Vol Rio-Paris AF447: le point sur l'alarme de décrochage

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Décidément, l'enquête sur la catastrophe du vol AF447 Rio-Paris d'Air France est plus que jamais sous tension. A peine le troisième rapport du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (et non Bureau d’Enquêtes Accidents comme on l'entend bien souvent), a- t-il été publié qu'une nouvelle polémique voit le jour, et elle concerne l'alarme de décrochage. Le site internet "La Tribune" annonce même que des experts du BEA auraient menacé de déposer leur démission.

La polémique concerne l'alarme de décrochage qui a eu un comportement contre-intuitif alors que l'Airbus A330 d'Air France chutait à une vitesse de 15 000 pieds par minute (soit environ 300 km/h). Sur une grande partie de la chute Techno-Science.net vous décrypte les éléments techniques de la controverse pour mieux en comprendre les enjeux.

Fonctionnement des alarmes aéronautiques et de l'alarme de décrochage

La chaîne technique mise en œuvre comprend:

  • un ou plusieurs capteurs qui transforment un phénomène physique en signal,
  • un équipement qui compare le niveau du signal à des seuils,
  • l'alarme qui sonne si le signal va en dehors d'un seuil de normalité.

Dans le cas d'une alarme de décrochage, des volets de mesure de l'incidence permettent de connaître l'angle que fait l'avion par rapport au flux d'air dans lequel il évolue. Si l'angle d'incidence devient trop important, alors l'alarme de décrochage se déclenche et retentit jusqu'à ce que cet angle redevienne normal. Sur les avions actuels, la mesure de l'incidence est croisée avec celle de la vitesse : le seuil de décrochage varie effectivement en fonction de la vitesse.

Trop d'alarmes ?

Au fur et à mesure du perfectionnement des avions et de l'augmentation des normes de sécurité, les postes de pilotage ont été équipés de plus en plus d'alarmes différentes, qui informent immédiatement l'équipage d'une anomalie dans le fonctionnement ou le vol de l'avion.

Cependant, si les systèmes d'un avion peuvent connaître des problèmes, il en est de même pour les instruments de mesure et bien sûr... les alarmes ! Si les problèmes d'alarmes sont rares, leur dysfonctionnement influe directement sur les conditions de travail de l'équipage et peut fortement contribuer à leur faire perdre le contrôle de la situation. L'équipage cherche alors à corriger un problème qui n'existe pas, et l'alarme peut être parfois très intrusive et persistante. Le pire survient lorsque la panne d'un équipement (une ou plusieurs sondes de Pitot par exemple) entraîne l'apparition de plusieurs alarmes contradictoires, ce qui déconcerte les pilotes et peut même les pousser à faire des actions menant à la perte de l'avion. Dans certains cas, c'est le pilote automatique qui peut être perturbé par une mesure erronée et prendre de mauvaises décisions.

Limiter les fausses alertes

Sur au moins une partie des avions de génération actuelle, dont les Airbus A330 et A340, les systèmes sont conçus pour éviter que des alarmes erronées viennent perturber le travail des pilotes. De nouveaux seuils ont été introduits afin de déterminer si une mesure est réaliste ou non réaliste. Si une mesure est en dehors de ces limites, le système considère que la mesure est mauvaise et qu'il ne faut pas déclencher d'éventuelles alarmes associées. Il en est de même pour les automatismes qui s'éteignent afin d'éviter qu'une fausse information entraîne un mauvais comportement de l'avion.

Dans l'Airbus A330 du vol AF447 Rio-Paris d'Air France

Dans le cas du vol AF 447 Rio-Paris, c’est ce qui s’est produit. Il en a été ainsi du pilote automatique, des auto-manettes, et des lois de contrôle au pilotage lors de l'incident avec les sondes de Pitot. Cependant, il est aussi de même avec l'alarme de décrochage un peu plus d'une minute plus tard. Après 54 secondes de décrochage et de sonnerie de l'alarme associée, la vitesse mesurée a atteint des seuils limites de validité. Or, la vitesse fait partie des informations utilisées pour l'alarme de décrochage qui s'éteint.

Lorsque l'un des pilotes tente de baisser le nez de l'Airbus, ce qu'il faut faire dans le cadre d'un décrochage prononcé, la vitesse redevient valide, l'alarme se déclenche à nouveau. En baissant le nez, l'avion s'est repositionné un peu plus dans le flux d'air qui entre alors plus facilement dans les tubes de Pitot. De ce fait, la vitesse est revenue à un niveau valide entraînant une remise en fonction de l'alarme de décrochage. Lorsque le pilote redresse le nez, ce qui entraîne le prolongement du décrochage, le flux d'air n'entre plus correctement dans les tubes de Pitot et l'alarme de décrochage se coupe à nouveau.

