@ l'incruste
Je suis d'accord avec une grande partie de ce que tu as dit (et ce n'est pas moi qui ai fait dériver le sujet, simplement l'ami "space" m'a quelque peu exaspéré, comme la fois où ils s'amusait à l'idée de voir un A380 s'écraser...
). Quelques précisions cependant :
1) Toutes les espèces animales ont une composante innée et une composante acquise. On se rend compte par exemple qu'il existe chez les singes de véritables cultures, avec des gestuelles et onomatopées (langage?) propres à chaque "tribu" (!) etc... On sait aussi que n'importe quel animal éduque ses petits, même si cette éducation n'est pas aussi intense que la nôtre. En fait, notre espèce a cela de spécial que la part d'acquis est beaucoup plus grande que chez n'importe quelle autre espèce.
Mais avoir une grande masse d'acquis ne diminue en rien notre part d'inné, en particulier sur un plan aussi fondamental que la sexualité, peut-être ce qu'il y a de plus indispensable à la survie d'une espèce. Tu parlais des mouches drosophiles, je parlais de cette expérience sur les souris, récemment on a étudié l'homosexualité des taureaux, etc... Pour l'homosexualité naturelle (je ne parle pas de celle provoquée génétiquement), il est difficile de nier sa base génétique.. à moins de supposer une vie affective et fantasmagorique très développée chez des espèces même parfois très rudimentaires (insectes)?
Aussi, il est probable que chez l'homme aussi l'homosexualité a une composante génétique fondamentale... à moins d'affirmer que notre espèce serait la seule épargnée par ce qui touche le reste du règne animal? Je me souviens d'un ami d'enfance qui de toute évidence était né homo : extrêmement maniéré dès que je l'ai connu (en maternelle), jouant à la poupée, etc. Je l'ai re-croisé à la fac quelques années plus tard, et cela ne s'était qu'accentué. Son frère n'avait apparemement pas du tout la même orientation pour autant que je m'en souvienne : difficile donc d'accuser une composante purement acquise liée au milieu familial.
Maintenant, il est vrai, encore une fois, que notre espèce transmet une grande part d'acquis. Peut-on dès lors "choisir" son orientation sexuelle? Très honnêtement j'ai du mal à l'envisager. Ou alors cela ne concernerait qu'un faible pourcentage de gens à la limite entre les deux orientations et pouvant basculer de l'une à l'autre, ou bien... justement ayant reçu en acquis la conviction que l'homosexualité est un choix et que c'est donc à essayer (pour choisir).
2) Je n'ai jamais été choqué ni dérangé par l'homosexualité qui m'a toujours semblé faire partie du paysage, être "normale" dans le sens où c'est dans la nature. Aussi je suis toujours étonné de voir nier sa composante génétique, qui me semble être un rejet de la réalité. Pourquoi certaines personnes ressentent-elles le besoin de la nier? De quoi ont-elle peur? Et cela a des effets pervers pour les homosexuels, puisque en présentant leur orientation comme un choix, cela pose la possibilité d'un bien et d'un mal dans l'orientation sexuelle. Car dès qu'il y a choix il y a possibilité de se tromper. Imaginons par exemple que l'on puisse choisir d'être invalide moteur (handicapé) : faire ce choix ne serait-il pas choquant? Maintenant, admettre que l'on naît handicapé supprime ce choix et l'handicapé est dès lors parfaitement accepté avec son handicap.
Je pense que pour l'homosexualité c'est la même chose : accepter la base génétique de l'homosexualité rendrait absurde toute la haine (de part et d'autre) qui entoure ce débat. Haït-on quelqu'un parce qu'il est né bossu? Non bien sûr, c'est absurde. Je pense que la normalisation et l'acceptation réelle de l'homosexualité dans notre société passe par l'acceptation de la réalité, et non par sa négation. Cette acceptation ferait disparaître à jamais l'idée de "perversion", en particulier. Cela dit, je ne comprends pas pourquoi certaines personnes semblent avoir peur de cette réalité. Cela reste un mystère pour moi.
EDIT- Finalement j'ai peut-être une idée : la trouille de la prédestination 