La géomatique regroupe l'ensemble des outils et méthodes permettant de représenter, d'analyser et d'intégrer des données géographiques.
La géomatique consiste donc en au moins trois activités distinctes : collecte, traitement et diffusion des données géographiques.
La géomatique est étroitement liée à l'Information géographique qui est la représentation d'un objet où d'un phénomène localisé dans l'espace.
Il s'agit de constituer un référentiel représentant au mieux la réalité de terrain. (voir : topographie, géodésie, cartographie, géographie)
Plusieurs méthodes existent :
Les grands producteurs de référentiels français, outre la DGI pour le cadastre, sont l'IGN, le BRGM, l'IFN, le SHOM, OpenStreetMap, plus des entreprises spécialisées comme Navtech (société renommée NAVTEQ en 2004) ou TeleAtlas pour les données routières.
La diffusion des données traitées peut se faire selon plusieurs moyens : soit au travers de clients léger comme les navigateurs Internet, la production d'atlas cartographiques, les systèmes de navigation embarqués à bord des véhicules, etc.
La plupart des grandes entreprises, administrations, et collectivités locales sont, à l'heure actuelle, équipées de logiciels SIG pour gérer l'information géographique sur leur territoire de compétences.
L'AFIGéO indique dans son bilan de l'année 2004 du secteur de l'information géographique une explosion des usages et un défi d'avenir autour de nouveaux métiers.
Le traitement des données géographiques est souvent effectué dans des logiciels spécialisés appelés SIG (systèmes d'information géographique, en anglais GIS) — il en existe une petite dizaine en France : ArcGIS d'ESRI, GeoConcept de la société éponyme, MapInfo importé par Pitney Bowes, StarGIS et Apic de la société STAR-APIC, GeoMedia de chez Intergraph, AutoCad Map chez Autodesk. D'autres logiciels existent sur des métiers plus ciblés, comme EdiTop de chez Sirap pour les communes, etc. Les logiciels SIG étant souvent très chers, ce domaine connait une croissance exponentielle des logiciels libres tels que Grass, Jump, Udig, Quantum GIS...
L'intérêt d'un SIG dépendant fortement des données (elles aussi très chères), les SIG évoluent lentement vers des architectures « n-tiers » intéropérables grâce au respect de normes de services web édictées par un regroupement mondial des éditeurs, l'Open Geospatial Consortium (OGC). Internet joue donc un rôle de plus en plus important dans le développement des SIG, en particulier grâce à des logiciels libres tels que MapServer, souvent plus performant que les alternatives payantes.
Enfin, les SIG professionnels reposent sur des bases de données géographiques telles qu'Oracle spatial, ArcSDE, ou PostGIS. La base de données géographique PostGIS est très puissante, libre, et gratuite.
Le but de ces outils est non seulement de pouvoir afficher les informations géographiques sur différents référentiels (par exemple, superposer une orthophotographie aux parcelles cadastrales), mais aussi de réaliser des croisements (existe-t-il une corrélation entre l'habitat social et la petite délinquance ?), d'interroger les bases (où se trouve la borne d'incendie n° 342Z, quel est son débit d'eau et comment y va-t-on ?), de créer des cartes synthétiques ou thématiques, etc.
Toutefois, pour ne pas trop charger la carte, les croisements ne peuvent dépasser 3 ou 4 variables par carte. Au-delà, il faut faire plusieurs cartes, ou, si les variables sont nombreuses, s’orienter vers des techniques comme l'Iconographie des corrélations, pour une représentation sur un graphe unique.