Illustration: Techno-science.net

On entre alors dans une situation où l'alarme fonctionne "à l'envers", la vitesse mesurée étant proche du seuil de limite de validité, c'est en remettant l'avion dans une bonne position qu'on fait déclencher cette alarme. Ainsi, un système fait pour éviter d'induire des pilotes en erreur a... induit des pilotes en erreur.

Future recommandation du BEA pour Airbus ?

Les experts du BEA semblent avoir souhaité publier des recommandations sur l'alarme de décrochage dans le troisième rapport d'étape, mais cela ne s'est pas fait. Si certains soupçonnent des pressions, le problème est en réalité plus délicat qu'il n'y parait. Le fait d'ajouter une règle de fonctionnement peut induire un effet non désiré, comme nous venons justement de le voir. A l'inverse, le fait d'enlever une règle, fait prendre le risque d'un déclenchement intempestif. Il est sans doute possible de créer des modes de fonctionnent différents, mais là aussi, des études complémentaires devront être menées pour éviter d'autres effets secondaires dans des situations que nous ne connaissons pas encore.

PO
Polo

Quel rôle le GPS peut apporter au contrôle de la vitesse d'un aèronef?

avatar
jyb

Très peu en réalité. Les vent en haute altitude peuvent être très forts (100 à 300 km/h) et rendent la mesure de la vitesse d'un GPS très peu fiable puisque la mesure nécessaire, c'est justement la vitesse de l'avion par rapport à la masse d'air qu'il traverse qui est intéressant.

PO
Polo

Je pensais que le GPS annonçait la vitesse par rapport au sol et non pas par rapport à l'air ambiant.

avatar
jyb

Justement, ce qui est utile aux instruments et au pilote, c'est la vitesse de l'avion par rapport à l'air ambiant, celui dans lequel évolue les ailes et par rapport auquel on mesure l'incidence pour savoir s'il y a décrochage ou pas.

PO
Polo

Oui vos réponses sont pertinentes, mais je persiste à croire qu'en situation de décrochage, l'aéronef se déplace moins vite par rapport au sol, alors qu'au travers de deux positions en latitude et longitude dans un laps de temps donné, on peut en déduire une vitesse de déplacement indicative, et dans le cas du décrochage, celle-ci doit être sérieusement altérée et diminuée. Si cette réduction de vitesse avait été annoncée, l'équipage aurait pû être à même de se rendre compte de la situation.

FA
Fabinou

Bonjour,

A ce que j'en comprends, l'avion était déjà en décrochage lorsque ces alarmes se sont mises en marche. Donc la cause racine est antérieure, non ? Ce serait donc la (mauvaise) mesure de la vitesse des sondes pitots qui serait la cause du décrochage ?
ça ne peut pas être la seule cause....
Parce que autant que je me souvienne, les sondes pitots servent a mesurer la vitesse. C'est tout.
L'altimètre aurait du indiquer la baisse de l'altitude.
Ainsi que le radio altimètre.
Le gyroscope aurait du indiquer l'angle d'attaque de l'appareil.
Sans oublier le GPWS qui a du prévenir de la proximité du sol.... Quoique s'il tombait à 300km/h, lorsqu'il se déclenche, cela doit etre un peu tard...

Je me trompe ?

BE
bernard61500

Seule la vitesse relative compte, et donc le GPS est dans le cas ci-dessus sans intérêt. Qui n'a pas vu un de ces vieux coucous ( storch allemand par exemple - pas sur du modèle d'avion ??) faire du sur-place, face au vent, moteur à fond, et volets à fonds ?. Vitesse par rapport au sol = 0 ; vitesse relative face au vent suffisante pour soutenir le coucou : vent naturel + vent de l'hélice,
avec à l'extrême et avec un pilote expérimenté, j'ai vu un pilote voler très lentement en marche arrière sur une courte distance

FA
Fabinou

Polo
Oui vos réponses sont pertinentes, mais je persiste à croire qu'en situation de décrochage, l'aéronef se déplace moins vite par rapport au sol, alors qu'au travers de deux positions en latitude et longitude dans un laps de temps donné, on peut en déduire une vitesse de déplacement indicative, et dans le cas du décrochage, celle-ci doit être sérieusement altérée et diminuée. Si cette réduction de vitesse avait été annoncée, l'équipage aurait pû être à même de se rendre compte de la situation.

