Explication de l'échec du troisième Falcon 1

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Début août, la troisième tentative de lancer un Falcon s'est soldé par un échec. Le lanceur, développé par l'entreprise privée SpaceX, a fonctionné pendant 2 minutes 30. Le temps d'atteindre 217 km d'altitude et de disparaître des écrans de control.

Après l'analyse de l'ensemble des données du vol, SpaceX arrive à la conclusion que l'échec de son lanceur provient d'une décroissance plus lente de la poussée du nouveau moteur à refroidissement régénératif Merlin 1C comparée à celle du moteur Merlin 1A, refroidi par ablation, qui avait été utilisé lors du vol précédent.

Un lanceur Falcon 1 à l'assemblage en 2005

Concrètement, la poussée résiduelle du moteur, au moment de la séparation, était supérieure à la force des ressorts de séparation. Les spécialistes l'auront compris, des essais plus poussés auraient révélé ce problème et permis aux ingénieurs de le corriger. Notez que le moteur Merlin 1C sera utilisé en grappe de 9 pour propulser le premier étage de Falcon 9, le lanceur le plus lourd de cette famille.

Cet échec ne doit pas masquer les progrès accomplis par SpaceX. La qualification du premier étage semble acquise et le système de séparation des étages fonctionne normalement. Les préparatifs pour le quatrième tir continuent. SpaceX vise un lancement d'ici quelques semaines.

Falcon 1

Bien que développé sous fonds privés, le programme Falcon de SpaceX à le soutien de la DARPA, de l'Armée de l'Air des Etats-Unis et de la NASA dans le cadre du programme COTS (Falcon 9 / Dragon).

Falcon 1 est un petit lanceur en ligne de 2 étages propulsé par un moteur alimenté par de l'oxygène liquide et du kérosène. Certains composants du premier étage sont prévus pour être réutilisables.

Avec ce petit lanceur, la firme américaine souhaite s'octroyer des contrats gouvernementaux US (civils et militaires) pour le lancement de satellites de moins de 570 kg sur les orbites basses. SpaceX se positionne sur le marché des lancements commerciaux en se fixant comme objectif de casser les prix. Un lancement sur une fusée Falcon 1 est proposé à 6,7 millions de dollars, soit environ le tiers du prix du marché.

Falcon-1 préfigure une famille de lanceurs capables de lancer jusqu'à 10 tonnes sur l'orbite de transfert géostationnaire et un peu moins de 25 tonnes en orbite basse.

Echecs

Rappelons que la première tentative de lancer une Falcon-1 en mars 2006 s'est soldée par un échec. Une fuite de carburant, suivie d'un incendie ont provoqué l'explosion du petit lanceur et la perte de FalconSat-2, le satellite qu'elle devait mettre en orbite.

Quant à la deuxième tentative (mars 2007), le problème est survenu en fin de phase propulsive. Un départ en roulis non contrôlé a provoqué un arrêt prématuré du moteur du 2ème étage (1 minute 30 avant l'arrêt prévu) et un choc à la séparation des étages 1 et 2. Ces deux événements sont à l'origine de l'échec de la satellisation de la charge transportée et la perte du lanceur environ 7 minutes 30 après son décollage.

GO
gomodo

Les explications des échecs sont peut-être à un autre niveau que technique :

La NASA ce réserve les gros projets qui contente tout le monde (militaire, politique, scientifique) :
cahier des charges contradictoire = projet bancal = bricolage = navette spatiale chère et foireuse

SpaceX à l'inverse c'est du commercialo-commercial. On a ici un cahier des charges simple , mais à la réalisation on sent la précipitation et la recherche du low-price au détriment de la fiabilité : lanceur foireux

GR
griffaurel

Des grappes de moteurs oxygène/kerozène, ça me fait penser à la technologie Russe des débuts de la grimpette.
Apparemment, le problème sera réglé avec une petite tempo entre l'arrêt du moteur du premier étage et l'activation des boulons explosifs et mise à feu du deuxième étage. Mais c'est clair que changer de moteur sans étude approfondie, ça fleure un peu la précipitation.
La quatrième tentative sera surement la bonne.
Tous les lanceurs ou presque ont commencé leur bruyante carrière par des échecs.

TR
tr

Tu vas un peu vite...

Navette spatiale chère == Oui (500 millions de dollars par mission !)
Foireuse == Tu as vu le nombre de missions ? Elle a bien été réutilisable mais ça été plus dur que prévu. Il n'y a rien d'équivalent dans le monde. La Bourane russe aurait peut-être été meilleure, avec l'avantage de tirer parti de l'étude de la Navette.

Malgré la triste perte de deux équipages - à plusieurs années d'intervalle et pour des causes différentes - je trouve au contraire que la navette est une belle réussite. A contrario le programme Orion ne m'enchante pas beaucoup, mais je comprends bien que si les coûts baissent, la NASA pourrait faire autre chose que d'envoyer des hommes faire des tours de la Terre en orbite basse. Et puis Orion serait plus sûr. Mais ce programme Orion doit encore prouver que la fiabilité et les coûts moindres sont bien au rendez vous de 2014.

Et je me demande si le manque de crédits pour Ariane ne signifie pas que certains responsables pensent que la concurrence des boîtes privées va être insurmontable.

Falcon a des difficultés de jeunesse comme d'autres avant eux. Tous les constructeurs spatiaux ont connu des échecs.

Mais si on va au delà des aspects techniques, le modèle "initiative privée" des milliardaires américains semble marcher pour la conquête spatiale. Chez nous aussi on a des milliardaires mais... Personne ne les voit pas prendre ce genre de risques. Pourquoi ?

AU
aureliencity

Parceque les français riche voir méme trés riche sont les plus avare et égoiste du monde en majorité ?
Et que ce genre de projet si ca rapporte pas a cour terme ils s'en foutent?

TR
tr

Je ne sais pas si les français sont plus avares - je ne crois pas - je crois plutôt qu'ils ne prennent pas de gros risques. Il me semble que le reste des pays riches en Europe ne valent pas mieux que nous autres français : "Pour vivre heureux, vivons cachés".

Les riches sont d'autant plus mal vus s'ils se plantent en gâchant de l'argent en France. L'argent sent toujours un peu mauvais chez nous. Et puis on n'a pas de "nouvelle frontière à conquérir" en Europe. Je crois que chez certains américains, avoir tenté quelque chose d'un peu osé, même quitte à se planter ensuite, n'est pas mal considéré (celui qui a tenté qq chose a au moins un esprit d'entreprise !). Pour nous français, l'entreprise, c'est plutôt dans le camp des oppresseurs, des profits non partagés, des injustices et du règne des petits chefs... Et le chômage omniprésent n'arrange rien.