Planck : un premier relevé du ciel très prometteur

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Le satellite Planck a livré sa « première lumière » : un relevé d’une petite région du ciel. Ces données ont prouvé aux astronomes que la première mission européenne de cosmologie tient bien toutes ses promesses.

« Première lumière » de Planck
Les couleurs indiquent les variations de la température du Fond Cosmique micro-ondes
par rapport à sa valeur moyenne.
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C’est maintenant une carte complète du ciel que le satellite entreprend de réaliser pour une période d’environ 6 mois. La durée de vie de la mission permettra d'établir au moins deux cartes de ce type. Pour les cosmologistes et astrophysiciens du monde entier, c’est l’attente d’un véritable trésor qui commence.

La mission ESA du satellite Planck est de mesurer avec une très grande précision le rayonnement cosmique fossile ou fond diffus cosmologique. Il s’agit de la plus ancienne lumière émise dans l’Univers, et en l’observant Planck nous fournira une image de l’Univers tel qu’il était 380 000 ans après le Big Bang, il y a donc 13,7 milliards d’années. Les observations de Planck donneront des informations uniques sur l’enfance de l’Univers et permettront de tester différentes hypothèses sur ce qui s’est passé dans les premiers instants après le Big Bang.

Planck a embarqué un télescope de 1,5 m de diamètre équipé de deux instruments : dont l’instrument français HFI pour High Frequency Instrument. Le satellite va balayer plusieurs fois l’intégralité de la voûte céleste et fournira une cartographie avec une précision sans précédent des inhomogénéités de température et de polarisation du rayonnement cosmique fossile, grâce en particulier à la sensibilité exceptionnelle de l’instrument HFI, capable de détecter des fluctuations de température de l’ordre du millionième de degré.

Planck a été lancé avec Herschel le 14 mai par une fusée Ariane 5 depuis le Centre Spatial Guyanais à Kourou. Après le lancement, il a fallu refroidir les instruments pour qu’ils atteignent leur température de fonctionnement optimale, et en parallèle les régler et les calibrer. Les premières observations du ciel ont commencé le 13 août 2009 avec deux semaines d’observations sans interruption. Cette phase a ainsi permis de mettre à l’épreuve le matériel et de vérifier la stabilité des instruments ainsi que la capacité à les étalonner avec une extrême précision.

Cette étude de la « première lumière » a pris fin le 27 août dernier, fournissant des cartes représentant une bande du ciel, une pour chacune des neuf fréquences de Planck. Chaque carte produite est un anneau d’environ 15 degrés de large s’étirant à travers tout le ciel. Les premières analyses permettent d’établir que les données recueillies sont excellentes. Le feu vert a donc été donné pour le démarrage des opérations de routine. Si tout se passe bien, c’est donc parti pour au moins 15 mois de balayage du ciel sans interruption et deux cartes indépendantes du ciel entier.

Il faudra environ deux années pour traiter les données de façon exhaustive afin d’en extraire les résultats scientifiques attendus. En effet, pour tirer parti de l’extraordinaire sensibilité de Planck, les données collectées vont nécessiter une analyse extrêmement rigoureuse. La communauté scientifique mondiale se verra ainsi livrer ces données traitées vers la fin 2012.

Participation française à une belle mission européenne

Le CNES a financé le développement de l’instrument HFI. Il a également participé en collaboration, avec le CNRS, à la réalisation technique notamment du développement du réfrigérateur à 0,1K, réalisé sous brevet CNES, de l’électronique de lecture des détecteurs, de l’intégration et des tests globaux de l’instrument jusqu’à la fin de la recette en vol. Il soutient également les opérations en vol et l’exploitation scientifique des données.

Les laboratoires du CNRS ont joué un rôle crucial dans la conception, le développement et la maîtrise d’œuvre jusqu'à la livraison de l’instrument HFI. En particulier, l’Institut d’Astrophysique Spatiale (INSU-CNRS, Université Paris-Sud 11) a joué le rôle principal en assurant la conception initiale et la responsabilité scientifique et technique de l'instrument. Il a de plus assuré l'intégration et les tests de l'instrument fini.

L’Institut d’Astrophysique de Paris (INSU-CNRS, Université Pierre et Marie Curie) a plutôt contribué au développement des objectifs scientifiques et à la conception du traitement des données ; il héberge le Centre de traitement des données et est responsable de cette activité.