Possible... le commandant de bord aurait peut etre compris que le déplacement n'était pas à la hauteur de ce qu'il avait plannifier. M'enfin en situation de crise dans laquelle ils étaient cela ne sert a rien. C'est un problème de pilotage et non de navigation. Le pilotage guere plus que vitesse par rapport à la masse d'air et angle d'attaque. Et c'est ce qu'ils essayaient de comprendre.

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cisou9

Polo
Oui vos réponses sont pertinentes, mais je persiste à croire qu'en situation de décrochage, l'aéronef se déplace moins vite par rapport au sol, alors qu'au travers de deux positions en latitude et longitude dans un laps de temps donné, on peut en déduire une vitesse de déplacement indicative, et dans le cas du décrochage, celle-ci doit être sérieusement altérée et diminuée. Si cette réduction de vitesse avait été annoncée, l'équipage aurait pû être à même de se rendre compte de la situation.

La portance de l'avion c'est justement la vitesse par rapport à l'air, la vitesse par rapport au sol n'a aucune valeur. :)

faire du sur-place, face au vent, moteur à fond, et volets à fonds ?. Vitesse par rapport au sol = 0 ; vitesse relative face au vent suffisante pour soutenir le coucou : vent naturel + vent de l'hélice,

À la limite le coucou en question avec un vent en tempête pourrait faire de la marche arrière par rapport au sol.

PO
Polo

Enfin de la discussion jaillit la lumière. A bientôt.

AL
AlbatrosL39

Au sujet de la vitesse GPS : En effet c'est la vitesse air qui seule est a prendre en compte. La vitesse air peut varier de +/- la vitesse du vent par rapport à la vitesse sol (GPS).
Il n'en demeure pas moins que pour des vitesse de croisière de mach 0.8, si le GPS indique une vitesse sol de 300km/h et que l'altimètre indique une chute à 15000 pieds minutes, il y a de quoi se poser des question sur la validité de la vitesse air !

AL
Alex_31

Je rejoins ce qu'il se dit sur l'indication de la vitesse GPS qui selon moi n'est pas pertinente pour les raisons évoquées (il faut prendre en compte vitesse de l'aéronef par rapport à la masse d'air).

Ce qui me trouble beaucoup, ce sont c'est sur les conditions de déclenchement et d'inhibition de l'alarme de décrochage.

Les seuls paramètres physiques considérés (de ce que j'ai compris) sont :

  • la vitesse longitudinale (issues de 3 sondes Pitots) et
  • l'alpha [angle d'incidence] (issues de 3 sondes d'incidence)

Après coup (malheureusement), on est en droit de se demander s'il est judicieux d'inhiber une alarme pcq les informations sur l'incidence est hors seuil... surtout dans un cas de fort décrochage où il ne m'étonnerait que les sondes d'incidence sortent des valeurs très élevées voire comme pouvant paraître aberrantes (avoisinant les +/-90° [je grossis le trait car de telles valeurs sur un 330 seraient hallucinantes]).

N'y a-t-il pas trou dans le design à ce niveau là? ne pourrait-on pas considérer l'éventualité de monitorer d'autres paramètres telles que les pertes d'altitudes (issues des prises de pressu statiques) et d'ajouter une condition (nécessaire si d'autre infor sont absentes mais non suffisante) pour déclencher une alarme de décrochage ... ?

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jyb

En fait, il n'y a pas de seuil d'invalidité sur l'incidence (pas à ma connaissance). Par contre le seuls de déclenchement de l'alarme dépends de la vitesse. En basse vitesse, en approche finale, l'incidence peut être forte, mais sera tolérée, en vitesse de croisière, une incidence plus faible peut correspondre à un décrochage, l'alarme sonne.

L'incidence limite de déclenchement de l'alarme varie donc en fonction de la vitesse. La question est de savoir que faire si la vitesse semble erronée ?

AL
AlbatrosL39

Ce n'est pas la vitesse verticale qui permet de savoir si il y a décrochage ou pas. par exemple un avion avec une assiette à piquer perd de l'altitude, mais n'est pas en décrochage.
Seule l'incidence (liée à la vitesse) provoque le décrochage. A ce moment, l'écoulement de l'air à l'extrados de l'aile se modifie, devient turbulent, et l'aile perd son pouvoir sustentateur. L'angle ou se produit le décrochage est de 15 à 18° sur un avion de tourisme.
Ceci renvoie au premier problème : Le fait de cabrer trop l'avion provoque le décrochage, ensuite arrive l'alarme. Le problème me semble t-il serait donc de savoir pourquoi le pilote à cabré et a maintenu cette position.

