Extraction de l'uranium - Définition et Explications

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Introduction

L'industrie d'extraction de l'uranium est une industrie minière qui va de la prospection initiale jusqu'au produit transportable (le yellowcake). Elle fait partie du cycle du combustible nucléaire (ensemble d'opérations visant à fournir le combustible (Un combustible est une matière qui, en présence d'oxygène et d'énergie, peut se combiner à l'oxygène (qui sert de comburant) dans une réaction chimique générant de la chaleur : la...) aux centrales nucléaires) et entre dans la chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) de fabrication d'une bombe à l'uranium (L'uranium est un élément chimique de symbole U et de numéro atomique 92. C'est un élément naturel assez fréquent : plus abondant que l'argent, autant que le molybdène...) enrichi. Elle comprend les opérations successives suivantes :

  • la prospection de nouveaux gisements,
  • la préparation d'un site pour l'exploitation d'un gisement (autorisations, conception et installation des équipements, construction éventuelle des ouvrages d'accès),
  • l'extraction du minerai, extrait seul ou en tant que co- ou sous-produit de l'extraction d'or, de cuivre (Le cuivre est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29. Le cuivre pur est plutôt mou, malléable, et présente sur ses surfaces...) ou de phosphate (Un phosphate, en chimie inorganique, est un sel d'acide phosphorique résultant de l'attaque d'une base par de l'acide phosphorique.).
  • la concentration de l'uranium sous forme de yellowcake transportable, et la vente de l'uranium
  • le démantèlement des sites lorsque le gisement est épuisé.
Etat initial : Minerai d'uranium
Etat final : yellowcake

Historique

Mine de Shinkolobwe. L'uranium de la bombe atomique lancée sur Hiroshima provenait de cette mine.

La première exploitation systématique (En sciences de la vie et en histoire naturelle, la systématique est la science qui a pour objet de dénombrer et de classer les taxons dans un certain ordre, basé sur des principes divers....) de minerai radioactif est réalisée à Jáchymov (en allemand, Joachimsthal), une cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des esclaves), constituant une...) minière située dans ce qui est à présent la République tchèque. Marie Curie (Marie Curie (née Maria Skłodowska le 7 novembre 1867 à Varsovie, Pologne - 4 juillet 1934 à Sancellemoz, France) est une physicienne polonaise...) utilise de la pechblende provenant de Jáchymov pour isoler le radium (Le radium est un élément chimique de symbole Ra et de numéro atomique 88.), un descendant radioactif de l'uranium. Par la suite, et jusqu'à la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de...) Guerre mondiale, l'exploitation minière vise principalement le radium. En France, la première exploitation est réalisée par Hippolyte Marlot à St Symphorien de Marmagne, pour extraire le radium. Cet élément est utilisé comme composant de peintures phosphorescentes pour des cadrans de montres ou autres instruments, ainsi que pour des applications médicales (certaines applications sont à présent considérées comme dangereuses pour la santé). L'uranium est alors un produit dérivé de ces applications, principalement utilisé comme pigment jaune (Il existe (au minimum) cinq définitions du jaune qui désignent à peu près la même couleur :).

Une demande spécifique en uranium apparaît au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité...) Manhattan (Manhattan est l'une des cinq circonscriptions (borough) de la ville de New York (les quatre autres étant The Bronx, Queens, Brooklyn et Staten Island). La circonscription de Manhattan se superpose avec le comté...), étudiant les applications militaires de l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) atomique, cherche à acquérir des stocks d'uranium en quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un groupe de...) suffisamment importante. Le gisement historique de Jáchymov, sous occupation allemande, n'étant pas accessible, les américains utilisent des minerais provenant de la mine de Shinkolobwe du Congo belge, fournis par l'Union Minière du Haut Katanga, ainsi que du Canada. En application d'une politique d'auto-suffisance, ils récupèrent également l'uranium présent dans des exploitations de vanadium (Le vanadium est un élément chimique, de symbole V et de numéro atomique 23.), présents dans le sud-ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.) des USA, mais de teneurs beaucoup plus faibles. L'Union soviétique, qui n'a pas de stock d'uranium au début de son programme d'armes atomiques, a une démarche similaire.

Mines d'uranium en France

En France, l'extraction a démarré juste après la seconde guerre mondiale (avec la création, le 18 octobre 1945, par le Général de Gaulle, du Commissariat à l’énergie atomique). En 1976, le CEA cède l’exploitation de ses gisements métropolitains à la COGEMA (Areva NC, précédemment Cogema[1] (Compagnie générale des matières nucléaires, jusqu'au 1er mars 2006), créée en 1976, est une entreprise française, filiale à 100 % du...). Un maximum de production est atteint dans les années 1980 puis cette industrie décline jusqu'à la fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) de la mine de Jouac, en Haute-Vienne en 1981 alors que l'extraction est délocalisée, notamment au Niger.
Les ressources restantes sont estimées à 12500 tonnes (soit 0,5% du total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En...) mondial), mais avec peu de site suffisamment rentables. Les gisements les plus riches comptent 1 à 5 kilogrammes (Le kilogramme (symbole kg) est l’unité de masse du Système international d'unités (SI).) d'uranium par tonne ( La tonne représente différentes unités de mesure ; Une tonne est un grand et large tonneau ; Une tonne-pompe est un fourgon d'incendie ; En zoologie, la tonne cannelée est un mollusque gastéropode. ...) de minerai, dans des conditions d'exploitation difficile (mines souterraines). Ces mines ont été ouvertes et exploitées, essentiellement par le CEA, et à partir de 1976 par sa filiale la COGEMA, avec quelques sociétés privées. Les anciens sites sont presque tous sous responsabilitié d'AREVA NC (Areva NC, précédemment Cogema[1] (Compagnie générale des matières nucléaires, jusqu'au 1er mars 2006), créée en 1976, est une entreprise française, filiale à 100 % du groupe public Areva, spécialisée dans les...). 210 sites d'exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) ou extraction (dont seuls une vingtaine ont produit plus de 1000 t d'uranium), ainsi que des sites de traitement de minerais (8 sites avec usines), des sites et de stockage de résidus de traitement (15 sites). Ces sites potentiellement dangereux sont répartis sur 25 départements sont répertoriés par la base Mimausa de l'IRSN. Ces sites ont fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus...) 52 millions de tonnes de minerais (76 000 tonnes d’uranium) et ont laissé environ 200 millions de tonnes de « stériles ».

