Le détecteur de matière noire le plus sensible livre ses résultats

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Les résultats de la première observation de XENON1T, le détecteur de particules de matière noire le plus performant jamais construit sur Terre, ont été révélés ce 18 mai 2017. « Le meilleur résultat sur la matière noire jusqu'à présent !... et nous venons de commencer ! ». C'est ainsi que la collaboration internationale XENON, basée au Laboratoire national du Gran Sasso (LNGS) en Italie, et à laquelle participent les équipes de recherche de Subatech et du LPNHE, a dévoilé ce premier résultat à la communauté scientifique internationale après une trentaine de jours d’observation. Ces premiers résultats ouvrent une nouvelle page dans la recherche de cette mystérieuse matière noire.

La matière noire est l'un des constituants fondamentaux de l'Univers, cinq fois plus abondante que la matière ordinaire. Plusieurs mesures astronomiques corroborent aujourd’hui son existence alors qu’en parallèle son observation directe sur Terre confirmerait son existence et pourrait même mettre en lumière ses propriétés. L’effort expérimental est mondial autour de l’objectif de signer sa présence en observant directement les interactions des particules élémentaires de matière noire avec la matière ordinaire dans des détecteurs extrêmement sensibles. Cependant, ces interactions sont si faibles qu'elles ont, jusqu’à présent, échappé à la détection directe, obligeant les scientifiques à construire des détecteurs de plus en plus imposants.

La collaboration XENON, qui avec XENON100 avait déjà rapporté d’excellents résultats par le passé, est maintenant de retour sur la ligne de front avec XENON1T. Le résultat d'une première observation sur une trentaine de jours montre que le bruit de fond de ce détecteur est exceptionnellement faible, de plusieurs ordres de grandeur au-dessous de celui qui serait associé à la radioactivité naturelle des matériaux de l’environnement terrestre. Avec une masse totale d'environ 3200 kg, XENON1T est en même temps le plus grand détecteur de ce type jamais construit. La combinaison d'une taille considérablement accrue et d’un bruit de fond si faible se traduit par un excellent potentiel de découverte dans les années à venir.

Le détecteur XENON1T dans les sous-sols du LNGS ©Enrico Sacchetti/XENON Collaboration

La collaboration XENON se compose de 135 chercheurs internationaux: Allemagne, Emirats Arabes Unis, États-Unis, France, Israël, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède et Suisse y partagent leurs effectifs. Le dernier détecteur de la famille XENON est en opération au Laboratoire national du Gran Sasso (LNGS), en Italie, depuis l'automne 2016. Le détecteur central XENON1T, de la famille des chambres à projection temporelle au xénon liquide (LXeTPC), se trouve dans un cryostat au milieu d'un gigantesque réservoir d'eau ultra pure, entièrement immergé, afin de le protéger autant que possible de la radioactivité naturelle provenant de la caverne. Le cryostat permet de garder le xénon à une température de -95 °C sans geler l'eau environnante.

La montagne au-dessus du laboratoire protège encore plus le détecteur, ce qui l'empêche d'être perturbé par les rayons cosmiques. Mais ce blindage externe n’est pas suffisant, car tous les matériaux sur Terre contiennent de minuscules traces de radioactivité naturelle. Ainsi, un soin extrême a été pris pour trouver, sélectionner et traiter les matériaux composant le détecteur afin d’aboutir à un contenu radioactif intrinsèque le plus bas possible. Laura Baudis, professeur à l'Université de Zürich et Manfred Lindner, professeur de l'Institut Max-Planck pour la Physique nucléaire à Heidelberg, soulignent que cela a permis à XENON1T d'obtenir un «silence» record, incontournable pour pouvoir capter le "son" si faible de la matière noire dans un aussi grand volume de matière ordinaire.

Assemblage de la chambre de porjection temporelle du détecteur XENON1T ©Enrico Sacchetti/XENON Collaboration

Une interaction de particules dans le xénon liquide entraîne de petits éclairs de lumière. C'est ce que les scientifiques de XENON enregistrent et étudient pour déduire la position et l'énergie de la particule qui interagit, mais aussi pour éventuellement identifier si la particule pourrait être de la matière noire. L'information spatiale permet de sélectionner des interactions se produisant dans le noyau central de 1 tonne au cœur du détecteur. Tout autour, le xénon environnant protège encore plus la cible centrale des minuscules contaminations résiduelles radioactives présentes dans la matière utilisée pour construire le détecteur.

