore.

La prévalence de la surdité liée au bruit va grandissante. En raison de la surpopulation, les mégapoles sont de plus en plus bruyantes, en particulier dans les pays en développement. L’OMS prédit qu’en 2030, un milliard d’individus seront soumis au risque de perte auditive par surexposition au bruit. « Certains d'entre nous ont des défenses naturelles moins efficaces que d'autres contre les effets de la surexposition sonore, expliquent les Prs Avan et Petit. Cinq millions de Français finissent par être affectés de pertes auditives qui altèrent leur vie sociale. L'appareillage auditif est une solution, mais son principe est d'exposer le porteur d'appareils à des sons amplifiés, donc forts. Or, on ne sait pas encore quel pourcentage de la population ne possède pas de pejvakine, ou une forme moins efficace. Nos résultats indiquent que chez ces personnes, les prothèses auditives devraient être non seulement inefficaces mais sans doute délétères ».

Les chercheurs vont désormais explorer des pistes pour réparer l’action de la pejvakine, notamment par la thérapie génique qui a déjà fait ses preuves chez la souris en préservant l'audition de souris dépourvues de pejvakine, même lorsqu’elles sont surexposées au bruit.

Ces travaux ont reçu le soutien financier de la Louis-Jeantet Foundation, la Fondation Bettencourt Schueller, Humanis, AG2R La Mondiale, la Fondation BNP Paribas et la Fondation Agir pour l’Audition.

Pour plus d'information voir:
Hypervulnerability to sound-exposure through impaired adaptive proliferation of peroxisomes, Cell, 5 novembre 2015.

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cisou9

____________ :_salut:

Nos résultats indiquent que chez ces personnes, les prothèses auditives devraient être non seulement inefficaces mais sans doute délétères ».

Étant malentendant et appareillé; je me pose des questions ?? :_grat:

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POB

Moi je vis dans le silence, je ne produis quasiment pas de bruit et j'entends un pet de taupe timide à 1km par vent contraire.

  • Dites-moi docteur, c'est normal ?
  • Moi docteur, c'est normal ? J'exagère à peine.

Je comprends pas comment tant de gens, et pas seulement des jeunes, peuvent supporter le vacarme effroyable des discothèques et de leurs auto-radios. Ils doivent être déjà bien sourds.
Et ces gens-là emmerdent leurs voisins dès qu'ils "écoutent" de la "musique"... en fait le son qu'ils produisent n'est que du son, j'appelle ça du "boum boum". Cela me donne des idées de meurtre tant ces gens-là sont nuisibles et agressifs.

A l'armée, j'ai vu plusieurs copains atteints de traumatismes sonores après des séances de tir. Moi je ne supportais pas le bruit des tirs, surtout les mortiers. J'avais bricolé des cartouches à blanc pour me boucher les oreilles, elles étaient toujours dans une poche et j'en avais à tout hasard une paire de rechange.
C'était si efficace que, quand on me fit tirer à la MAT49, je tirais au coup par coup en ayant eu l'impression d'avoir tiré 2 cartouches : en fait le 2ème bruit était le claquement du retour de la culasse.
Et mon lieutenant de m'engueuler...
Je les ai gardées en revenant à la vie civile tant c'était efficace... mais je ne les ai jamais réutilisées : danser en boîte avec des étuis de cartouches à blanc dans les oreilles, cela aurait fait un peu désordre.

En 1987, j'étais commissaire de piste sur le moto-cross international organisé au stade Charléty avant sa reconstruction. Il y avait une sono effroyable, on n'entendait même pas les motos en étant au ras de la piste. J'avais dû sortir pour aller acheter des boules Quiès mais cela ne suffisait pas, j'avais ajouté un casque de protection antibruit de chantier et ainsi j'avais pu supporter à peu près le vacarme de cette sono débile.
Cela n'avait pas évité des acouphènes dans les jours qui suivirent, qui heureusement ne durèrent pas.
Si seulement j'avais eu l'idée de prendre mes vieilles cartouches à blanc avant d'aller à Charléty !

Le bruit rend les gens agressifs ou dépressifs, ou les deux, il pollue la vie sociale, c'est la pire des nuisances. On peut se protéger des odeurs, de la lumière violente, de la chaleur ou du froid, il est beaucoup plus difficile de se protéger du bruit, et malheureusement ce sont les gens les plus débiles qui produisent le plus de bruit.
Quand les dents se déchaussent et que les vertèbres prennent du jeu, il faut fuir cette nuisance.
On s'habitue au voisinage d'une voie ferrée ou d'une autoroute, on s'habitue plus mal aux avions, mais les sonos atroces de voisins débiles, on ne s'y habitue pas.
Et dire qu'on ne peut même pas les pendre !
:bieres:

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cisou9

__________ :_salut:
J'ai tiré au mas36 dans stands en béton et au mortier sans aucune protections.
J'en avais les oreilles douloureuses.
Mon handicap n'est pas reconnu par l'armée; je n'ai rien demandé car j'ai eu des difficultés quelques années plus tard. :gueule: