Du Big Bang à la mission Planck: La relativité générale

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Nous poursuivons notre série sur la mission Planck avec le chapitre: La relativité générale.

L'espace-temps courbé par la présence d'une masse telle que la Terre.
Illustration: NASA

Le début du XXème siècle a vu la résolution du résultat négatif de l'expérience de Michelson-Morley, visant à mettre en évidence le mouvement de la Terre par rapport à l'éther. La solution de ce problème implique de revisiter des notions pourtant intuitives de l'espace et du temps, les fondant en une seule entité: l'espace-temps de Minkowski. Non content d'avoir bousculé nos concepts, Albert Einstein a montré que la théorie tricentenaire de la gravitation de Newton ne respectait pas les principes de sa nouvelle théorie. C'est pourquoi après 10 ans de travail exténuant, Einstein arrive à formuler une nouvelle théorie de la gravitation compatible avec les principes de la relativité restreinte.

En 1915, Einstein publie la théorie de la relativité générale, et l'applique au mouvement de Mercure autour du soleil. Il trouve alors une trajectoire presque elliptique, dont le grand axe tourne de 43 secondes d'arc par siècle, exactement la quantité mesurée (en prenant en compte les autres planètes du Système Solaire). Parti de ce succès, il entreprend de calculer un phénomène nouveau: la déviation des rayons lumineux par un corps massif. L'expédition d'Eddington profitant d'une éclipse totale de soleil en 1919 lui donne raison et Einstein devient alors connu du jour au lendemain du grand public.

La plus grande bêtise de sa vie

Einstein applique également sa nouvelle théorie à l'Univers entier, en le supposant homogène, et isotrope à partir d'une certaine échelle, hypothèses plutôt raisonnables selon lui. Einstein pensait à l'uniformité de la distribution des étoiles, c'était à son époque une hypothèse correcte, cependant, avec la découverte des galaxies, l'uniformité de l'Univers est bien vérifiée à plus grande échelle. Cela ne change pas la validité de la conclusion. Il arrive alors à la prédiction que l'Univers n'est pas statique, mais nécessairement dynamique. En effet, selon ses équations, l'Univers est forcément en expansion ou en contraction, mais nullement statique, tout comme une balle que l'on lance en l'air, la balle soumise à la gravité va ou bien s'élever dans les airs, ou bien tomber vers le sol. Ce résultat est bien trop révolutionnaire, même pour l'homme qui a révolutionné nos concepts d'espace et de temps, Einstein se voit obligé de modifier ses équations afin d'empêcher l'Univers d'évoluer, c'est la naissance de la constante cosmologique. Cependant la solution est instable, la moindre perturbation provoquerait une expansion ou une contraction.

La prédiction de l'expansion de l'Univers

Alexandre Friedmann
Illustration: Wikimedia Commons

Cependant, un physicien russe franchira le pas en 1922. En effet, Alexander Aleksandrovitch Friedmann exploita les équations de la relativité sans constante cosmologique et arriva naturellement à la prédiction d'un Univers en expansion. Ce résultat contredisait les conclusions d'Einstein 5 ans auparavant. Celui-ci publia un article réfutant les travaux de Friedmann, cependant après des échanges de lettres, Einstein reconnut qu'il avait fait une erreur, et admit la plausibilité des travaux de Friedmann. Cependant ses travaux n'ont eu aucun écho en occident, et l'astronome belge Georges Lemaître redécouvrit indépendamment l'expansion de l'Univers en 1927.

Prochain article à venir sur notre série Planck: Le décalage vers le rouge ou redshift.
Voir notre précédent article: Du Big Bang à la mission Planck de l'Agence Spatiale Européenne

Ces articles sont rédigés par Bongo1981 que vous pouvez retrouver sur notre forum.

AL
alessandro pendesini

…. « un physicien russe franchira le pas en 1922. En effet, Alexander Aleksandrovitch Friedmann exploita les équations de la relativité sans constante cosmologique et arriva naturellement à la prédiction d'un Univers en expansion… et l'astronome belge Georges Lemaître REDECOUVRIT indépendamment l'expansion de l'Univers en 1927…. » -Autrement dit Lemaître redécouvre, cinq ans après Friedmann, l’expansion de l’Univers ! …..Merci à l’auteur de l’article d’avoir rappelé cette précision historique ! Rendons à César ce qui est à César….

--Contrairement à ce que croient beaucoup de personnes- le Big Bang n’est pas une théorie d’origine de notre Univers connu, mais une théorie de l’évolution cosmique.
Même si le nombre d’événements passés n’est pas mathématiquement infini, l’Univers n’a pas pour autant besoin d’avoir eu un commencement. Un événement peut toujours en suivre un autre, un événement peut toujours en précéder un autre.
--Aujourd’hui, nul astrophysicien ou autre, ne peut péremptoirement affirmer que l’univers est infini. Infini (et zéro) n’a aucune signification dans le domaine de la physique ! :grat2:

Et, comme disait A.Addington :
« Ce n’est pas seulement que l’Univers est plus étrange que nous l’imaginons. Il est plus étrange que nous ne pouvons l’imaginer. » :pet:

avatar
POB

C'est Trinh Xuan Thuan, avec La Mélodie secrète / Et l'homme créa l'Univers, qui me fit faire un grand pas en avant dans un hypothétique début de compréhension éventuelle des mécanismes physiques qui régissent l'Univers.
Je ne peux que recommander cet excellent auteur, son bouquin (et les autres) méritent de figurer sur les rayons de la bibliothèque de toute personne passionnée d'astrophysique en particulier, et de physique en général.

