Introduction

Qu'est-ce qui préoccupe les hommes âgés par rapport à leur santé et à leur vieillissement ? Abordent-ils ces sujets avec leur médecin ? Est-ce qu'ils ont les mêmes préoccupations que les femmes âgées ? Les réponses à ces questions se trouvent dans une vaste enquête transversale menée auprès de 2325 Canadiens âgés de 55 à 97 ans et chapeautée par Dre Cara Tannenbaum, gériatre et titulaire de la Chaire pharmaceutique Michel-Saucier en santé et vieillissement à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) affilié à l'Université de Montréal. Une étude semblable concernant les préoccupations de santé des femmes canadiennes avait été publiée en 2005.
Priorités : préserver son autonomie et sa qualité de vie
Les inquiétudes des hommes en ce qui a trait à la santé concernent tout ce qui pourrait compromettre leur autonomie et leur qualité de vie. En effet, les limitations à leur mobilité (64 %), la perte de mémoire (64 %) et les effets secondaires des médicaments (63 %) figurent sur le podium de leurs principales préoccupations. La perte de vision (61 %), la perte d'audition (52 %) et les chutes (51 %) apparaissent aussi comme des soucis notables.
Les médecins leur en parlent-ils?
Paradoxalement, les hommes âgés reçoivent peu d'information de la part de leurs intervenants en santé sur les sujets qui les préoccupent le plus. À l'exception de l'information donnée sur les effets secondaires des médicaments, on constate que les priorité des hommes âgés sont les moins bien prises en charge par les divers intervenants du domaine de la santé, que ce soit dans un cadre de prévention, de dépistage ou de traitement. Par exemple, ce n'est qu'avec respectivement 13 % et 9 % des répondants que les questions des problèmes de mobilité et de perte de mémoire ont été abordées.
L'enquête fait en outre état de lacunes importantes en terme d'information donnée sur des problématiques comme la dépression (seuls 9,5 % affirment que la question a déjà été abordée), les soins de fin de vie (12 %), l'ostéoporose (13,5 %), la maladie d'Alzheimer (16 %), l'anxiété (17 %) et l'incontinence (18 %). Ce dernier problème de santé, considéré comme tabou, n'est d'ailleurs pas abordé d'emblée par le patient. En revanche, les problèmes de santé comme les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques, le diabète, la pneumonie et les maladies de la prostate font l'objet d'une prise en charge appropriée puisque plus de 80 % des répondants disent avoir reçu de l'information à leur propos.
Solutions pour établir un dialogue et mieux informer
Selon Dre Cara Tannenbaum, gériatre responsable de l'enquête, il est étonnant de constater l'importante disparité entre les besoins en information des hommes âgés et celle qui leur est communiquée par les professionnels de la santé. « Il est temps pour le système de la santé de mettre en place des stratégies pour permettre aux aînés de maintenir leur autonomie, préserver leur santé mentale ainsi que leur qualité de vie, affirme Dre Cara Tannenbaum. Puisque les priorités en santé chez les aînés sont de mieux en mieux comprises, un changement dans la façon de les planifier et de les rembourser sera nécessaire. Plus de temps devra être accordé lors des suivis médicaux pour conseiller les patients notamment sur l'exercice, la nutrition, l'incontinence, la santé mentale. Par exemple, l'incontinence à la suite d'une ablation de la prostate devient un problème fréquent qui a de lourds impacts sur l'estime personnelle et la vie sexuelle des hommes âgés