AL
Alex_31

L'incidence limite de déclenchement de l'alarme varie donc en fonction de la vitesse. La question est de savoir que faire si la vitesse semble erronée ?

En condition dégradée, il serait peut être bon d'intégrer d'autres paramètres :)

Ce n'est pas la vitesse verticale qui permet de savoir si il y a décrochage ou pas. par exemple un avion avec une assiette à piquer perd de l'altitude, mais n'est pas en décrochage.
Seule l'incidence (liée à la vitesse) provoque le décrochage. [...]

Je suis complètement d'accord avec toi sur le "comment" on détermine un décrochage et je n'ai pas dit que c'était un facteur de détection de décrochage... je me suis peut-être mal exprimé, mais l'idée que je voulais développer était de repenser les moyens d'avertir le pilote que sont avion est en train de tomber.

J'évoquais la possibilité de revoir les conditions de déclenchement de l'alarme de décrochage pcq dans le cas où la vitesse longi est erronée, les valeurs de seuil des sondes d'incidence sont déclarées hors limite, le retour d'expérience peut nous laisser penser qu'il serait bon de monitorer des paramètres évidents de chute.

Lors que ton assiette est de 15° et que ton vario indique -15000 pieds/minute, à part en ayant perdu une voire deux ailes, c'est que l'avion chute. Cela me semble que les variations d'altitude peuvent être intéressantes à monitorer pour identifier que l'avion tombe alors qu'on donne une consigne à cabrer.

Après, le "pourquoi" les pilotes ont maintenu un ordre à cabrer... il faudra surement chercher ça du coté des facteurs humains (situation de stress, formation, réaction face à l'urgence et l'environnement / contenu des procédures d'urgence etc.). Erreur de pilotage, certainement mais pas que...

AL
AlbatrosL39

Il me semble que le problème ne soit pas l'alarme de décrochage qui a correctement fonctionné pendant 54 secondes je crois avoir lu, mais plutôt sa suppression à très basse vitesse (vitesses totalement incompatibles avec le vol). Ceci à un effet pervers, car à ce moment, si le pilote augmente sa vitesse, l'alarme se réenclenche laissant croire qu'il entre à nouveau en décrochage (ce qui est vrai), mais peut être mal interprété.

AL
Alex_31

Je suis complètement d'accord avec toi sur le fait que l'alarme a bien fonctionné mais me questionne sur ses conditions de déclenchement / d'inhibition (suppression) et m'interrogeait sur les possibilités pour améliorer le design. [c'était le but de ma première intervention]

A mon avis, l'alarme de décrochage a très bien fonctionné au regard de la manière dont a été conçue / spécifiée.
Cela ne veut pas dire que la spécification était bonne car son comportement a pu être (très) déroutante pour les pilotes pdt cette situation de crise.

Nous sommes en plein dans les facteurs humains.

En diffusant des préconisations relatives aux alarmes de décrochage de l'A330, le BEA pourrait laisser entendre que le système d'avertissement pourrait être en partie responsable de la perte de l'avion et de vies humaines... ce qui n'est pas la meilleure des pub pour un avionneur.

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cisou9

AlbatrosL39
si le pilote augmente sa vitesse, l'alarme se réenclenche laissant croire qu'il entre à nouveau en décrochage (ce qui est vrai), mais peut être mal interprété.

:_salut: C'est tout à fait vrai, c'est le serpent qui se mord la queue. En programmation c'est un bug. :(

AL
Alex_31

Dans ce cas précis, le système ne bug pas forcément.

La méconnaissance du désengagement de l'alarme de décrochage en dessous d'une vitesse limite puis sont réengagement lorsque le pilote effectue les bonnes actions (à piquer) déroute le pilote et l'entraine dans un mauvais mode de raisonnement.

Mauvaises informations ==> mauvais raisonnement

Problème de design mais peut être aussi un problème de Training Air-France sur les alarmes ?

VI
Victor

Perso je ne vois pas trop comment on peut faire marcher à l'estime un gros appareil comme cet Airbus dont les indicateurs de vol n'étaient pas fiables... Si au moins les pilotes avaient eu des repère sur l'extérieur... Mais là ils étaient en plein brouillard et c'était la nuit... On ne pilote pas un gros appareil comme un petit coucou d'aéroclub

AV
avecundcommedusse

Bonjour tout le monde,

Et que pensez-vous d'afficher l'incidence sur le PFD, comme les russes?