Salut et fraternité*

AL
alessandro pendesini

@POB :
Ce que vous ne savez probablement pas c’est que l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, confond très allégrement dans ses écrits « physique » et « métaphysique » ! Peut-être ceci explique qu’il est membre de la (pseudo)université (UIP) de Paris, fondée par le « métaphysicien » Jean Staune !, qui, soit dit en passant, n’est pas reconnue par le Ministère de la Culture française !
:_jap:

VI
Victor

Voir des belles coïncidences dans les constantes de la physique
c'est trop près d'une idée du genre dessein intelligent
comme s'il y avait un truc qui fabrique ces constantes

VI
Victor

Il y a un truc qu'Einstein n'aimait pas
c''est l'idée de chaos dans la physique
et les équations qui en découlent
il a toujours cru qu'il pouvait tout écrire

VI
Victor

Non! je parle du non-déterminisme fondamental de la physique
des formes nouvelles se créent mais il n'y a pas de prévisibilité
sinon des lois générales qui créent de l'ordre dans ce désordre
Le principe Anthropique restant une illusion

JP
jpdems

Bonjour à tous,
je me rejouis de connaître techno-science.

Bien que peu encleint aux sciences avancées ou pas, je voudrais vous remercier dans un premier temps pour tous les articles de vulgarisation que vous proposez, comme celui sur la relativité générale: comme vous le devinerez, je n'ai pas eu la capacité à étudier aussi loin que les "savants".
Ayant tenté de devenir sur le tard pilote de ligne, c'est aujourd'hui du passé, mon âge et l'état de l'économie mondiale étant devenus incompatibles avec ce genre de métier, j'ai graces aux études théoriques incontournables pour accéder à ce métier pu apporter ma pierre à l'édifice, un gravillon, un jour sur l'un de vos forums en placant une remarque sur le nombre de Mach, pour la vitesse du son et de certains avions.

Votre site, et c'est là où je veux en venir, doit certainement son succès à sa capacité à mettre à la portée de tout un chacun les sujets faciles, difficiles ou inaccessibles pour le non scientifique que je suis, et je sais que je ne suis pas tout seul non plus dans ce cas.
Je pense donc, en des mots plus simples, que le succès de techno-science ne se dément pas parce que tout le monde peut s'identifier et se reconnaître à l'accessibilité de ses articles. je pense que les rédacteurs sont sensibles et soucieux de le rester, on peut le voir dans ce chapitre sur la relativité, qui même si je progresse un peu avec le temps, sont lipides et "relativement" simples.
Je vous écris ce soir parce que justement ce même article m'a permis de "piger "quelque chose de plus à sa lecture, et faire des progrès en acquérant un peu de savoir, c'est l'essence même de la passion scientifique.

Merci donc de garder comme vous le montrez cette fois encore suffisamment de simplicité et de sens métaphorique pour que nous puissions continuer de vous lire, en astronomie, physique et tout le reste.

J'attends veille l'article sur le redshift;
Bonne continuation.

AD
Adrien

Merci pour les compliments, et merci à Bongo1981 pour cette série :)

avatar
POB

alessandro pendesini
@POB :
Ce que vous ne savez probablement pas c’est que l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, confond très allégrement dans ses écrits « physique » et « métaphysique » !

Oh que si je le sais très bien, le lien que j'avais inséré pointe d'ailleurs sur un florilège de sa littérature.
Quand j'ai lu "la Mélodie secrète", il y a pas loin de 20 ans, l'auteur n'avait pas encore dérapé dans des délires métaphysiques et son bouquin était très intéressant.
Maintenant il date un peu mais ce fut une bonne initiation... et puis tonton Einstein n'était-il pas plus ou moins déiste, avec son refus d'admettre toute forme de chaos aussi déterministe fût-il ? Sa fameuse "constante cosmologique" s'insère dans cette faiblesse (très relative) de cet immense génie.
Et puis Georges Lemaître était écclésiastique, ce qui ne l'empêcha pas de faire lui aussi progresser l'astrophysique, et de quelle superbe manière !

Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, s'il attrape les rats c'est un bon chat. (Mao Tsé-toung)

Salut et fraternité*

avatar
Mizar 17

@ jpdems :

Complétement en phase avec vos écrits '( de qualité) . :)
Merçi à bongo :_salut:

avatar
bwergl

Moi aussi, je trouve que l'infini est plus probable que le "rien".
Parce que le rien, c'est du rien. Tandis qu'avec l'infini on peut quand même faire quelque chose ^^

Comme tout est relatif, alors l'idée de l'infini est déjà présente dans le terme de la relativité.
Il s'agit juste de l'accepter. Pas facile pour certains.

