Essai de traction - Définition

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

courbe de traction typique d'un matériau ductile

Un essai de traction est une expérience de physique qui permet de mesurer le degré de résistance à la rupture d'un matériau quelconque.

Certains objets fabriqués par l'homme doivent avoir un minimum de solidité pour pouvoir supporter les charges, le poids et bien d'autres efforts. L´essai de traction permet de caractériser les matériaux, indépendamment de la forme de l'objet sollicité.

Cet essai ou expérience consiste à placer une petite barre du matériau à étudier entre les mâchoires d'une machine de traction qui tire sur la barre jusqu'à sa rupture. On enregistre l'allongement et la force appliquée, que l'on convertit ensuite en déformation et contrainte.

L'essai de traction donne plusieurs valeurs importantes :

  • le module de Young E, ou module d'élasticité longitudinale ;
  • la limite élastique Re ou σe, qui sert à caractériser un domaine conventionnel de réversibilité  ;
  • la limite à la rupture Rm ou σm ;
  • l'allongement à la rupture A, qui mesure la capacité d'un matériau à s'allonger sous charge avant sa rupture, propriété intéressante dans certaines applications ;
  • le coefficient de Poisson, qui chiffre la variation de volume induite par la déformation des matériaux dans le domaine élastique.

Éprouvette de traction

On peut effectuer les essais sur un barreau cylindrique ou de section rectangulaire (éprouvette plate). L'éprouvette cylindrique permet d'avoir un système symétrique et un système d'accrochage simple (par vissage), l'éprouvette plate permet de voir ce qui se passe sur une face : apparition de lignes de glissement, forme des cristallites (métallographie), mesure de texture par diffractométrie X, …

Les extrémités de l'éprouvette sont élargies, avec un congé, afin d'être sûr que la déformation plastique et la rupture auront lieu dans la partie centrale de l'éprouvette. Les dimensions de l'éprouvette sont normalisées, ce qui n'interdit pas d'utiliser d'autres formes d'éprouvette si l'essai n'a pas besoin de répondre aux normes (par exemple dans le cadre de la recherche et du développement).

Les éprouvettes cylindriques sont habituellement obtenues par tournage. Les éprouvettes plates peuvent être obtenues par sciage d'une tôle puis fraisage.

Éprouvette entaillée

L'essai de traction sur une éprouvette entaillée d'un matériau ductile permet d'évaluer sa résistance. Pour une même section minimale, l'effort maximum est supérieur à celui de l'éprouvette lisse. On en déduit deux informations importantes:

-En comparant la contrainte nominale à la limite de rupture en traction, on obtient une sous estimation de la résistance d'une structure.

-Le mode de ruine de l'éprouvette lisse est l'instabilité, la striction correspond à une bifurcation.

Cas d'un matériau fragile

Dans le cas d'un matériau fragile, la rupture survient en fin de domaine élastique.

Déroulement de l'essai

Une fois l'éprouvette en place, on applique une légère précharge afin d'être sûr que l'on n'a pas de jeu. Puis, on effectue un déplacement de la travée qui a pour effet d'étirer l'éprouvette, et on mesure l'effort généré par ce déplacement ; le mouvement peut se faire par un système de vis sans fin ou un piston hydraulique, l'effort se mesure par la déformation élastique de la travée ou par un capteur de force inséré dans la ligne de charge.

À partir du déplacement de la travée, on calcule la déformation conventionnelle DL/L0 , et à partir de la force, on calcule la contrainte conventionnelle σ en divisant la force par la section initiale S0 pour obtenir la loi courbe de traction. La courbe de traction rationnelle est définie par la contrainte vraie obtenue en divisant l'effort par la section S au même instant et par la déformation totale Ln (L/L0) , intégrale de l'allongement relatif DL/L . Les lois de comportement élastique et plastique sont obtenues en partitionnant la déformation totale en déformation élastique et déformation plastique à partir de la courbe de traction rationnelle .

\varepsilon_\mathrm{t} = \varepsilon_\mathrm{e} + \varepsilon_\mathrm{pl}

L'essai s'arrête à la rupture de l'éprouvette.

Cas d'un matériau ductile

Dans un premier temps, la déformation est élastique. La courbe de traction est donc une droite, la pente de cette droite donne le module de Young E.

À partir d'un certain allongement, la courbe s'infléchit : c'est le début de la déformation plastique. La transition peut être franche (rupture de pente), ce qui permet de déterminer facilement la limite d'élasticité conventionnelle Re définie par la contrainte donnant 0,2 % de déformation résiduelle, Re 0,2.

La courbe de traction présente ensuite un maximum qui détermine la contrainte de rupture en traction conventionnelle Rm. À partir de ce point, la déformation est concentrée dans une zone, c'est la striction (« étranglement ») ; la rupture a ensuite lieu dans la zone de striction, pour une valeur de contrainte bien supérieure à la valeur conventionnelle. La courbe de traction rationnelle est elle toujours croissante.

Page générée en 0.538 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
A propos - Informations légales - Signaler un contenu
Version anglaise | Version allemande | Version espagnole | Version portugaise