FE
Felidae

Ne pensez-vous pas que si l'alarme de décrochage avait"raisonné" comme vous le dîtes elle aurait cessé de résonner un peu plus tôt?

WA
waltokran

Alex_31
Lors que ton assiette est de 15° et que ton vario indique -15000 pieds/minute, à part en ayant perdu une voire deux ailes, c'est que l'avion chute. Cela me semble que les variations d'altitude peuvent être intéressantes à monitorer pour identifier que l'avion tombe alors qu'on donne une consigne à cabrer.

C'est le point le plus troublant. Comment (ou pourquoi) les pilotes ont-ils ignoré l'altimètre et le vario ?
Je crois me souvenir que dans certains cas d'accidents dûs à l'obstruction des sondes Pitot, la vitesse mais également l'altitude étaient erronées. Mais même dans ce cas, seul un des deux côtés est affecté. Or, là, en toute logique, les deux altimètres devaient donner la même altitude.... et diminuaient très vite.
Ceci dit, 4 minutes, c'est un laps de temps très court. L'information a pu être 'oubliée'. Les résultats de l'analyse du groupe de travail "Facteurs humains" sera, je pense, très intéressant.

Alex_31
Après, le "pourquoi" les pilotes ont maintenu un ordre à cabrer... il faudra surement chercher ça du coté des facteurs humains (situation de stress, formation, réaction face à l'urgence et l'environnement / contenu des procédures d'urgence etc.). Erreur de pilotage, certainement mais pas que...

Sur le fort cabrage, l'explication serait que les pilotes étaient habitués à mettre le manche/joystick en butée, ce qui n'a aucune incidence lorsque l'ordinateur surveille les paramètres de vol car il corrige alors la commande... mais là, ils étaient en mode manuel, et l'ordre de mettre en butée a été interprété complètement. D'où un cabrage supérieur aux 3/5° recommandés (c'est ce que j'ai compris mais je peux me tromper).

Pourquoi il a maintenu cet ordre alors même que le second co-pilote a signalé qu'ils prenaient trop l'altitude ? Encore une question que le groupe de travail devra élucider.

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Lheureux Philippe

Dans le genre alarmes qui donnent de fausses indications ... voir le film "Le syndrome chinois". Ce qui est arrivé dans un avion peut parfaitement arriver dans une centrale nucléaire. Le personnel ne sera pas plus opérationnel que dans un avion.

AL
AlbatrosL39

Victor
Perso je ne vois pas trop comment on peut faire marcher à l'estime un gros appareil comme cet Airbus dont les indicateurs de vol n'étaient pas fiables... Si au moins les pilotes avaient eu des repère sur l'extérieur... Mais là ils étaient en plein brouillard et c'était la nuit... On ne pilote pas un gros appareil comme un petit coucou d'aéroclub

Quand l'électronique de contrôle est désactivée, un Airbus se comporte comme un coucou d'aéroclub. et entre autre, il reste l'altimètre, le variomètre, qui sont autonomes, connectés sur la pression statique et non sur les pitots. Il reste aussi l'horizon artificiel qui lui est basé sur un système inertiel. ces équipement de base permettent de piloter convenablement l'avion, même sans aucune visibilité, comme un coucou d'aéroclub.

VI
Victor

sauf que les sensation ne sont pas les mêmes juste une question d'inertie en vol et de maniabilité... un Airbus ne fera jamais un looping... Il n'est pas fait pour

PA
Pascalito

Je suis persuadé que les pilotes ont été induits en erreur par le réenclenchement de l'alarme de décrochage lorsque le co-pilote a poussé le manche pour diminuer l'incidence. On peut dire que c'est un problème de formation, mais franchement c'est plutôt un problème de conception du FWC qui gère les alarmes.
Il me semble qu'il y aurait une solution logicielle simple et peu couteuse: lorsque la vitesse passe en dessous d'un certain seuil, au lieu de supprimer l'alarme, seule l'alarme sonore serait inhibée et cela jusqu'à la disparition complète de l'alarme (i.e. rétablissement d'un vol normal). L'alarme visuelle persisterait en clignotant même à très basse vitesse sauf si elle est volontairement inhibée manuellement par les pilotes (petit bouton spécial sous un cache sur la console centrale) ce qui leur permettrait d'inhiber totalement l'alarme si après analyse ils sont certains qu'il s'agit d'une fausse alarme.
Ainsi, non seulement les pilotes auraient continué à avoir une alarme visuelle de décrochage tout du long (et aurait donc compris qu'ils étaient vraiment en décrochage) mais surtout, lorsque le co-pilote à repoussé le manche, aucune alarme sonore ne serait venu l'inquiéter et voyant sa vitesse augmenter (car les pitots remarchaient à ce moment là), il aurait continué dans ce sens et rétabli des conditions de vol normales.

