Un anti-inflammatoire contre les maladies cardio-vasculaires

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L'équipe de Mustapha Rouis et de Bertrand Friguet à l'Institut de biologie Paris-Seine, en collaboration avec une équipe allemande de l'Université d'Ulm, vient d'identifier une nouvelle molécule prometteuse, l'arglabine, qui présente des propriétés anti-inflammatoires inédites, réduit le cholestérol sanguin et décroit l'incidence des maladies cardio-vasculaires. Cette étude est publiée dans la revue Circulation.

Les maladies cardio-vasculaires (MCV) sont les premières causes de mortalité dans les pays occidentaux. Selon l'OMS, 20 millions de personnes mourront en 2015 d'une MCV et ce chiffre va continuer d'augmenter de façon exponentielle. Plusieurs facteurs de risque des MCV sont connus tels que l'obésité, le diabète de type 2 (DT2), l'hypertension, l'hyperlipidémie et l'âge.

On sait aujourd'hui qu'un processus inflammatoire est à l'origine de nombreuses maladies, dont les maladies cardio-vasculaires, en particulier via un complexe multiprotéique, NLRP3, aussi appelé inflammasome.

Figure : Lorsque les cellules du système immunitaire sont agressées (par exemple par des cristaux de cholestérol ou par des virus lors d'une infection), l'inflammasome NLRP3 devient biologiquement actif par maturation de la caspase-1 qui elle-même active l'interleukine-1? (IL-1?) et l'interleukine-18 (IL-18), deux cytokines pro-inflammatoires. L'arglabine, en bloquant spécifiquement l'activité de l'inflammasome et en normalisant les concentrations plasmatiques du cholestérol total et des triglycérides, présente une double action protectrice contre les maladies cardio-vasculaires.
© M.Rouis

L'inflammasome NLRP3 est un complexe de trois protéines : Nlrp3, ASC et une protéase inactive, la pro-caspase-1. En réponse à des stimuli endogènes comme les cristaux de cholestérol ou exogènes comme l'infection, l'inflammasome est activé par maturation de la caspase-1 qui, à son tour, active, en les clivant, les précurseurs des interleukines IL-1? et IL -18, les deux cytokines principalement responsables de l'inflammation. L'IL-1? et l'IL-18 sont alors sécrétées à l'extérieur des cellules où elles agissent sur les différents tissus de l'organisme, et en particulier sur les artères où elles vont contribuer au développement de l'athérosclérose.

Mustapha Rouis et son équipe ont montré que l'arglabine inhibe spécifiquement l'activité de l'inflammasome NLRP3, in vitro et in vivo. L'arglabine agit en partie sur la caspase-1 en l'empêchant d'activer les interleukines, mais également en convertissant les macrophages délétères en macrophages protecteurs ayant une action anti-inflammatoire. A leur grande surprise, les chercheurs ont observé qu'en plus de ces effets, l'arglabine normalise complètement les taux plasmatiques du cholestérol et des triglycérides dans des modèles de souris génétiquement modifiées et placées sous régime alimentaire gras, comparable au régime alimentaire des pays occidentaux. Autre effet bénéfique, l'arglabine réduit de façon très significative l'apparition des lésions artérielles responsables des MCV.

Plusieurs publications récentes montrent l'implication de l'inflammasome NLRP3 dans des pathologies qui constituent de véritables enjeux de santé publique comme l'obésité, le DT2, la maladie d'Alzheimer et les maladies cardio-vasculaires. L'arglabine, qui inhibe spécifiquement l'inflammasome, pourrait donc constituer une molécule thérapeutique très prometteuse dans le traitement de ces maladies.

AL
alessandro pendesini

Bonjour

…… « Plusieurs facteurs de risque des MCV sont connus tels que l'obésité, le diabète de type 2 (DT2), l'hypertension, l'hyperlipidémie et l'âge »….Dit l’Article

Je crois que dans la liste des facteurs à risque de cet article vous vous oubliez le STRESS OXYDATIF ou OXYDANT ! Dont les conséquences sont bien connues des cardiologues (dignes de ce nom) et sont tout autre que secondaires ou négligeables….
:jap:

MU
mustapha Rouis

Cher Collègue
1- En écrivant dans notre texte : « Plusieurs facteurs de risque tels que l’obésité, le diabète etc…n’importe qui comprend que la liste n’est pas exhaustive et qu’il y a d’autres facteurs non cités. De plus, si on prend la peine de regarder l’intitulé du laboratoire, on s’aperçoit qu’il est spécialisé dans l’étude du stress oxydant et son impact sur les modifications des lipides/des protéines et les conséquences sur les maladies cardiovasculaires.
2- Par ailleurs, un cardiologue digne de ce nom sait que le stress oxydant est toujours la conséquence d’une perturbation métabolique et/ou d’un autre événement (infection, tabac…). Le stress oxydant n’est donc pas un facteur de risque mais le résultat du à un ou plusieurs facteurs de risque.
3- En conclusion, le stress oxydant est un phénomène important bien que les études cliniques, basées sur l’ajout des antioxydants dans l’alimentation, n’ont pas montré le bénéfice attendu ; bien au contraire, elles ont montré une aggravation des maladies cardiovasculaires (augmentation du nombre des décès). Ces résultats ne remettent pas en cause la théorie du rôle du stress oxydant dans les pathologies vasculaires mais remet en cause la nature et les doses des antioxydants qui doivent être donnés aux patients.