C'est comme le mouvement, si il y a un mouvement un jour, c'est qu'il y a eu un mouvement toujours aussi minime soit-il.
Quand rien ne bouge, alors rien n'a vocation à bouger.

C'est donc dans l'exploration de ces domaines de la réflexion introspective que l'infini parait plus probable, même obligatoire en fait. En réalité, il n'y à pas de place pour le zéro. Le zéro est un concept relatif inventé par les humains, pour les humains pour se situer par rapport à un point défini dans ce sens.

En passant, félicitation à Bongo pour avoir intégré l'équipe de techno science.

VI
Victor

Ben justement l'infini c'est un problème mathématique de la relativité
les singularités infiniment dense ce n'est pas physique mais mathématique,
les théoriciens vont vers les cordes pour ces cas là

avatar
bongo1981

Merci pour vos encouragements :)

Pour ceux qui auraient le courage de suivre des cours de relativité générale, il y a des vidéos disponibles sur internet, de Richard Taillet.

http://podcast.grenet.fr/podcast/cours- ... -generale/

avatar
bwergl

Victor
Ben justement l'infini c'est un problème mathématique de la relativité
les singularités infiniment dense ce n'est pas physique mais mathématique,
les théoriciens vont vers les cordes pour ces cas là

Oui, possible ou pas. N'oublions pas aussi que les théories ce sont des abstractions de la réalité. En ajoutant des niveaux d'abstractions supplémentaires, on peut se retrouver avec une réduction et une interprétation très différente de la réalité physique.

Ca c'est mon coté programmeur qui parle après être passé derrière des stagiaires.

avatar
bongo1981

La censure cosmique reste pour l'heure une conjecture de Roger Penrose.

VI
Victor

C'est absurde de séparer le temps et l'espace,
Le temps dans un trou noir donne des choses aussi bizarre

VI
Victor

On peut s'imaginer le Big-Bang comme un trou noir dont nous sommes issus
maintenant le méta univers ben c'est de la mousse de bulle d'univers
Mais j'ai jamais vu cette mousse....c'est l'idée d'un gars qui se nomme Landé

avatar
franckpiton

Victor
Mais j'ai jamais vu cette mousse....c'est l'idée d'un gars qui se nomme Landé

Il a dut y penser en se rasant .

VI
Victor

Plutôt en buvant de la bière c'est un physicien allemand Alfred Landé 1888-1976 naturalisé américain
http://en.wikipedia.org/wiki/Alfred_Land%C3%A9

VI
Victor

Personne ne peut répondre car personne n'a franchi l'horizon
Cela reste une hypothèse même si Hawking dit ses théories

avatar
bongo1981

nico17
Un trou noir né d'un effondrement est un point dans le temps et non dans l'espace...une ligne horizontale et non verticale... :_grat2:

Je ne comprends pas très bien cette phrase, mais si ça peut aider, voici un diagramme d'espace-temps de l'effondrement d'une étoile en trou noir :

Les dimensions d'espace ont été réduites à 2, et le temps s'écoule de bas en haut.
On voit à l'origine l'étoile comme un disque qui se contracte.
Puis on voit un cylindre en transparence, qui symbolise l'horizon des événements. L'effondrement se poursuit jusqu'à former une singularité au centre.

Il faut bien comprendre que l'horizon n'est pas une singularité physique, mais une singularité de coordonnées, c'est à dire que des infinis apparaissent, parce que l'on n'a pas choisi le bon système de coordonnées (il faut utiliser les coordonnées de Kruskal-Szekeres). A la traversée de l'horizon, il ne se passe absolument rien de particulier (à part le fait qu'on ne puisse plus la franchir dans l'autre sens).

ZO
Zoharion

Merci Bongo.

Correction de l'adresse pour le cours de relativité :
http://podcast.grenet.fr/podcast/cours- ... ono=chrono

Si jamais ça ne marche toujours pas voici ce qui est écrit après http:// :
podcast.grenet.fr/podcast/cours-dintroduction-a-la-relativite-generale/?ep=10&chrono=chrono

VI
Victor

Un ligne, c'est un point qui se prolonge
et qui s'ordonne par un ordre qui est ici le temps
c'est un point à un instant donné

avatar
bongo1981

nico17
Une singularité nue serait bien une verticale ( elle apparaît dans ce diagramme)!

Dans l'espace-temps, un point immobile, c'est une ligne verticale.

Quant aux éjections de matière, c'est au niveau du disque d'accrétion. En effet, quand un trou noir avale de la matière, celle-ci est échauffée et émet en rayons X. Plus vite la matière est avalée, et plus le disque émet des rayons X freinant la chute de matière. C'est plus ou moins un système asservi.

Dans les éjections, je suppose que c'est la combinaison de plusieurs facteurs (rayons X, + champ magnétique). Cette éjection se fait forcément perpendiculairement au plan de rotation du disque d'accrétion, puisque c'est l'endroit où la matière est la moins épaisse.