WI
will29

Bonjour,

J'aime bien le domaine aéronautique, mais ne suis pas un spécialiste non plus.En revanche je maitrise mieux les aspects sécurité.
Sur la forme, le BEA a visiblement fait une grosse bourde en retirant cet aspect du rapport. Sans même connaître les raisons pour lesquelles ils ont procédé ainsi, le simple de le faire suffit en lui même pour qu'ils se fassent accuser de collusion. C'est dommage, le travail avait été (presque)bien fait.
Sur le fond , l'alarme a t-elle été contre productive ? C'est possible. Peut-on affirmer cependant qu'elle est totalement responsable du désarroi des pilotes ? Je n'irais certes pas jusque là.

Ce qui est étonnant dans le comportement de pilotes, c'est qu'il se sont complètement éloignés des fondamentaux : Pour comprendre la situation d'un avion,en pleine nuit, sans repère, rien de tel que les instruments. Ils n'étaient pas tous en panne.
Certes concernant la vitesse, il y avait de fait un gros problème. Mais pour le reste : l'altimètre, la vitesses de montée, tout cela fonctionnait.
J'ai lu, il y a quelques années un article sur les vol VFR (à vue). Celui-ci expliquait ce qui se passait en cas de perte de repère (entrée dans les nuages par exemple). L'article précisait que si le pilote n'adoptait pas les bons réflexes, il lui restait 180 secondes pour vivre. En l'absence de vision, la fonction d'équilibre apportée par l'oreille interne diminue. Autrement dit, on peut monter, virer, descendre, sans rien ressentir.

Le seul remède à cela : les instruments (pour ceux qui marchent dans ce cas). Et cela je crains que les pilotes ne l'aient pas appliqué. Ceci me semble corroboré par l'attitude des pilotes qui pourtant s'apercoivent qu'ils chutent (sans doute trop tard).
Je ne dis pas que l'accident est de la faute des pilotes, loin de la mais dans les causes ayant entrainé l'accident, on ne peut certainement pas écarter celles-ci.

En ce sens, la réaction du SNPL m'interpelle : peut on dire que le comportement des pilotes a été conforme à ce que l'on pourrait attendre en pareil circonstance : certainement pas. Je parle de cause bien entendu et pas de responsabilité.

Cela me fait également penser au comportement que l'on peut avoir en voiture lorsqu'on roulez à 130 km/h sur l'autoroute et que cela freine soudainement parce qu'il y a un obstacle. On appuie comme une âne sur la pédale de frein en surveillant avec inquiètude la distance avec le véhicule précédent . Si les distances sont respectées on s'arrête, sinon, c'est la voiture précédente assurée....En oubliant que sur la droite (la bande d'arrêt d'urgence) il n'y avait personne et que, en maitrisant le freinage, on pouvait se diriger vers celle-ci et s'arrêter sans problême. C'est con, mais peu de gens réagissent comme cela. Pourquoi : parce qu'ils n'ont pas acquis ce reflexe , que pourtant certaines écoles de conduite (je ne parle pas des auto-école) apprennent.

Si les pilotes ont mal réagit (c'est la cas ), ils n'en sont pas nécessairement pour cela responsables. Quelle est donc cette agitation du SNPL ?

Par ailleurs et c'est ce que je lis également le rôle de l'interface entre l'homme et la machine est primordiale et difficile à mettre en place : un exemple : l'alarme de décrochage devait être certainement programmée pour se déclencher dans des conditions très précises, ce qui pourrait expliquer le fonctionnement discontinu.
On lui reproche d'avoir induit les pilotes en erreur. C'est possible, mais il a fallu cet accident pour s'en rendre compte. Est ce que l'on aurait pu s'en rendre compte avant ? Bien difficile à dire.
Enfin (jarrête..) la multiplicité des systèmes dans un avion fait oublier quelque fois la priorité sur laquelle doit se porter la vigilance d'un pilote. Nous en avons un bon exemple. Pour renverser la vapeur, il y a encore pas mal de boulot

PA
patg

Bonjour,
Je suis pilote privé et je ne comprends pas pourquoi le déclenchement de l'alarme de décrochage est lié à la vitesse de l'avion.
Un avion décroche à une incidence donnée, c'est le seul critère.
La vitesse à laquelle l'incidence de décrochage est atteinte est, elle, fonction entre autres de la masse de l'avion.