La plupart des gisements se situent :

  • autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre...) du Massif (Le mot massif peut être employé comme :) central (Les sites les plus productifs étaient en Limousin, dans le département de la Haute-Vienne qui à lui seul a compté jusqu'à une cinquantaine de mines en exploitation), dans le Languedoc-Roussillon (Hérault et Lozère), en Rhône-Alpes (dans le département de la Loire), en Auvergne , en limite de l’Allier, et dans le Cantal ;
  • en Vendée, dans les départements des Deux-Sèvres, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire)
  • en Bretagne
  • en Alsace et

Les usines d'extraction et concentration d'uranium à partir du minerais, toutes associées à une mine, étaient situées à :

  • Bessines (La Crouzille, Haute-Vienne), cette usine traite les minerais de la Division de la Crouzille venant des mines de Margnac, Le Brugeaud, Fanay/Les Sagnes et le Fraisse]], Bellezane.
  • Jouac/Le Bernardan (Haute-Vienne)
  • Le Bosc (Hérault)
  • Gueugnon (Saône-et-Loire) ; usine de traitement chimique des minerais ouverte en 1955,
  • Les Bois-Noirs (à Saint-Priest-la-Prugne, dans le Département de la Loire, Arrondissement de Roanne, Canton de Saint-Just-en-Chevalet), gisement découvert vers 1951, à la suite des découvertes puis exploitation des gisement de Lachaux (Puy-de-Dôme) en 1949 et Grury (Saône-et-Loire) (fermé en 1990). L'usine y est ouverte en 1960 par la Division du Forez/Grury ; elle remplace l'usine de Gueugnon pour cette division qui possède aussi la mine de de Grury (Saône-et-Loire). La Division Minière du Forez est fermée suite à l’épuisement du gisement des Bois-Noirs en 1981.
  • Le Cellier (Loire-Atlantique)
  • Saint-Pierre (Le terme saint-pierre est un nom vernaculaire qui peut désigner en français trois espèces différentes de poissons appartenent à l'ordre des Zéiformes.) (Cantal)
  • Mine de l'Écarpière à Gétigné (Gétigné (Jestinyaé en gallo) est une commune française, située dans le département de la Loire-Atlantique et la région Pays de la Loire. Elle faisait partie des Marches de Bretagne-Poitou, et est...) (usine situé en Vendée qui traite les minerais de la Division de Vendée, laquelle exploite les mines de l’Ecarpière, de la Commanderie (Une commanderie est un établissement foncier appartenant à un ordre religieux et militaire au Moyen Âge. Placée sous la responsabilité d'un commandeur, c'était le lieu de vie d'une...), du Chardon (Chardon est un terme générique qui désigne de nombreuses espèces de plantes épineuses appartenant principalement à la famille des...) et de la Chapelle-Largeau. la mine de l’Ecarpière est située à cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des...) sur la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire), exploitée par AREVA (Areva est un groupe industriel français spécialisé dans les métiers de l'énergie. Cette entreprise est présente au niveau international avec un...) NC, fermé en 1990 et depuis réaménagé. Crassier de 11 millions de tonnes de résidus radioactifs de forte radiotoxicité selon 3 études commandées de 1991 à 1993 par la commune à la CRIIRAD
  • la Mine de la Baconnière, à Roussay est aujourd'hui ennoyée, et selon la CRIIRAD source de contamination radioactive (La contamination radioactive, c'est lorsqu'un produit radioactif se dépose sur un objet ou un être, ou bien est ingéré ou inhalé par un être. La contamination se distingue de l'irradiation, événement au cours duquel l'objet ou l'être est...) de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec...).
  • la Mine du CHARDON à Gorges fermée en 1991 pour partie ennoyée, avec au moins une résurgence.

Des traitements sommaires (lixiviation sur aires (Aires (en espagnol, les airs) est une compagnie aérienne intérieure de Colombie.) aménagées), ont eu lieu sur 9 autres sites

15 crassiers de stériles sont reconnus par l'IRSN, dont - outre sur les 8 lieux cités ci-dessus - à :

  • Bellezane (Haute-Vienne)
  • Montmassacrot (Haute-Vienne)
  • Bertholène (Aveyron)
  • Rophin dans (Puy-de-Dôme)
  • La Ribière (Creuse)
  • La Commanderie (Vendée et Deux-Sèvres)
  • Teufelsloch (Haut-Rhin)

D'autres sites sont suivis pour avoir été consacrés à l’extraction (souterraine ou à ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.) ouvert, en tranchée pour les pluspetits sites), moindrement dans les Alpes et en Aquitaine

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