En dépit de la brièveté de la première exposition qui n’a duré qu’une trentaine de jours, la sensibilité de XENON1T a déjà dépassé celle de toutes les autres expériences, sondant des territoires inexplorés et où la matière noire aurait pu être présente. "Les WIMP n’ont pas été révélés dans cette première recherche avec XENON1T, mais nous ne les attendions pas si tôt", déclare Elena Aprile, professeur à l'Université de Columbia et porte-parole de la collaboration. "La meilleure nouvelle est que l'expérience continue d'accumuler d'excellentes données qui nous permettront de tester bientôt l'hypothèse de WIMP dans une région de masse et de section efficace d’interaction avec des atomes comme cela n’a jamais pu être exploré auparavant. Une nouvelle ère pour détecter enfin la présence de matière noire avec des détecteurs massifs contenant un bruit de fond ultra-bas vient de débuter sur Terre avec XENON1T. Nous sommes si fiers d’ouvrir cette exploration avec ce détecteur incroyable, le premier de son genre."

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cisou9

________________ :_salut:
Intéressant mais pas encore de résultats tangibles. :jap:
WIMP acronyme anglais pour Weakly Interacting Massive Particles, pouvant se traduire par « particules massives interagissant faiblement ». :rD ____________

PI
Piscenois

merci cisou ! j'allais chercher :jap:

KA
kace

cisou9
________________ :_salut:
Intéressant mais pas encore de résultats tangibles. :jap:
WIMP acronyme anglais pour Weakly Interacting Massive Particles, pouvant se traduire par « particules massives interagissant faiblement ». :rD ____________

Entre l'absence de détection de matière noire et l'explication alternative via une modification de la gravité, MOND (MOdified Newtonian Dynamics), qui marche bien et n'a toujours pas été prise en flagrant délit de fausse prédiction, je n'y crois plus trop à la matière noire ...
Certes, LCDM reste le "modèle standard de la cosmologie", mais je pense qu'un jour il faut envisager des alternatives, et ce jour me semble arrivé ! Pour une simple raison de bon sens explicitée ci-dessous.

Dans le paradigme de la matière noire (si on fait l'hypothèse qu'elle existe), il est parfaitement logique que sa masse et sa répartition soient variable d'une galaxie à l'autre (ie "chaque galaxie et halo de matière noire a sa vie propre depuis le big bang"), et que selon ces paramètres, on peut calculer la vitesse de rotation du gaz et des étoiles (en utilisant la mécanique newtonienne et/ou la relativité générale). Ok, c'est logique, mais une chose ne devrait PAS se produire dans ce paradigme !
Contexte : masse visible et matière noire étant faiblement liés (par définition, sinon la matière noire interagirait fortement avec la matière visible, et elle ne serait donc plus "noire" ; -), les 2 devraient être corrélés seulement "assez faiblement". Par ailleurs, la matière noire étant en quantité 5x plus forte que la matière visible, en aucun cas la seule matière visible ne devrait "dicter" la quantité de matière noire qui est présente dans la région : ce sont les amas de matière noire qui devraient attirer à eux la matière visible disponible dans la région et non l'inverse, et selon son abondance locale, la quantité de matière visible devrait être très variable d'un amas de matière noire à l'autre, de manière peu corrélée.
Ex : 2 gros amas de matière noire créés peu après le big bang se balladent et accrètent de la matière visible : l'un rencontre une grosse galaxie, l'autre une petite. Les étoiles auront des vitesses de rotation identiques (liées à la masse totale, qui ne dépend quasiment que de la matière noire, supposée en quantité identique), et non corrélées à la masse de matière visible de leur galaxies initiales.
Réfléchissez-y 2 minutes, et ça devrait être assez limpide.

Problème pour LCDM : jusqu'à preuve du contraire, une loi ad-hoc un peu stupide permet de déterminer la masse de matière noire de n'importe quelle galaxie avec une assez bonne précision simplement en regardant la quantité de matière visible !!! C'est contraire au principe même du paradigme LCDM que je viens d'expliquer ci-dessus ...
Cette loi, c'est MOND, établie expérimentalement dans les années 70/80 sur la base d'une dizaine de galaxies ! Et malgré des milliers de galaxies testées depuis, des grosses, des petites, des géantes, des naines, toujours pas un seul contre-exemple "flagrant" !?! (seulement quelques cas "à la limite", mais qui peuvent s'expliquer par les incertitudes de mesures et du rapport mal maîtrisé et mesuré de masse/luminosité des étoiles)

Quand ça a l'odeur de Canada Dry, la couleur du Canada Dry et le goût du Canada Dry, c'est du Canada Dry ; -). En gros, quand une loi expérimentale marche tout le temps, il faut se demander si elle n'est pas une cause première plutôt qu'une conséquence hasardeuse et peu crédible d'un modèle différent (LCDM en l'occurrence).

Bref, l'avenir nous le dira je l'espère !
(et pour info, ce qui bloque l'expansion et la crédibilité de cette théorie MOND, c'est justement l'absence de bases théoriques sous-jacentes claires qui expliquerait/justifieraient la théorie MOND. Et faute d'une théorie alternative à la relativité générale, il est plus "facile" pour les scientifiques de se dire que c'est à cause d'une matière noire invisible que de se dire qu'on n'a pas de théorie claire de la façon dont fonctionne la gravité et de manière plus générale l'Univers. Certes, je le comprends, mais c'est peu satisfaisant ...)