On peut décrocher à n'importe quelle vitesse, dès qu'on dépasse l'incidence de décrochage (lors d'une ressource ou d'un virage à forte inclinaison en particulier).

Bref si quelqu'un sait pourquoi la vitesse est prise en compte pour le déclenchement de cette alarme, ça m'intéresse.

AV
avecundcommedusse

Bonjour,

La raison pour laquelle le Stall est inhibé a basse vitesse est que les aoa ne marchent pas bien a basse vitesse. C'est un extrême mais a 0kt, on aura 90° d'incidence. Il faut un seuil, peut-être est-il trop élevé sur ces avions...

n'oublions pas qu'il y a comme souvent dans un accident plusieurs facteurs et un seul en moins aurait pu permettre d'eviter le drame. Les facteurs (pour moi) : la nuit, perte info vitesse, decrochage (qui n'est pas une conséquence obligatoire), alarme disparaissant (entendu 54sec tout de meme), formation ...

Je me repete mais un indicateur d'incidence les aurait ptete aidé.

avatar
th2a

avecundcommedusse
Bonjour,


La raison pour laquelle le Stall est inhibé a basse vitesse est que les aoa ne marchent pas bien a basse vitesse. C'est un extrême mais a 0kt, on aura 90° d'incidence. Il faut un seuil, peut-être est-il trop élevé sur ces avions...


n'oublions pas qu'il y a comme souvent dans un accident plusieurs facteurs et un seul en moins aurait pu permettre d'eviter le drame. Les facteurs (pour moi) : la nuit, perte info vitesse, decrochage (qui n'est pas une conséquence obligatoire), alarme disparaissant (entendu 54sec tout de meme), formation ...


Je me repete mais un indicateur d'incidence les aurait ptete aidé.

En même temps à 60Kts, un A330 ça ne vole déjà plus beaucoup. alors inhiber l'alarme décrochage à des valeurs inférieures...

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th2a

AlbatrosL39
...il reste l'altimètre, le variomètre, qui sont autonomes, connectés sur la pression statique et non sur les pitots. Il reste aussi l'horizon artificiel qui lui est basé sur un système inertiel. ces équipement de base permettent de piloter convenablement l'avion, même sans aucune visibilité, comme un coucou d'aéroclub.

Hello,
juste pour info, quand les IR sont valides, le variomètre est une info inertielle sur ce type d'avion.
Il n'y a qu'en mode dégradé (centrale inertielle en panne) que le vario redevient une indication basée sur la pression statique.

AV
avecundcommedusse

th2a
En même temps à 60Kts, un A330 ça ne vole déjà plus beaucoup. alors inhiber l'alarme décrochage à des valeurs inférieures...

Avec une IAS (Indicated Air Speed) à 60kt, l'A330 pouvait toujours voler, nous étions dans un cas anormal avec des vitesses fausses, les pitot étaient apparemment obstrués. Ni les pilotes, ni les sytèmes (Alarmes, flight control...) ne connaissait à vitesse vraie.
Il ne faudrait surtout pas créer une alarme de décrochage basée uniquement sur la vitesse.

AL
Alex_31

La raison pour laquelle le Stall est inhibé a basse vitesse est que les aoa ne marchent pas bien a basse vitesse. C'est un extrême mais a 0kt, on aura 90° d'incidence. Il faut un seuil, peut-être est-il trop élevé sur ces avions...

C'est pas évident du tout, ca dépend complètement du design pcq les sondes AOA ne sont capables sur A330 que de mesurer des incidences comprises entre -60 et +60° ...

Bref si quelqu'un sait pourquoi la vitesse est prise en compte pour le déclenchement de cette alarme, ça m'intéresse.

J'ai bien une hypothèse, les avions avions Airbus ont des systèmes qui gère leur fonctionnement en fonction des phases de vol.
Il est possible que la combinaison [Moteur allumés & (vitesse < 80kts)] soit un trigger qui passe l'avion en Flight Phase 2 ou 9 : avion au roulage [la compression du train n'est pas forcément checké pour chaque transition de phase de vol]).

Mais bon ne connaissant pas les spécifications du système d'alarme... je ne m'avancerai pas plus et je serais aussi très intéressant de trouver ca . Je dis donc +1 à l'intervention de patg

AV
avecundcommedusse

patg
Un avion décroche à une incidence donnée, c'est le seul critère.