Le Centre de Recherches sur les Très Basses Températures, aujourd’hui Institut Néel (INP-CNRS) et le Laboratoire de Physique Subatomique et Cosmologie (IN2P3-CNRS, Université Joseph Fourier, Institut Polytechnique de Grenoble) ont joué un grand rôle dans le développement de la cryogénie à respectivement 0.1K et 20 K, le Centre d’Etudes Spatiales des Rayonnements (INSU-CNRS, Université de Toulouse 3) dans celui de l’électronique de lecture des détecteurs, le Laboratoire de l'Accélérateur Linéaire (IN2P3-CNRS, Université Paris-Sud 11) dans celui de l’ordinateur de bord, le laboratoire AstroParticule et Cosmologie (IN2P3-CNRS, CEA, Université Denis Diderot) dans le développement de moyens de tests.

Le Laboratoire d'Astrophysique de l'Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble (INSU-CNRS, Université Joseph Fourier) et le Laboratoire d'Etudes du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique (INSU-CNRS,Observatoire de Paris) ont apporté leur expertise dans la modélisation de l'instrument.

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Aldebaran

On attend la suite avec impatience ! :)

JA
Jabberwock

Dommage que dans ce genre de news ont oublie systématiquement de citer l'industriel qui a réellement fabriqué le satellite! L'ESA et le CNES sont maitre d'oeuvre des projets mais ce ne sont pas eux qui FONT le satellite et qui l'assemble.
Pour être exact voici les diverses responsabilités :

ESA (maître d’ouvrage du programme Herschel/Planck)
CNES (maître d’œuvre de l’instrument HFI)
ASI (Agence Spatiale Italienne, maître d’œuvre de l’instrument LFI)
Thales Alenia Space (maître d’œuvre du satellite et responsable de l’intégration des instruments et des tests)

Voilà, ce n'est pas parce qu'on parle d'une entreprise privé qu'il ne faut pas la citer, d'autant que c'est un succès d'une entreprise francaise (enfin franco italienne).

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melo

J'attends de savoir si l'anomalie du fond diffu cosmique (les similitudes qui se retrouve 12 fois dans la première cartographie effectué qui indiquerait une forme pour notre univers du type dodécaèdre de poincaré) sera confirmé ou infirmé, je pense que rien que ça ce sera énorme...

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Maulus

voilà j'ajoute cette image, c'est celle qui importe vraiment :D

regardez un peu la précision !!!

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bongo1981

et aussi la polarisation du rayonnement fossile, ça permettra de parler plus concrètement de l'inflation

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Maulus

Oui très important la polarisation, sa sera la première fois qu'on la mesurera, il y aura encore des progrès à faire en précision.
Si Planck est l'instrument ultime pour la "température", il ne l'est pas pour la polarisation :)

ZO
Zoharion

Je ne serais pas contre une petite explication sur ce que vous entendez par "polarisation du rayonnement fossile" (pas les bases hein, mais la partie subtile) et surtout ce que cela apporte en plus des gradients de températures comme information sur la répartition primordiale de ce qu'on appelle classiquement la matière. Merci :p

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bongo1981

J'ai trouvé une thèse :
http://tel.archives-ouvertes.fr/documen ... ex_fr.html

Pas trop lisible...
Sinon sur futura, c'est pas trop détaillé...
http://www.futura-sciences.com/fr/news/ ... bang_4857/

Là une présentation lors d'un cours ou conf (surtout sur le rayonnement fossile) :
http://sfpnordsud.in2p3.fr/congres/Mard ... ghanim.pdf

Un article de libération qui nous laisse sur notre faim :
http://www.liberation.fr/sciences/01014 ... u-big-bang

Je crois qu'on est mieux servi que par chez nous :
viewtopic.php?t=14535

Quand on parle de polarisation du rayonnement fossile, on ne parle pas de forme dipolaire (ceci montre le mouvement de la terre par rapport au fond de rayonnement cosmologique). On parle de polarisation (comme dans les phénomènes dans les verres polarisés). Je ne saurai pas t'expliquer pourquoi, mais si l'inflation a eu lieu, celui-ci a généré des ondes gravitationnelles suivant des modes particuliers (modes B, je ne saurai pas non plus t'expliquer comment). Ces modes B sont visibles en mesurant la polarisation du rayonnement fossile (en gros quand on reçoit de la lumière, on mesure combien de photons arrivent [l'intensité], leur énergie [sa couleur], et sa direction de vibration [sa polarisation]).

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Maulus

L'étude de la polarisation va aussi nous permettre d'en savoir plus sur les champs magnétiques présent à cette époque.