Temps
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Éléments généraux

Image représentant la vision du temps du Chronos

Le Chronos est un concept qui, adjoint à l’Aiôn et au Kairos, permet de définir le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.). Ces concepts sont apparus chez les Grecs.

Le Chronos est le tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) du temps, relatif au présent :

« Hier était le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...) précédent et demain sera le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à...) suivant parce que je suis aujourd’hui. »

Il est un point (Graphie) mouvant sur la flèche du temps qui définit les infinis à ses deux bornes.

La notion de temps est un corollaire (Un théorème est une proposition qui peut être mathématiquement démontrée, c'est-à-dire une assertion qui peut être établie comme vraie au travers d'un raisonnement logique construit à...) de la notion de mouvement : le mouvement se fait dans la durée et si le temps venait à s’arrêter plus rien ne bougerait. Ainsi, selon Aristote (Aristote (en grec ancien Ἀριστοτέλης / Aristotélês) est un philosophe grec né à Stagire (actuelle...), le temps est le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) du mouvement selon l’antérieur et le postérieur. A contrario le temps semble ne plus faire sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie...) quand l’idée de mouvement disparaît, car le temps suppose la variation.

L’examen attentif du concept sous l’angle de la physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la...) permet d'approfondir les relations entre mouvement et temps, et de les distinguer plus nettement en rejetant quelques erreurs d’apparence. Ainsi une notion immédiate s’impose à nos sens et à notre raison : chaque objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui...) matériel composant l'Univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.) a une « quantité de mouvement », qui s'analyse mathématiquement comme le produit de sa masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte)...) par sa vitesse (On distingue :). Cette vitesse nous devons l’exprimer par une mesure d’espace divisée par une autre mesure, que nous nommons par convention « temps ». Le temps n’est donc pas une donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement, etc.) immédiate, comme l’espace, ni une donnée transcendantale. C’est un « être mathématique », pur produit de notre activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) cérébrale, nécessaire pour exprimer cette réalité première, la vitesse, propriété intrinsèque du mouvement. Cet « être mathématique », le temps, permet bien des développements qui sont totalement étrangers à cette approche sur son origine et sa nature « d’être mathématique pur ».

« Dans un même temps, dans un temps unique, dans un temps enfin, toutes choses deviennent » écrivait Alain. L’homme constate en effet trivialement que des « objets » de toutes sortes sont altérés par des « événements » et que ce processus prend place dans un temps partagé (Le temps partagé est une approche permettant de simuler le partage par plusieurs utilisateurs de temps processeur. Il ne faut pas le confondre avec le terme de multitâche : un...) par tous ceux qui ont conscience de son cours. Ces objets, ou du moins leur substance, sont cependant censés demeurer les mêmes, numériquement, malgré les changements qu’ils subissent. Le temps semble donc supposer à la fois changement et permanence. Il a comme corrélat la notion de substance, que Descartes avait assimilée, en ce qui concerne les choses matérielles, à l’espace. Ces constatations amènent encore à un autre couple de notions essentielles quant à l’étude du temps : la simultanéité (La notion de simultanéité est intuitive dans un univers, celui de Newton, où le temps est absolu et où temps et espace sont indépendants. Dans l'univers de la relativité...) (ou synchronie), qui permet d’exprimer l’idée qu’à un même moment, des événements en nombre peut-être infini (Le mot « infini » (-e, -s ; du latin finitus, « limité »), est un adjectif servant à qualifier quelque chose qui n'a pas de limite en nombre...) se déroulent conjointement, a priori sans aucun rapport les uns avec les autres. En corrélation se trouve la notion de succession, ou diachronie, (et par-là, l’antériorité et la postériorité) : si deux événements ne sont pas simultanés, c’est que l’un a lieu après l’autre – de sorte que d’innombrables événements simultanés semblent se suivre à la chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) sur le chemin du temps. Deux moments ressentis comme différents sont ainsi nécessairement successifs. De ces deux considérations, on apprend déjà que le temps, si difficile à imaginer et à conceptualiser de prime abord, ne peut-être examiné que sous l’angle de notre propre expérience universelle : l’avant, l’après et l’en-même temps. Néanmoins, de la simple succession, ou de la simultanéité, on ne peut déduire la durée. En effet, quand un même film est projeté à une vitesse plus ou moins grande, l’ordre des événements y est conservé, mais pas la durée. Remarquons aussi que la projection (La projection cartographique est un ensemble de techniques permettant de représenter la surface de la Terre dans son ensemble ou en partie sur la surface plane d'une carte.) à l’envers ne correspond à rien dans l’expérience du temps, qui est, lui, irréversible.

Ces notions font notamment appel à la mémoire : le classement des événements dans un ordre quelconque ne peut se faire que si l’on se souvient. De façon opposée, la mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) se construit grâce au fait que certains événements se répètent, autorisant ainsi l’apprentissage. De façon plus générale, il semble que le temps puisse être considéré (et considérer n’est pas connaître) sous deux aspects :

  • l’aspect cyclique : cycle des jours, des saisons, de la vie…
  • l’aspect linéaire : évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort…

La régularité de certains événements a permis d’établir très tôt une référence de durée (calendrier, horloge…) et donc de quantifier le temps : « quantifier le temps », c’est lui associer un nombre et une unité, en effectuer une mesure. Toutefois, cette connaissance est au mieux celle d’une substance du temps : elle n’apprend rien sur sa nature intime, car la mesure n’est pas le temps – il faut du temps pour établir une mesure. Et bien que l’intuition du cours du temps soit universelle, définir le temps en lui-même semble au-delà de nos capacités. Cela inspira une célèbre boutade à Saint Augustin dans ses Confessions. Voici ce qu’il écrit à propos de la définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) du temps : « Ce mot, quand nous le prononçons, nous en avons, à coup sûr, l’intelligence et de même quand nous l’entendons prononcer par d’autres. Et bien ! le temps, c’est quoi donc ? N’y a-t-il personne à me poser la question, je sais; que, sur une question, je veuille l’expliquer, je ne sais plus. » Il est vrai que décrire le temps ne semble possible que par une analogie, notamment au mouvement, qui suppose de l’espace. Imaginer le temps c’est déjà se le figurer et, en quelque sorte, le manquer.

Il faut donc distinguer la problématique de la représentation du temps de sa conceptualisation, tout comme il faut établir ce que nous savons du temps par l’expérience pour mieux s’en détacher. Au fil des siècles, les penseurs ont essayé d’évaluer le temps au travers de la méditation, du mysticisme, de la philosophie ou encore de la science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances,...). Il en ressort en fait que bien qu’on puisse supposer avec raison que tous les hommes ont la même expérience intime du temps – une expérience universelle – le chemin vers le concept de temps n’est pas universel. Ce n’est donc qu’en détaillant ces modèles intellectuels et leurs évolutions historiques que l’on peut espérer saisir les premiers éléments de la nature du temps.

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