Moi, j'ajoute ou j'enlève (au choix ) un peu d'eau au moulin de patg. Ce n'est pas le seul critère, un avion décroche à une incidence donnée, à un mach (donc altitude, vitesse) donné, à une conf (slat / flap) donnée.

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jyb

patg
Bonjour,
Je suis pilote privé et je ne comprends pas pourquoi le déclenchement de l'alarme de décrochage est lié à la vitesse de l'avion.
Un avion décroche à une incidence donnée, c'est le seul critère.
La vitesse à laquelle l'incidence de décrochage est atteinte est, elle, fonction entre autres de la masse de l'avion.


On peut décrocher à n'importe quelle vitesse, dès qu'on dépasse l'incidence de décrochage (lors d'une ressource ou d'un virage à forte inclinaison en particulier).


Bref si quelqu'un sait pourquoi la vitesse est prise en compte pour le déclenchement de cette alarme, ça m'intéresse.

Pour les avions de ligne, l'incidence limite varie avec la vitesse de l'avion, essentiellement du fait de la très large plage de vitesse possible (250 à 1000 km/h)

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POB

Après avoir lu et relu toutes les infos et vos commentaires, il m'apparaît comme évident que la responsabilité du crash est attribuée aux instruments et qu'il n'est pas question (officiellement) de mettre les pilotes en cause.
Pourtant ils n'ont pas cessé de faire des conneries.
1 - Il faut être complètement neuneu pour aller se jeter dans un cunimb, pire encore en régime tropical.
2 - Il n'est pas surprenant que, dans de telles conditions terriblement turbulentes, les pilotes aient été un peu à la rue et aient déconné, mais vouloir monter dans de l'air chaud et peu dense avait peu de chances de succès, outre que cela diminuait dangereusement la portance.
3 - Un avion, comme n'importe quel aéronef à part les ballons, a un angle d'incidence maxi à partir duquel il décroche, phénomène physique naturel lié aux pressions de l'air sur l'intrados et l'extrados. Quand l'incidence est excessive, tous les écoulements d'air se désorganisent et la portance devient nulle, l'avion peut soit décrocher et tomber comme un caillou, soit entrer dans ce qu'on appelle en parapente une phase parachutale. Avec l'incidence que le pilote avait donnée à l'avion, c'est ce qui s'est produit. Il ne volait plus, il tombait.
4 - Tout aéronef - à part toujours les ballons - a aussi une vitesse minimale au-dessous de laquelle il ne décolle pas s'il est au sol, et il décroche s'il est en l'air. Il s'agit bien entendu de la vitesse/air et non de la vitesse/sol.
5 - Perdre momentanément des informations sur la vitesse ne fait pas perdre l'information sur l'assiette ni sur l'altitude. Les pilotes auraient dû réagir, mais le pouvaient-ils encore ?
Je pense que c'était la panique totale dans l'avion, autant dans la cabine que dans le poste de pilotage, et dans des conditions aussi stressantes il n'est pas surprenant que les pilotes aient mis l'avion dans une cascade d'incidents.
Un fonctionnement erratique de l'alarme de décrochage ne peut pas cacher les évidentes erreurs de pilotage, que je n'hésite pas à qualifier de fautes.

Ce qui me fait aussi tiquer c'est l'énorme Vz, complètement aberrante.
Un corps compact en chute libre atteint une vitesse limite de 50m/s, soit 180km/h. Il semble que la vitesse de chute de l'avion était bien supérieure et là il faut en déduire qu'il était dans une énorme dégueulante comme il y en a toujours à la sortie d'un cunimb.
Avec un parapente, on s'échappe d'une dégueulante bras hauts (donc à incidence mini) en poussant à fond sur l'accélérateur. avec un delta on tire sur le trapèze. C'est une simple question de mécanique du vol et avec un avion c'est sans doute kifkif : vol horizontal et pleins gaz.

Je parie que les conclusions de l'enquête tendront à exonérer les pilotes, pour ne pas mécontenter le syndicat, et l'avionneur pour une simple question commerciale. Haro donc sur le fournisseur des sondes Pitot et sur celui des systèmes d'alarme.
Cela ne vous rappelle pas Halsheim et le Mt Ste Odile ? :clapclap:
Salut et fraternité*

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macland

POB
...Cela ne vous rappelle pas Halsheim et le Mt Ste Odile ? :clapclap:
Salut et fraternité*

...Lire ou relire: http://jacno.com/long.htm#rep117
viewtopic.php?f=3&t=343&p=1949&hilit=+A320#p1949 !... :??: